Gilets jaunes en France: torrent de réactions en soutien à Alain Finkielkraut, cible d’insultes antisémites

Gilets jaunes en France: torrent de réactions en soutien à Alain Finkielkraut, cible d’insultes antisémites

Le philosophe et académicien Alain Finkielkraut a été injurié et sifflé ce samedi en marge de la manifestation des « gilets jaunes » dans le quartier de Montparnasse à Paris, selon des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux et qui ont déclenché une vague d’indignation au sein de la classe politique.

« Barre-toi, sale sioniste de merde », « grosse merde sioniste », « nous sommes le peuple », « la France elle est à nous », ont crié plusieurs manifestants qui défilaient boulevard du Montparnasse, et qui venaient d’apercevoir l’académicien, d’après une vidéo diffusée par Yahoo ! Actualités.

Sur une seconde vidéo tournée par un journaliste freelance, on peut voir les forces de l’ordre s’interposer pour protéger le philosophe. Plusieurs responsables politiques dont des membres du gouvernement ont aussitôt condamné fermement ces faits.

Emmanuel Macron a déclaré que « les injures antisémites dont il a fait l’objet sont la négation absolue de ce que nous sommes et de ce qui fait de nous une grande nation. Nous ne les tolérerons pas. »

« Un déferlement de haine à l’état pur que seule l’intervention de la police a interrompu. Assister à une telle scène à Paris, en 2019, est tout simplement INTOLÉRABLE. Je viens de m’entretenir avec Alain Finkielkraut pour l’assurer de mon soutien absolu », a annoncé sur Twitter le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner.

« Honte aux auteurs de ces menaces répugnantes et à leurs complices », a lancé Richard Ferrand, le président de l’Assemblée nationale.

« La bête immonde tapie dans l’anonymat d’une foule. Ceux qui insultent ont le visage découvert. J’espère qu’ils seront identifiés, poursuivis et lourdement condamnés », a renchéri le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux.

« Nous devons être rassemblés et forts face à ces haineux, racistes et antisémites, qui menacent la République et notre démocratie », a estimé son collègue Franck Riester, ministre de la Culture.

« Vous êtes chez vous, M Finkielkraut, qu’on soit ou non d’accord avec vous. En revanche la foule haineuse qui vous poursuit abuse de sa liberté et de notre démocratie. Honte à elle », a écrit la ministre des affaires européennes Nathalie Loiseau.

L’opposition a réagi

De nombreuses figures de l’opposition ont également dénoncé ces actes et apporté leur soutien à l’académicien.

Laurent Wauquiez a dénoncé « d’abjects crétins… Révoltante confirmation de ce qu’Alain Finkielkraut a pointé lui-même : l’antisémitisme se drape dans les habits de l’antiracisme et se nourrit de la chasse aux prétendus islamophobes. Quand ouvrirons-nous les yeux ? »

« Soutien total à Alain Finkielkraut odieusement insulté par des sauvages », a affirmé Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, tandis que le député LR Éric Ciotti dénonçait des propos « ignobles et insupportables ».

Sébastien Chenu, député Rassemblement National, a dénoncé des « insultes haineuses et honteuses ».

Ian Brossat, tête de liste PCF aux Européennes, a estimé qu’ « peut détester les idées de Finkielkraut », mais que « rien ne peut justifier qu’on s’attaque à lui en tant que juif ».

L’ex-premier ministre Manuel Valls a jugé ces insultes « à vomir ».

« Ça suffit », s’est insurgé le sénateur PS Rachid Temal, rappelant que « le droit de manifester n’est pas celui d’insulter, de menacer ou de tenir propos antisémites, racistes ou xénophobes ».

« Gilets Jaunes je suis avec vous depuis le début. Là stop. Certains franchissent toutes les limites », a réagi Esther Benbassa, sénatrice EELV.

« L’antisémitisme, c’est aussi simple, aussi simplement abject que ce +Rentre chez toi à Tel Aviv+ visant un écrivain français juif », a lancé le cofondateur du mouvement de gauche Place Publique, Raphaël Glucksmann.

La Licra a également affirmé son soutien à l’académicien, évoquant « une honte absolue » et « des méthodes fascistes d’intimidation ».

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