Franco Dragone au «Soir»: «Je ne prépare pas mon exit, je suis à la Louvière et j’y reste»

©Pierre-Yves Thienpont - Le Soir
©Pierre-Yves Thienpont - Le Soir

J e ne veux pas quitter La Louvière, c’est ici qu’habitent mes parents et mes amis, c’est une région qui est souvent délaissée et que je ne veux pas abandonner. » Confronté à des déboires financiers et judiciaires depuis 2012, lorsque fut ouverte à Mons une instruction pour fraude fiscale et blanchiment d’argent, Franco Dragone affirme vouloir prendre un nouveau départ et s’en est ouvert ce mercredi en fin de matinée au personnel de Dragone Costumes (6 personnes) et de Productions du Dragon (environ 25 personnes), les deux sociétés belges du groupe. Ces deux entités – c’est la première résolution – n’en formeront bientôt plus qu’une, elle comptera donc une trentaine de collaborateurs et portera un nouveau nom, qui n’est pas encore connu.

Mais cette fusion, promet le metteur en scène louviérois, n’est que la première étape de la simplification d’un groupe qui, au faîte de sa complexité et de son opacité, comprenait une vingtaine d’entités. « Dès que possible, nous allons abandonner les autres sociétés, toutes les activités du groupe seront ramenées en Belgique et au Luxembourg », explique M. Dragone au Soir. Les structures exotiques aux Îles Vierges britanniques, au Delaware, à Madère ou à Chypre, notamment, seraient de facto condamnées à disparaître. « C’est un processus qui prend du temps, pour des raisons financières et juridiques. Mais notre intention est d’avancer, nous en avons averti par courrier le procureur du Roi. »

Enfin, bloqué dans ses ambitions par la procédure de réorganisation judiciaire initiée en 2016, Franco Dragone, qui s’était entendu avec le tribunal de l’entreprise de Mons et avec ses créanciers pour rembourser la moitié de ses créances avant décembre 2020, a annoncé qu’il bouclerait anticipativement – dans le courant de cette année – ce plan d’apurement.

Un prêt de 4 millions de dollars

A l’origine de cette relance des activités en Belgique, un prêt de 4 millions de dollars (3,5 millions d’euros) accordé au groupe Dragone par un partenaire qui « requiert la confidentialité ». Cet investisseur providentiel, a néanmoins appris Le Soir, est un puissant groupe actif en Asie dans les domaines du jeu et des loisirs.

La pérennisation, sinon le développement de l’emploi sur le site de La Louvière – qui par ailleurs, devrait déménager de quelques centaines de mètres avant la fin du mois d’août – passera avant tout par le renforcement de l’activité de création de costumes. Parce que « de nouvelles formes (de spectacles, NDLR) émergent, comme la création de parcs à thèmes. Nous les développons déjà en Turquie, à Antalya, dans l’enceinte d’un ressort du groupe Rixos. »

La restructuration du groupe devrait, elle, se traduire par l’abandon des entités exotiques (Franco Dragone et un de ses metteurs en scène avaient été épinglés dans les Panama Papers) au profit d’une classique holding s’articulant autour d’une société financière au Luxembourg et de deux sociétés d’exploitation située en Belgique.

Retrouvez notre entretien complet avec Franco Dragone sur le Soir+ et dans votre journal de jeudi

À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 
 
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. Les attentats du 22 mars 2016 à Bruxelles ont durablement marqué le pays, jusque dans ses procédures judiciaires.

    Comment les attentats du 22 mars ont changé la justice

  2. POLITICS NEUFCHATEAU LOCAL ELECTIONS FRAUD

    Dimitri Fourny inculpé: une catastrophe pour le CDH

  3. Jean-Claude Juncker et Theresa May se font la bise, jeudi au sommet de Bruxelles. A leurs côtés, les Premiers ministres luxembourgeois, néerlandais et belge, Xavier Bettel, Mark Rutte et Charles Michel (de g. à dr.).

    Brexit: les 27 offrent une rallonge à double détente à Londres

  • 22 mars 2016: temps des victimes, temps judiciaire

    Le temps est un redoutable ennemi. Il affaiblit insidieusement mais inéluctablement la compassion due aux victimes des attentats du 22 mars 2016 mais permet aussi à la société belge de tourner lentement l’une des pages les plus sombres de son histoire. Les commémorations qui auront lieu aujourd’hui ont cette utilité magique : raviver la solidarité à l’égard des victimes et inviter notre société à ne pas tourner la page trop vite en oubliant ce que fut ce matin tragique du 22 mars.

    Trois ans pour...

    Lire la suite