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Carte blanche: 3.400 scientifiques demandent d’urgence plus d’ambitions climatiques

3.400 scientifiques et universitaires belges rappellent, dans une lettre ouverte, sept faits scientifiques qui montrent l’importance d’agir vite.

Carte blanche - Temps de lecture: 5 min

Aujourd’hui, la population se mobilise massivement dans les rues pour exiger plus d’ambitions climatiques de la part des autorités.

► L’édito de Béatrice Delvaux sur la puissance de la rue

Nous, scientifiques, ne pouvons que soutenir les raisons des activistes face aux évidences des changements climatiques ! Il est maintenant nécessaire qu’un débat et que des actions collectives soient entrepris pour accélérer la transition vers une société zéro-carbone. Certes, en tant qu’individu vous pouvez déjà vous investir en réduisant votre consommation de viande ou en évitant de voyager en avion. Mais il est surtout temps que des mesures concrètes et structurelles soient prises afin de réduire rapidement et drastiquement les émissions de gaz à effet de serre, et ainsi, limiter le réchauffement de la terre au-dessous des 2 degrés, voire 1.5 ºC. Pour éviter que le changement climatique n’affecte encore plus notre environnement, duquel dépendent nos vies et nos sociétés, il n’existe pas d’autres manières d’agir.

L’idée même que le changement climatique puisse fortement altérer notre monde n’a rien à voir avec toute forme de catastrophisme, mais s’avère être tout bonnement basée sur des faits scientifiques, dont nous rappelons les plus importants :

1La terre se réchauffe. La température moyenne de la surface de la Terre a déjà augmenté d’environ 1ºC (par rapport à la température moyenne entre 1850 et 1900).

2Près de 100 % du réchauffement observé est dû aux activités humaines.

3Rien que le réchauffement actuel de 1ºC nous confronte déjà à une augmentation de l’occurrence et de l’intensité des extrêmes climatiques tels que les canicules, les sécheresses ou encore les inondations. Plus la terre se réchauffe, plus de tels phénomènes auront lieu. Un réchauffement au-delà des 2ºC signifierait que la nature elle-même se mettrait à accentuer le changement climatique. Un effet boule de neige en somme, duquel découlent des températures encore plus élevées.

4Il est essentiel de limiter le changement climatique et les mécanismes de rétroaction qui le renforcent. Pour limiter le réchauffement du climat à 2ºC, les émissions de CO2 doivent avoir diminué d’environ 25 % en 2030, et de 85 % en 2050. Pour rester en dessous d’un réchauffement de 1,5ºC, les émissions nettes devraient être nulles en 2050. Afin d’y parvenir, il est impératif que des mesures politiques drastiques soient prises maintenant. Plus on attend pour réduire les émissions, plus lourds seront les efforts à fournir pour maintenir le réchauffement (largement) en dessous des 2ºC.

5Les mesures politiques actuelles sont largement insuffisantes pour réduire les émissions de gaz à effets de serre. En effet, les émissions de CO2 ne cessent d’augmenter d’année en année à l’échelle mondiale, alors qu’elles devraient décroître. En outre, les mesures proposées ne soutiennent en rien une diminution drastique des émissions, que ce soit au niveau local, belge, européen ou mondial. Les propositions actuellement discutées mèneraient à un réchauffement de plus de 3ºC de notre planète d’ici la fin du siècle. Bien que cela paraisse peu, les conséquences d’un tel réchauffement seraient énormes.

6Entreprendre des actions contre le changement climatique nous coûtera moins que l’absence d’actions. Les coûts de la non-action seront bien plus élevés à long terme que les investissements nécessaires à court terme pour diminuer nos émissions. Ne rien faire induirait d’énormes coûts, notamment à cause des dégâts causés par les inondations, les tempêtes et les incendies de forêt, entre autres. Les sécheresses extrêmes et les pénuries alimentaires qui s’en suivraient pourraient entraîner de nombreux conflits sociaux dans plusieurs pays, contribuant à leur tour à un renforcement des crises migratoires à l’échelle planétaire. La transition vers une société zéro émission serait néanmoins plus avantageuse sur le plan économique, créant également de nombreux emplois. Ajoutons que les subventions pour les énergies fossiles coûtent annuellement plus de 500 milliards de dollars mondialement. Une telle somme, ou même une simple partie, permettrait par exemple de faciliter la transition vers une société plus durable.

7Les savoirs et les technologies nécessaires pour réduire considérablement les émissions de CO 2 existent déjà. Il suffit maintenant de courage politique pour prendre les mesures structurelles nécessaires et s’engager entièrement dans la transition vers une société zéro émissions. Cette transition ne pourra se faire, entre autres, sans le développement rapide de l’approvisionnement en énergie renouvelable, la reconversion du bâti en producteur d’énergie plutôt qu’en consommateur d’énergie, la réforme de la mobilité, l’arrêt de la déforestation sur l’ensemble de la planète accompagné d’un reboisement écologiquement réfléchi, et enfin, la réduction des émissions induites par l’élevage du bétail. Ces investissements fourniraient de nouvelles opportunités de changements positifs dans une multiplicité de secteurs d’activité. Pensons, par exemple, à l’obtention d’un air pur, d’une alimentation et d’une eau saine et suffisante pour tous. Finalement, nous demandons de porter une attention particulière à la répartition équitable et transparente des coûts et revenus de la transition, ce qui est un élément nécessaire à toute stratégie climatique. En cas de conséquences pour les collectivités, des ambitions climatiques équitables nécessitent une adaptation des politiques sociales.

Il est grand temps qu’un changement s’opère. Et pour cela, nous avons besoin de tout le monde ! L’ensemble des actions nécessaires ne peuvent réussir que si des mesures politiques réfléchies et efficaces sont prises, accompagnées par un changement de nos comportements, aussi bien en tant qu’individus qu’en tant que communauté planétaire.

* La liste complète des signataires est à découvrir ici

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9 Commentaires

  • Posté par Weissenberg André, jeudi 31 janvier 2019, 17:17

    Le point 1 est un constat. Les points de 2 à 7 sont soit inexacts en tout ou en partie, soit non-démontrés - et non-démontrables jusqu'à nouvel ordre - ou relèvent carrément de l'idéologie ou de la foi! Les alchimistes sont à l'oeuvre! Le climat est la nouvelle pierre philosophale et la lutte contre le réchauffement climatique s'apparente à la transmutation du plomb en or! La part de responsabilité de l'activité humaine dans le changement climatique est ainsi toujours impossible à déterminer plus précisément, puisqu'on n'a toujours pas démontré de causalité exclusive entre les émissions de gaz à effet de serre (dont le rôle exact du CO² ...) et le changement climatique. Il est en effet plus que douteux que ce soit le seul facteur responsable ... Nombre de voix scientifiques émérites pensent ainsi que, outre l'absence totale du recul indispensable pour évaluer la validité des hypothèses soutenues par leurs collègues, ces derniers ont tout simplement péché par facilité. Ils ont jeté par-dessus bord tellement de faits, de constats et d'observations divergents, dérangeant leurs certitudes idéologiques, et soigneusement écarté de leurs équations tout ce qui ne leur plaisait pas ou qui n'était pas cohérent avec le résultat qu'ils souhaitaient obtenir, que le champ d'application de leurs hypothèses en est devenu très limité. On ne citera ainsi à titre d'exemple qu'une seule de ces incohérences: où donc est passée l'influence des cycles du rayonnement solaire? Comment intervient-il? Où a-t-elle donc été escamotée? Quant à "l'idéologie de la température", c'est hilarant, carrément loufoque et surtout digne de Mme Soleil! "Je vous mets un petit degré de plus par ici?" L'écart entre 1,5° et 3° ou entre 2° et 4° est de 100%, càd de rien à tout; alors quelle serait la différence entre 1,5° et 2°? La vérité, c'est que les prévisions météo ne sont pas fiables à plus de deux jours. Les modèles mathématiques reposent sur des observations statiques, alors que toute la météo - et tout le climat! - est un processus dynamique par excellence dont on commence seulement à entrevoir et à comprendre les interactions. Mais on voudrait nous faire croire par-dessus le marché qu'il existerait un genre de thermostat sur lequel on pourrait agir par des mesures au coût prohibitif - ne parlons même pas de leur coût pour l'économie ni de leur proportionnalité - et toujours en partant de l'hypothèse non-démontrée de la responsabilité humaine exclusive ... "Allô, Dame Nature?" Eh bien, tenez-le vous pour dit: ce thermostat n'existe pas! C'est du charlatanisme pur! Paradoxalement, le chiffre avancé de 500 milliards de "subventions pour les énergies fossiles" illustre bien le caractère très approximatif de l'ensemble. On ne remettra pas en cause les faits, les observations: le réchauffement, le changement climatique sont une certitude. La question est plutôt: ne serait-il pas préférable d'investir les ressources disponibles afin de protéger l'humanité du changement climatique, afin de permettre à l'espèce humaine de s'y adapter? Plutôt que de tenter coûte que coûte - et avec une arrogance typiquement humaine - de damer le pion à Dame Nature?

  • Posté par Ask Just, jeudi 7 février 2019, 12:15

    Et dire qu'on ne vous a pas invité au GIEC pour réparer toutes leurs bêtises. Qui a dit, "ça prend une minute de dire une anerie, mais dix d'expliquer pourquoi c'en est une?" (combien de fois devra-t-on encore lire l'argument solaire!). C'est le fond de commerce de beaucoup de climatosceptiques amateurs. Les lecteurs ont le choix entre le travail de centaines de climatologues (pas des Mr Meteo, hein), et vous... Ils peuvent aussi interroger des (vrais) climatologues s'ils ont un doute. L'avez-vous fait pour confronter vos "thèses" à la réalité? Non bien sûr! A la fin, vous vous dévoilez: vous voulez continuer votre petite vie (au pire en jouant les apprenti-sorciers géoingénieurs) et après moi les mouches. Merci, votre portrait est fait!

  • Posté par Petitjean Marie-rose, jeudi 31 janvier 2019, 22:26

    A charlatan (ce qui reste à prouver), charlatan et demi qui pratique la désinformation avec d'autant plus d'acharnement que de moins en moins de gens s'y laissent prendre.

  • Posté par Petitjean Marie-rose, jeudi 31 janvier 2019, 13:40

    Jacques, vous avez bien entendu le droit de "CROIRE personnellement" ce que vous voulez. Laissez à la génération actuelle des scientifiques la liberté de faire savoir le résultat de leurs travaux aux arguments charpentés. Ni vous ni moi ne serons probablement plus là pour subir les effets les plus graves du réchauffement climatique, si on n'arrive pas à le contenir.

  • Posté par POUPAERT Jacques, jeudi 31 janvier 2019, 12:59

    Le réchauffement de la planète terre est un phénomène ancien. La fonte des glaciers dans l'hémisphère nord a commencé il y a 10 000 ans. La désertification du Sahara est aussi un phénomène ancien. Les mesures de CO2 avant 1900 sont des estimations indirectes. Toutes les augmentations de température prévues par les "climat-vertueux" sont des extrapolations (procédé scientifiquement peu fiable). Des scientifiques ont signé ce document, grand bien leur fasse! Beaucoup d'assertions dans les différents points sont faites à la grosse louche. Forcément. Personnellement, je crois qu'il faut réduire l'usage des carburants fossiles car nous brûlons des molécules précieuses qu'on aura de grandes difficultés à obtenir ultérieurement pour produire des médicaments, des matériaux de haute technologie, etc. Ces bonnes résolutions et voeux pieux prétendument écologiques sont comme le Brexit: une grande idée mais difficilement réalisable! Pr Jacques Poupaert

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