Le «Flagey Piano Days», entre fidélités et aventures

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Vikingur Olafsson.
Vikingur Olafsson.

Première ligne de force des nouveaux interprètes : un souci de concevoir un programme de concert comme la création d’une œuvre nouvelle. La confrontation des genres ou des compositeurs créant des sensations nouvelles. C’était la démarche suivie par Paul Lewis dans son pèlerinage Beethoven-Brahms-Haydn ou par les atmosphères secrètes d’Hélène Grimaud dans son CD Memory dont elle nous offre de larges extraits complétés par un de ses grands chevaux de bataille, la 2e sonate de Rachmaninov.

Le mélange des genres

David Greilsammer va plus loin et réinvente une œuvre nouvelle autour du concept de « labyrinthe », d’après l’œuvre du compositeur norvégien Ofer Pelz, en parsemant les courtes pièces de Par les sentiers herbeux de Janacek d’incises imprévues.

Mais c’est aux confins du classique et des autres genres que les choses semblent désormais se passer.

En ouverture, le pianiste italien Stefano Bollani, qui a enregistré Gerswhin avec Chailly, révèle son monde aux confins du jazz et du classique. Une entrée en matière idéale pour un déferlement d’options novatrices, mêlant piano et électronique, qui va lui succéder. Pappy Ackroyd, partenaire du Hidden Orchestra, d’Hauschka et de Niels Frahm, autoproduit seule son nouvel album sur le label de Björk. Niklas Paschburg s’abandonne, tout comme Brahms, à la rêverie sur les rives de la mer Baltique. Martin Kohlstedt privilégie, lui, l’énergie et l’intensité qu’il utilise pour recréer dans l’instant la musique qu’il joue. Et chaque fois, l’inspiration prend une dimension immédiate avec ces musiciens pour lesquels l’improvisation est un langage courant.

Avec son festival, Flagey a décidé de rugir dans la nouvelle avant-garde. Allez l’écouter !

Nos coups de cœur

Par Serge Martin

Vikingur Olafsson, Bach

Il y a un peu plus d’un an, son CD (DG) Philip Glass nous a pris par surprise. Olafsson offrait à ce compositeur une imagination que l’on n’associait pas à la musique répétitive. Cet automne, chez ce même éditeur, ce jeune pianiste islandais appliquait le même procédé d’associations d’œuvres courtes mais variées au clavier de Jean Sébastien Bach qui soudain brille de mille feux. Avec une liberté quasi improvisatrice.

Samedi à 14 h

Katia et Marielle Labèque

Katia et Marielle Labèque interpréteront un programme consacré à Phil Glass avec lequel elles ont collaboré étroitement pour de nombreuses œuvres musicales.

Samedi à 22 h

Kozhukhin, Mangova, Rachmaninov

Rachmaninov est le prince des pianistes. Ils seront deux à la servir avec l’OPRL et John Axelrod. Plamena Mangova dont la profondeur du son et le sens de la narration feront certainement un sort aux tribulations de la Rhapsodie sur un thème de Paganini. Et, dans le fameux 2e concerto, Denis Kozhukhin, le plus cultivé de tous les lauréats, qui sait mettre une technique souveraine au service d’une interrogation en profondeur des œuvres. Et de plus, il nous offre une masterclass le 11 à 14 h.

Dimanche à 14 h

 
 
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