Accueil Société

Test-Achats met en garde contre les substances nocives dans les baumes à lèvres pour enfants

Les baumes à lèvres pour enfants ou adolescents se parent d’atouts colorés et d’arômes fruités pour mieux les appâter. Mais contiennent aussi des substances potentiellement nocives pour leur santé, avertit Test-Achats.

Temps de lecture: 3 min

Exposées au froid, au soleil ou au vent, les lèvres ont tendance à gercer, surtout en hiver. Un petit peu de baume à lèvres vite appliqué les apaise. Seulement voilà, comme beaucoup de produits cosmétiques, certains beurres de cacao contiennent des substances potentiellement nocives pour la santé.

Après avoir analysé les sticks à lèvres pour adultes l’an dernier, l’organisme de défense des consommateurs Test-Achats a passé au crible ceux qui ciblent les enfants et adolescents, emballés des couleurs de leurs héros préférés (Hello Kitty, Violetta, Princesse Disney et autres Minions).

Pour vérifier la présence éventuelle de substances nocives dans les baumes à lèvres destinés aux enfants et jeunes adolescents, Test Achats a examiné 21 de ces produits et les a comparés sur son site internet. Verdict : pas moins de 15 d’entre eux contiennent des hydrocarbures saturés (MOSH), suspectés d’être cancérogènes, et des huiles aromatiques (MOAH) qui risquent d’entraîner des tumeurs bénignes dans les ganglions lymphatiques, le foie et la rate. Sur l’échantillon de 21 baumes testés, seuls trois ne contiennent aucune de ces substances. Douze produits sont composés à la fois des MOAH et des MOSH – les marques Princesse Disney, Hello Kitty et Minions. Labellino (Labello) est également pointé du doigt, tandis que les baumes Blistex et Laino, en plus des MOAH et MOSH, contiennent aussi des perturbateurs endocriniens.

Comment savoir si le baume coloré au goût artificiel mais appétissant de fraise ou coca contient des MOSH ou des MOHA ? Leur présence n’est mentionnée ni sur l’emballage, ni dans la liste des ingrédients, déplore l’organisation de défense des consommateurs qui les a donc testés en laboratoire. En outre, il n’existe à ce jour pas de norme de sécurité européenne claire pour encadrer les baumes à lèvres.

« Nombre de produits cosmétiques comme les lotions ou les crèmes solaires contiennent des MOSH et des MOAH mais comme ils ne sont appliqués que sur la peau, ils sont inoffensifs. Il en va tout autrement avec les baumes à lèvres, car une partie des substances est ingérée via la bouche. Surtout s’ils ont des arômes de friandises », souligne Test-Achats.

Pour le toxicologue de l’UCL Alfred Bernard, il s’agit de regarder avant tout le taux de concentration de ces molécules. Le professeur émérite rappelle aussi que les huiles minérales (MOAH) sont déjà présentes dans l’alimentation, dans les confiseries, biscuits, produits de boulangerie… « Si c’est en dessous de 1 %, il n’y a pas lieu de paniquer », estime le professeur.

« Notre but n’est pas d’alarmer les consommateurs, se défend Julie Frère, la porte-parole de Test-Achats. Nous nous basons sur les recommandations de Cosmetics Europe et de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) qui estiment qu’il y a lieu d’éviter les MOAH. Quant aux MOSH, s’ils sont limités à moins de 10 %, cela reste acceptable pour ces instances. Or sur l’échantillon testé, quinze baumes à lèvres ont une teneur en MOSH qui dépasse les 10 % et contiennent également des MOAH. »

Test-Achats a également interpellé la ministre de la Santé Maggie De Block. « Si nos vérifications indiquent que certains produits ne répondent pas aux normes de sécurité ou posent un risque pour le consommateur, nous prendrons immédiatement les mesures nécessaires », assure la porte-parole de la ministre, Vinciane Charlier.

 

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info

0 Commentaire

Aussi en Société

Voir plus d'articles

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une

Geeko Voir les articles de Geeko