Forte mobilisation dans toute la Belgique pour la grève nationale: «Un grand succès» (direct)

Les travailleurs se sont mobilisés en masse dans les quatre coins de la Belgique suite à l’appel lancé par les syndicats en front commun. Les transports en commun sont quasi à l’arrêt dans les provinces de Liège et de Charleroi. Au niveau national, un train sur deux roule, comme l’avait annoncé la SNCB.

Selon le président de la FGTB, la grève est un « grand succès ».

« Les travailleurs ne sont pas des outils, des kleenex. Ce sont des personnes, des citoyens qui entendent êtres respectés dans leur fonction de travail  » a dit de son côté la secrétaire générale de la CSC, Marie-Hélène Ska.

Le point région par région

Forte mobilisation à Bruxelles

Près d’une centaine de piquets de grève ont été dénombrés dans la capitale mercredi par la CSC, a indiqué Nel Van Slijpe, porte-parole du syndicat. Sans avoir de décompte exact pour sa part, Estelle Ceulemans, secrétaire générale de la FGTB de Bruxelles, ajoute que la grève est particulièrement bien suivie dans les différents secteurs.

Environ 140 personnes ont été comptées au piquet devant Audi à Forest, une centaine à Proximus à Schaerbeek et une cinquantaine à l’atelier SNCB de Forest. Le zoning de Drogenbos est à l’arrêt avec des piquets devant les entreprises Mercedes, Peugeot, Carrefour et Club, précise encore Nel Van Slijpe. Sur le chantier de BNP Paribas Fortis, rue Montagne du Parc à Bruxelles, une trentaine de travailleurs tiennent un piquet depuis 5H30. «  L’entreprise de construction qui travaille sur le chantier met beaucoup de travailleurs en chômage technique, mais utilise en même temps les services de sous-traitants », dénonce l’un d’eux.

La capitale tourne au ralenti

À 11h00, environ 200 personnes se sont mobilisées devant le Cabinet du ministre-président bruxellois Rudi Vervoort pour les travailleurs des administrations communales, des CPAS et des hôpitaux publics du réseau Iris. «  On demande une augmentation du salaire au moins égale aux salaires en cours dans les administrations régionales », explique Muriel Di Martinelli, secrétaire fédérale CGSP ALR Bruxelles. « Ce sont des différences qui peuvent aller de 10 à 25 %. On veut aussi une réduction collective du temps de travail ». Une délégation devait être reçue à midi.

«  On est dans une ville qui est très calme et très au ralenti », souligne Estelle Ceulemans, secrétaire générale de la FGTB de Bruxelles. « Sur ces 26 dernières années, c’est la cinquième grève générale organisée en front commun syndical au niveau interprofessionnel, tous secteurs confondus. La dernière date de décembre 2014, à la mise en place du gouvernement. La précédente, c’était 2012 contre le blocage des salaires. Avant, c’était 2005, sur le pacte de solidarité entre les générations et avant c’était en 1993 avec le pacte global », se souvient la responsable syndicale. «  Les revendications sont fortes pour le moment. Beaucoup de choses vivent sur les questions de pouvoir d’achat ».

Dans le Barbant wallon, les syndicats soulignent le soutien global de la population

A la mi-journée, les syndicats du Brabant wallon se montraient très satisfaits de la mobilisation des travailleurs dans le cadre de la grève nationale. Les zonings industriels de Saintes, Nivelles et Wavre ont été bloqués comme annoncé, tout comme certaines grandes entreprises dont GSK à Wavre et Rixensart. Le secteur non marchand quand a lui a cette fois embrayé, avec des piquets devant certaines maisons de repos et devant les hôpitaux de Nivelles et Tubize.

Le site internet de la Dernière Heure Brabant wallon rapporte un incident intervenu en début de matinée sur un barrage du zoning de Wavre Nord, entre un gréviste de la FGTB et le conducteur d’un 4X4 dont le véhicule aurait touché le piéton sans toutefois le blesser.

«Je n’ai pas connaissance de cet incident particulier mais de manière générale, alors que j’ai fait le tour des piquets et des barrages toute la matinée de Tubize à Wavre, j’ai pu constater que les gens sont solidaires. Ce qui est terrible, c’est que certains ne peuvent pas faire grève parce qu’ils doivent choisir entre protester et donner à manger à leurs enfants. On en est là !», indique le secrétaire régional FGTB Enzo Gramaglia.

Du côté de la CSC Brabant wallon, on confirme la réussite de la mobilisation syndicale dans tous les secteurs ce mercredi dans la Jeune Province avec une compréhension du public pour les revendications syndicales. «La mobilisation et la compréhension des gens portent un message clair : pour nous, cette journée est une franche réussite», affirme le permanent interprofessionnel CSC BW Christian Guldentops.

Charleroi fortement touché par la grève

Plusieurs sites industriels de la région de Charleroi ont été bloqués mercredi matin par des piquets de grèves. Parmi ceux-ci on compte notamment ceux de Thy Marcinelle, de Nexans, d’Industeel ou encore d’Aperam. Devant chacun d’eux, des délégués syndicaux et des affiliés s’étaient rassemblés souvent dès l’aube.

Annoncé comme bloqué depuis plusieurs heures, l’aéroport de Charleroi l’a bien été mercredi matin. Pour en bloquer l’accès, une trentaine de grévistes se sont postés dès 4 heures du matin sur la principale voie vers l’aérogare. Ils ont été progressivement rejoints par d’autres syndicalistes. Peu de voyageurs ont cherché à se diriger vers le terminal.

Dans le centre-ville de Charleroi, des perturbations ont également été constatées aux abords des centres commerciaux Rive Gauche et Ville 2. Des piquets s’y trouvaient assez tôt mercredi matin.

Les transports en commun carolos ont également été touchés. Aucun métro n’est sorti sur le réseau et seuls quelques bus ont circulé.

Au niveau des administrations communales, les autorités avaient généralement pris les devants, annonçant depuis plusieurs jours des fermetures de guichets. Mercredi matin, une série de piquets ont été observés.

Plus rares, des piquets ont été également disposés devant plusieurs chantiers de construction. Un chantier de la SNCB, à proximité de la gare de Charleroi-Sud, a ainsi été bloqué mercredi matin.

Grève bien suivie en Flandre

Selon les syndicats, l’appel à la grève a été bien suivi dans les grandes entreprises du Limbourg. Les travailleurs font grève dans beaucoup de secteurs. De nombreuses entreprises sont fermées.

Les grandes sociétés comme Aperam à Genk, Tenneco et Punch Powertrains à St-Trond ou ZF Wind Power à Lommel sont à l’arrêt.

Le secteur du transport et de la logistique suit bien le mouvement, notamment chez H.Esseers, le centre de distribution Ikea et le centre de distribution de Lidl à Genk. Les dépôts de De Lijn sont à l’arrêt.

Le secteur de la chimie tourne au ralenti.

La plupart des grandes entreprises de la province sont à l’arrêt ou fonctionnent en service minimum.

À Gand, la production est l’arrêt chez Volvo Car où seuls 30 des 6.000 travailleurs ont pris leur service.Aucune voiture ne sera ainsi produite en ce jour de grève nationale. L’entreprise ArcelorMittal est également affectée par un piquet de grève à Gand. La direction a prévu suffisamment de personnel pour assurer la sécurité des hauts-fourneaux.

Une vingtaine de grosses entreprises touchées en province de Luxembourg

Une vingtaine de grosses entreprises sont touchées, en province de Luxembourg, par la grève nationale. Des barrages filtrants ont été installés à Arlon, Marche et Bastogne, tandis que des manifestants assurent la distribution de tracts à l’entrée des hôpitaux.

Le mouvement de grève nationale s’est étendu à plusieurs grosses entreprises de la province de Luxembourg.

L’organisation syndicale signale des piquets de grève devant le centre logistique Lidl et le Carrefour à Marche, Autover et Euro-Locks à Bastogne, Carrefour à Arlon, Ikea à Sterpenich, Jost à Aubange, Burgo à Virton ou encore L’Oréal à Libramont. Une action était également menée au sein de l’entreprise Ter Beke à Marche, sans piquet de grève toutefois.

Des barrages filtrants ont par ailleurs été déployés à plusieurs endroits de la province, dont le zoning de la Pirire et le rond-point du camp militaire à Marche, le rond-point à la sortie de Bastogne vers Marche, ou encore le centre commercial Hydrion à Arlon.

Aucun débordement n’était à signaler.

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