Retour des djihadistes belges: «Pour les adultes, c’est au cas par cas», dit Reynders

Didier Reynders © Belga
Didier Reynders © Belga

Au moins quatre djihadistes belges ralliés à l’organisation terroriste État islamique (EI) se trouvent actuellement dans des prisons kurdes au nord de la Syrie, selon du ministre de la Justice, Koen Geens, et les services de renseignement. Dix-sept femmes membres considérées comme appartenant à l’EI (alias Daech, selon son acronyme arabe) se trouvent par ailleurs également dans le nord de la Syrie. Le nombre d’enfants est estimé à une trentaine.

« Il n’est pas exclu que des pays de la région, en particulier l’Irak, souhaitent mener des actions judiciaires contre des djihadistes (détenus en Syrie) qui ont d’abord commis des actes terroristes » sur leurs territoires, a indiqué le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, à l’issue d’une réunion avec ses homologues européens.

Alors que le président américain Donald Trump a exhorté dimanche les pays de l’UE à reprendre leurs centaines de ressortissants détenus en Syrie après avoir rejoint les rangs de l’État islamique (EI), les 28 se concertent encore sur l’attitude à adopter.

Deux hypothèses

Avant cette sortie du locataire de la Maison Blanche, deux hypothèses avaient été posées sur la table par la coalition contre l’EI. Soit les pays concernés reprennent leurs combattants étrangers, soit une détention de ces personnes est organisée sur place, dans la région, a expliqué le chef de la diplomatie belge.

« Nous devons voir comment nous pouvons réfléchir ensemble à la meilleure façon d’agir », a-t-il insisté lundi, avant de rappeler que la position belge consistait à aider au rapatriement des enfants de combattants (en jargon des « Foreign Terrorist Fighters », FTF) âgés de moins de 10 ans pour peu qu’il y ait une demande de membres de la famille restés en Belgique.

« Au-delà (pour les adultes), on ne ferme pas la porte, c’est au cas par cas », a ajouté le ministre. «  On doit d’abord se concerter avec les pays européens concernés, mais aussi examiner la séquence et voir si d’éventuelles poursuites sont envisagées dans la région », a-t-il expliqué.

Des poursuites où se trouvent les djihadistes ?

D’après M. Reynders, il ne serait « pas anormal » que les autorités irakiennes souhaitent mener des actions si elles disposent d’éléments. Le ministre a par ailleurs souligné que Bagdad avait déjà entamé des poursuites à l’encontre de certains djihadistes européens.

L’Irak, qui s’est libéré de l’EI (Daech, selon son acronyme arabe) avec l’aide de la coalition internationale dirigée par les États-Unis, procède de la sorte. Bagdad détient plus de 300 condamnés à mort pour appartenance à l’EI, dont des personnes de nationalité étrangère. C’est notamment le cas du Belge Tarik Jadaoun, qui avait rejoint l’EI en 2014 sous le nom de guerre d’Abou Hamza al-Belgiki et a été condamné à mort en Irak en mai dernier.

Interrogé sur la possibilité de mettre sur pied une juridiction internationale pour juger les djihadistes étrangers, le ministre a précisé que le point n’avait pas été abordé ce lundi par les Européens. «  Cela peut être une des pistes, mais nous n’y avons pas encore travaillé », a-t-il précisé.

Le Premier ministre Charles Michel s’est prononcé lundi pour que les djihadistes étrangers – et notamment belges – détenus en Syrie soient « au maximum » jugés dans la région, tout en invoquant la possibilité de créer une juridiction internationale ad hoc.

À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 
 
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. Les attentats du 22 mars 2016 à Bruxelles ont durablement marqué le pays, jusque dans ses procédures judiciaires.

    Comment les attentats du 22 mars ont changé la justice

  2. belgaimage-91136168-full

    In memoriam: les portraits des victimes du 22 mars

  3. POLITICS NEUFCHATEAU LOCAL ELECTIONS FRAUD

    Dimitri Fourny inculpé: une catastrophe pour le CDH

  • 22 mars 2016: temps des victimes, temps judiciaire

    Le temps est un redoutable ennemi. Il affaiblit insidieusement mais inéluctablement la compassion due aux victimes des attentats du 22 mars 2016 mais permet aussi à la société belge de tourner lentement l’une des pages les plus sombres de son histoire. Les commémorations qui auront lieu aujourd’hui ont cette utilité magique : raviver la solidarité à l’égard des victimes et inviter notre société à ne pas tourner la page trop vite en oubliant ce que fut ce matin tragique du 22 mars.

    Trois ans pour...

    Lire la suite