Rénovation: une maison pour aujourd’hui… et pour demain

Jeroen et Stefanie étaient très jeunes quand ils ont acheté cette étroite maison de rangée en 2011. Jeunes, mais pas irréfléchis. « Nous ne nous sommes pas lancés comme des fous dans la rénovation qui s’imposait, mais avons d’abord habité ici pendant deux ans, histoire d’apprendre à connaître la maison et d’avoir une idée précise de ce que nous voulions. Une fois fixés, nous avons déménagé pendant neuf mois », raconte le couple. Durant cette période, la toiture a été remplacée et une annexe a été construite à l’arrière. « Ce faisant, nous avons tiré le meilleur parti des prescriptions urbanistiques : au rez-de-chaussée, la maison fait 17 mètres de long, à l’étage, 13 mètres, et sous le toit, 9 mètres. » Une telle différence de profondeur est traditionnellement compensée par des toits en terrasses, mais Jeroen a dessiné une façade arrière plus originale avec des toits en bâtière asymétriques qui confèrent beaucoup plus de caractère à l’habitation, aussi bien côté intérieur que côté extérieur.

« Aujourd’hui, l’autorisation pour une façade arrière de cette forme n’est plus délivrée à Malines, et je trouve ça très dommage. Le Vlaamse Bouwmeester ne jure que par l’habitat de proximité et dans le centre, mais si une uniformité architecturale est imposée, beaucoup moins de gens seront enclins à faire le pas vers la ville. Pour Stefanie et moi, l’architecture était tout à fait déterminante pour la qualité de vie de notre maison. » Outre la nouvelle partie en ossature bois, un deuxième élément attire le regard : un gigantesque vide qui va de la lucarne jusqu’en bas, au cœur de l’habitation, là où se trouve la cuisine. Ce vide constitue un apport non seulement d’air, mais aussi de lumière, même si celle-ci filtre déjà abondamment dans l’habitation via la grande baie vitrée installée dans la façade arrière. « Cette baie était uniquement possible de par l’orientation sud-est de la façade. Nous n’avons ainsi aucune surchauffe. Avant, il faisait sombre ici. Maintenant, il n’y a même pas besoin d’éclairage par temps gris. »

Sols en verre

À terme, le vide accueillera aussi des sols en verre à différents niveaux, mais pour cela, Jeroen et Stefanie doivent encore remplir leur bas de laine. « Nous avons choisi de ne faire aucun compromis et de réaliser exactement ce dont nous avions envie. Il s’agit souvent de travaux plus coûteux, dont la réalisation demande du temps. Mais nous préférions procéder ainsi plutôt que d’avoir des regrets par la suite pour ne pas avoir suivi nos rêves. Nous sommes donc patients, surtout parce que nous envisageons d’habiter ici toute notre vie. » Pour cette vision à long terme, l’architecte Jeroen a imaginé une distribution des pièces très flexible. « Notre troisième enfant viendra bientôt au monde et nous avons suffisamment de pièces pour que chacun ait sa propre chambre à coucher. Il n’y a pas d’endroit spécifique pour ça, mais de nombreuses pièces peuvent changer de fonction. Par exemple, mon bureau au premier étage peut devenir une chambre à coucher, avec une salle de bains adjacente. Et quand les enfants seront un peu plus grands, je pourrai transformer leur salle de jeu en un bureau, et cet espace pourrait même devenir notre chambre à coucher encore plus tard. Mais ce n’est pas pour tout de suite, c’est pour nos vieux jours », explique Jeroen en riant.

Cave conviviale

La rénovation de la cave montre combien le couple a tout bien pensé avant d’entamer les travaux. À l’époque, il apparaissait clairement que la vieille cave pouvait sans problème être transformée en une pièce de vie conviviale. « Dans le coin TV, le plafond fait à peine deux mètres de haut, mais à cet endroit-là, ça ne pose pas problème ; ça crée justement une ambiance plus intime. En revanche, dans le coin lecture, côté jardin, nous avons opté pour un contraste, avec une mezzanine de 6,30 mètres de haut qui offre un contact avec la pièce de vie. »

La longue table à manger faite maison qui y trône est un autre exemple de la mûre réflexion du couple : elle a plein de compartiments de rangement en bas ; c’est idéal pour éviter que des paperasses, dessins et autre fourbi traînent partout. À l’instar du plan de travail et du comptoir de la cuisine, la table est réalisée en panneaux multiplex revêtus de quelques couches de vernis. « Nous adorons les dessins dans le bois. Et le faible coût de ce matériau est bien entendu un atout non négligeable. » La cuisine proprement dite a coûté encore moins cher. « Elle était destinée au parc à conteneurs, mais nous avons heureusement pu la sauver. Les gens jettent trop vite les choses ; c’est triste. Presque tous nos meubles sont de seconde main et ils sont encore parfaitement fonctionnels. Même notre poêle est vieux comme Mathusalem, mais il fonctionne encore très bien, car nous avons remplacé quelques pièces à l’intérieur. Comme la maison est très bien isolée, seules quelques bûches suffisent pour la chauffer. Et quand nous nous levons le matin, la température a à peine baissé, car la masse du sol diffuse la chaleur très lentement. » Jeroen avait aussi très bien étudié la question au préalable.

Papier ici

Pour la rénovation de l’habitation, le couple a essayé d’adopter autant que faire se peut une démarche bio-écologique. « Les matériaux que nous avons utilisés n’iront pas à la décharge, mais peuvent être recyclés ou récupérés. » L’annexe est une construction à ossature bois et la maison a été isolée avec de la cellulose de papier. Ce matériau est fabriqué à partir de papier journal recyclé et a d’excellentes propriétés thermiques et acoustiques. Les fins flocons sont soufflés entre les chevrons et les solives, ce qui garantit une étanchéité parfaite et une pose rapide. Il y a pas moins de 35 cm d’isolation dans le toit et 24 cm dans les murs.

Tuiles vertes des Pays-Bas

La forme asymétrique confère un caractère ludique à la façade arrière. Un effet encore accentué par la combinaison de tuiles. Jeroen et Stefanie ont opté pour un mélange de bleu fumé, noir mat émaillé et vert bronze émaillé. « Ces tuiles vertes se voient souvent aux Pays-Bas, mais pas dans notre pays. Nous avons donc dû traverser la frontière pour pouvoir en acheter. Le mélange forme un ensemble très dynamique, car sous l’influence de la météo et du soleil, la façade change constamment d’aspect. » Les tuiles font toutes partie de la collection Koramic VHV. La tuile VHV doit sa forme en S typique à son léger galbe qui se transforme de façon harmonieuse en une jolie vague ondoyante dont l’avant est arrondi. Ses points forts résident également dans sa finition technique détaillée avec double emboîtement de tête et latéral, pureau variable et double talon de fixation au dos.
Infos : www.wienerberger.be