L’Alexane, la perle haut-savoyarde de MGM

Dans cet article
Un des appartements de la résidence Alexane, à Samoëns. Le confort a été privilégié.
Un des appartements de la résidence Alexane, à Samoëns. Le confort a été privilégié. - D.R.

Depuis 1963, MGM étend son savoir-faire (et ses tentacules) à la montagne. Le développeur-constructeur vient d’inaugurer une résidence de tourisme, l’Alexane, à Samoëns (Haute-Savoie) dans le Grand Massif. Une première pour ce groupe familial dirigé aujourd’hui par David Giraud puisqu’elle est couplée à un hôtel.

Mais là ne s’arrêtent par les nouveautés puisque sur cette parcelle d’environ un hectare, on retrouve aussi 1.200 m2 d’espaces récréatifs, dont un restaurant où il est possible de prendre le petit-déjeuner, un bar-épicerie, un home-cinéma ou encore une salle de jeux pour enfants. « Dorénavant, MGM ne construira plus que des résidences de tourisme 5 étoiles, annonce fièrement David Giraud. C’est la demande qui le veut et je crois sincèrement que nous avons une carte à jouer dans ce domaine. Sans prétention, l’Alexane est l’un des plus beaux complexes touristiques des Alpes. »

Pour en arriver là, le patron a dû s’armer de patience. Le premier terrain qui accueille aujourd’hui le projet mixte a été acheté en… 2003. Un deuxième le fut quelques années plus tard et le troisième fut acquis en 2014. L’Alexane ayant été ouverte aux clients en décembre, il lui aura donc fallu 16 ans pour déployer ses fastes, à deux pas du Grand Massif Express, la télécabine qui emmène les touristes vers les cimes.

Deux ans de travaux (et 35 millions d’euros) furent nécessaires pour construire cet écrin de confort, sans doute le plus abouti de la gamme MGM pour qui 2018 fut une année à marquer d’une pierre blanche puisque deux autres résidences furent ouvertes (aux Houches et à Valmorel). « Je ne vous cacherai pas que nous avons traversé des années difficiles, confesse pourtant David Giraud. Pendant des années, nous avons construit et vendu des appartements à la pièce à une clientèle individuelle. Puis est arrivée 2012 avec le changement de politique que l’on sait (NDLR : l’arrivée de Hollande à la présidence française) et les nouvelles mesures en matière de fiscalité et de taxation. De 350 logements par an, nous sommes subitement retombés à 200 par an. Une sacrée différence qui nous a obligés à être créatifs… »

Le PDG de MGM cite encore le Brexit comme autre chambardement politique à venir et qui pourrait, une fois encore, rebattre les cartes. « Pour l’heure, personne, pas même Theresa May, ne sait ce qu’il adviendra, et encore moins ce que cette sortie de l’Europe va coûter, soupire-t-il. L’incertitude fait qu’aujourd’hui, les clients anglais ont pour ainsi dire disparu de la circulation alors qu’ils représentaient un tiers de notre chiffre d’affaires… »

La créativité dont David Giraud parle est à rechercher dans le mode de financement des projets touristiques, à la montagne ou ailleurs. « Dorénavant, il faut incorporer dans les projets des investisseurs institutionnels, comme par exemple la Foncière des Alpes à la montagne, des grandes familles qui ont d’importants moyens financiers ou encore la société qui gère les remontées mécaniques, énumère-t-il. À Valmorel, un tiers du programme (une résidence de 40 appartements) a été vendu à cette dernière. Quand vous arrivez avec une telle mixité dans le financement, les banques sont beaucoup plus enclines à vous suivre… »

A Samoëns, MGM s’est tourné vers René et Robert Bianco, le père et le fils d’une riche famille savoyarde qui possédait un important parc de stations-service et qui a fait fortune grâce au pétrole. La centaine de participations qu’elle possède aujourd’hui dans des domaines judicieusement diversifiés renseigne dorénavant les 33 suites de l’hôtel 4 étoiles de l’Alexane, ainsi que le restaurant et l’épicerie. « Les Bianco nous ont confié la gestion de l’hôtel, confie David Giraud qui sait que sans eux, l’Alexane aurait sans doute éprouvé plus de difficultés à voir le jour. Les 32 appartements de la résidence sont à vendre à la pièce. À ce jour, nous en avons vendu 20. »

Outre un sens des affaires exacerbé, David Giraud possède également du flair. Car miser ses deniers sur un village comme Samoëns était pour le moins risqué en 2003. Ça l’est beaucoup moins aujourd’hui puisque la station a gagné en importance au fil des années, comme en témoigne l’ouverture en 2017 d’un Club Med.

Sur le domaine skiable qui relie les pistes de Samoëns à celles de Flaine, des Carroz, de Morillon et de Sixt-Fer-à-Cheval, il n’est plus rare aujourd’hui de croiser des skieurs en provenance du Brésil ou d’Israël, touristes jadis « inconnus » pour les habitants du coin. Bientôt, la station accueillera également un hôtel estampillé « La Folie Douce », ce concept qui mélange poudreuse et décibels à destination d’un public jeune (et moins jeune). « Cette diversité dans la clientèle est la bienvenue car le tourisme de demain passera par là et par l’augmentation des services offerts, expose David Giraud. Le Club Med, c’est une énorme machine à touristes qui fait un bien fou à la région. Pour donner une idée, la station a dû engager 50 à 60 moniteurs de ski supplémentaires ! Nous allons profiter de cette nouvelle clientèle. »

Cette année, MGM annonce l’ouverture d’une résidence de 47 appartements aux Saisies. Là aussi, David Giraud s’est adjoint la participation des remontées mécaniques (à hauteur de 20 %).

Quoi de plus normal, finalement, car quand on veut accéder aux sommets, prendre place sur un bon tire-fesses, ça peut aider…

Taxes exemptées

Par Paolo Leonardi

Douze appartements sont encore en vente. Leurs prix varient de 245.000 euros, hors taxes, pour un 1 chambre de 42 m2, à 442.000 euros pour un 3 chambres de 82 m2 (le 2 chambres démarre quant à lui à 325.000 euros). La résidence comporte également un 4 chambres-duplex de 120 m2 (625.000 euros). Vu le statut de loueur meublé non professionnel dont jouit le programme mis en place par MGM, l’acheteur ne paie pas les taxes (dans les faits, il les amortira sur la durée de son achat). En contrepartie, il devra confier son bien en gestion locative à MGM pour une durée minimale de 11 ans et ne pourra jouir de son bien en occupation personnelle que pendant 2 à 6 semaines par an.

Stratégie: après la montagne, le lac…

Par Paolo Leonardi

Le bar de l’Alexane, situé non loin de la réception. Un endroit qui met d’emblée le client dans l’ambiance...
Le bar de l’Alexane, situé non loin de la réception. Un endroit qui met d’emblée le client dans l’ambiance... - D.R.

Groupe créé par le menuisier charpentier de formation Maurice Giraud (le père de David) en 1963, MGM a connu bien des développements depuis sa création.

L’un des faits marquants est sans nul doute la reprise en mains du groupe par le fils en 2003. Un autre événement important a été l’inauguration, en 2016, à Chamonix, du Cristal de Jade, la première résidence de tourisme 5 étoiles de la panoplie MGM : développement des superficies des appartements, évolution des espaces récréatifs et bien-être, service de conciergerie…

Aujourd’hui, le groupe possède 5 résidences en propre. Le reste a été revendu à travers la cession il y a quelques années de CGH, la filiale de gestion locative de MGM, à un fonds d’investissement.

Outre la montagne, MGM Groupe a décidé de démarrer ses activités au bord du lac. Celui d’Annecy, pour être tout à fait précis, ville de cœur et de résidence de David Giraud. « MGM dynamise son activité sur le bassin annécien en lançant trois nouvelles résidences en 2018 : “Villa Parsini” et “Villa Sienna”, toutes deux situées dans le quartier très prisé des Galeries Lafayette, proche du lac et du centre, et “Jardin Cardinal”, situé sur l’avenue de Brogny, emplacement stratégique proche de toutes les commodités », explique Nicolas Grizard, le directeur commercial de MGM Constructeur.

On a également appris que MGM s’est lancé dans la construction d’un hôtel 4 étoiles de 135 chambres (il s’agira d’une première puisque le projet ne comporte pas de résidence de tourisme), situé au bord du lac d’Annecy, non loin de l’Impérial Palace, établissement de référence dans la « Venise des Alpes ». Le développeur cherche encore un nom pour le projet.

Les travaux viennent de démarrer et la réception est prévue pour mars 2021.

 
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