De provenance aristocratique…

Cette importante tapisserie a réalisé le deuxième meilleur prix de la vente, soit 193.750 livres. Lot 70.
Cette importante tapisserie a réalisé le deuxième meilleur prix de la vente, soit 193.750 livres. Lot 70. - Sotheby’s

Cette coupe à libation ayant appartenu au prince-évêque Ernst de Bavière changea de main contre 143.750 livres. Lot 67.
Cette coupe à libation ayant appartenu au prince-évêque Ernst de Bavière changea de main contre 143.750 livres. Lot 67. - Sotheby’s

La maison de New Bond Street n’est pas la seule à exploiter le filon de la provenance nobiliaire pour mieux vendre son catalogue. Mais, contrairement à d’autres, elle ne va pas jusqu’à fouiller les greniers des châteaux pour proposer meubles défraîchis, toiles perforées ou pots de chambre arborant une couronne ! Certes, le lot le moins cher s’est échangé contre 350 livres sterling. Il s’agissait d’un brûle-parfum chinois en bronze de piètre qualité provenant de la famille royale des Bourbon-Parme. Une table dans le goût chinois et moderne atteignit quant à elle 500 livres, soit le même prix qu’un carnet en maroquin rouge supposé avoir appartenu à la reine Hortense de Hollande, fille de Joséphine de Beauharnais et épouse de Louis Bonaparte, frère cadet de Napoléon Ier. Le vendeur était d’ailleurs un descendant de la famille Bonaparte. Les lots partis pour quelques centaines de livres sterling se comptent toutefois sur les doigts d’une main, la majorité d’entre eux se négociant entre 2.000 et 10.000 livres.

Au top

Quatre lots seulement ont atteint des enchères à six chiffres. Le meilleur prix de la vente va ainsi à une paire de grands vases en porphyre de Suède montés sur bronze doré. Hauts de près d’un mètre, ces vases s’échangèrent contre 250.000 livres, conformément à leur estimation maximale. Le catalogue suggère, en raison de l’importance et de la qualité de cette paire, une provenance royale suédoise. Le deuxième meilleur prix de la vente fut payé pour une tapisserie, soit 193.750 livres. Il s’agit d’une surprise car les spécialistes de Sotheby’s n’en espéraient qu’entre 30.000 et 50.000 livres. À leur décharge, il faut reconnaître que les tapisseries se vendent difficilement et qu’il faut attirer le chaland par une estimation très attractive. La provenance récente n’est pas révélée, mais l’œuvre appartint initialement à l’amiral Andrea Doria et elle resta dans cette prestigieuse famille génoise et puis romaine jusqu’en 1967, où elle fut achetée lors d’une vente publique chez Finarte par la galerie parisienne Boccara bien connue pour le négoce des œuvres médiévales et de la haute époque. Réalisée vers 1525 à Bruxelles d’après un carton d’un artiste évoluant dans l’entourage de Bernard Van Orley, un artiste auquel le Palais des beaux-arts de Bruxelles va consacrer très prochainement une importante exposition, elle représentait le mois d’avril. En très belle condition, cette œuvre ne pouvait qu’exciter la convoitise des grands marchands, collectionneurs ou conservateurs de musée. Tout comme la paire de vases, l’on ignore toutefois l’identité de l’acquéreur.

Cette paire de vases en porphyre montés sur bronze doré a réalisé le meilleur prix de la vente, à savoir 250.000 livres. Lot 148.
Cette paire de vases en porphyre montés sur bronze doré a réalisé le meilleur prix de la vente, à savoir 250.000 livres. Lot 148. - Sotheby’s

Des fauteuils et une coupe

L’on offrit 150.000 livres pour une paire de fauteuils de bibliothèque d’époque George II (milieu du XVIIIe siècle). Provenant d’un « gentleman », ceux-ci furent acquis il y a une petite vingtaine d’année chez le grand marchand londonien Mallett. Le prix se situe exactement au milieu de la fourchette d’estimation préalable. Enfin, l’on retiendra les 143.750 livres payées pour une coupe à libation qui appartint au prince-évêque et prince électeur Ernst de Bavière (1554-1612). Cette coupe fut réalisée en deux temps. Vers 1600, l’on ajouta en effet les armes de son illustre propriétaire ainsi qu’un pied à ce qui était jusqu’alors un plat en or réalisé au Portugal un siècle plus tôt. Cet objet rare, dont le diamètre est d’environ 30 centimètres, a été fortement disputé puisqu’il était estimé au préalable entre 60.000 et 90.000 livres…

Cette paire de fauteuils de bibliothèque d’époque George II (milieu du XVIII
e
 siècle) se négocia 150.000 livres. Lot 181.
Cette paire de fauteuils de bibliothèque d’époque George II (milieu du XVIII e siècle) se négocia 150.000 livres. Lot 181. - Sotheby’s

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