Papillomavirus: la vaccination des garçons sera gratuite dès la rentrée prochaine

Les cancers liés au papillomavirus sont en augmentation chez les hommes. © Belga.
Les cancers liés au papillomavirus sont en augmentation chez les hommes. © Belga.

Parfois connu sous le nom de papillomavirus, le HPV est extrêmement transmissible ; par voie orale ou sexuelle, un seul contact suffit. On estime ainsi que plus de 80 % des personnes sexuellement actives sont, un jour dans leur vie, infectées par ce virus.

Une infection à quitte ou double : le HPV peut disparaître de lui-même… ou causer plusieurs types de cancers. Chaque année, plus de 1.000 nouveaux cas de cancer détectés en Belgique sont imputables au papillomavirus humain : cancer du col de l’utérus (le plus fréquent), mais aussi cancer du vagin, de la vulve, de la bouche, du pénis et de l’anus. Ces deux derniers étant en augmentation, la question de la vaccination des jeunes hommes s’impose.

En 2017, le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) recommandait à la Belgique de suivre l’exemple des autres pays occidentaux en élargissant ses programmes de vaccination gratuite à tous les jeunes, garçons et filles confondus, dès l’âge de 9 ans – jusqu’à présent, et depuis 2011, seules les jeunes filles entre 12 et 14 ans en bénéficient en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Suite à cette recommandation, les entités fédérées ont chargé le KCE de mesurer l’impact d’une telle mesure. Ses résultats, dévoilés aujourd’hui, donnent le feu vert : inclure les jeunes garçons dans la vaccination gratuite contre le HPV est efficace, tant d’un point de vue clinique qu’économique.

Vaccin pour tous dès la rentrée 2019

De fait, selon le KCE, l’extension de la vaccination aux jeunes garçons présente un « rapport coût-efficacité favorable » dans la prévention de la plupart des lésions précancéreuses causées par le HPV (conclusion valable pour les trois vaccins disponibles sur le marché). Un résultat positif, a fortiori dans les régions où le taux de vaccination des jeunes filles est faible, comme en Belgique francophone ; alors qu’en Flandre, 91 % des jeunes filles entre 12 et 14 ans sont vaccinées, elles ne sont que 36 % en Fédération Wallonie-Bruxelles !

D’un point de vue purement économique toutefois, deux études indépendantes (parmi les quinze évaluations économiques étudiées par le KCE au total) soulignent qu’une amélioration de la couverture existante chez les filles serait plus avantageuse que l’extension de la vaccination aux garçons. Une conclusion « qui ne prend toutefois pas en compte les questions d’équité entre sexes », selon le KCE, qui souligne que les cancers liés au HPV sont en augmentation chez les hommes, en particulier chez les homosexuels, qui ne bénéficient pas de la « protection indirecte » offerte par les femmes vaccinées. L’extension d’un tel vaccin peut, en outre, être perçue comme une façon de partager la responsabilité de la prévention entre les garçons et les filles.

Informées dès le mois d’octobre des premières conclusions du KCE, la Communauté flamande et la Fédération Wallonie-Bruxelles ont, depuis, pris leur décision : la vaccination gratuite contre le HPV sera, dès la rentrée prochaine, étendue à tous les jeunes, garçons et filles, entre 9 et 14 ans.

 
 
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