Le Kroll du jour: Charles Michel à la présidence du MR

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Le Kroll du jour: Charles Michel à la présidence du MR
Kroll.

Charles Michel au «Soir»: «Il serait hypocrite que je parade comme Premier ministre sans entrer en campagne»

Par Martine Dubuisson et Bernard Demonty

Charles Michel au «Soir»: «Il serait hypocrite que je parade comme Premier ministre sans entrer en campagne»
Hatim Kaghat.

Voici quatre ans que l’on n’avait plus fait d’interview de Charles Michel au QG du MR. Le revoilà aux commandes de son parti, tout en étant Premier ministre en affaires courantes. Au taquet, il défend avec fougue les choix libéraux pour les élections du 26 mai. Tous les choix. En matière de têtes de liste – qui contredisent bien des rumeurs –, comme en matière de cumul entre ses fonctions présidentielles et de Premier. Il est désormais en mode campagne, en mode combat.

Finalement, le vaste redéploiement annoncé par certains n’a pas lieu. La surprise, c’est votre retour à la présidence…

Ce qui compte, c’est que le MR soit en ordre de marche, à une centaine de jours d’un moment clef pour l’avenir du pays, des Régions et de l’Europe. Nous voyons bien que nous sommes de nouveau face à un choix citoyen, déterminant pour les cinq prochaines années : ce choix va porter sur le développement économique, la solidarité, le changement climatique, l’avenir du projet européen. Nous nous mettons donc en ordre de marche et nous faisons la clarté, le choix de la transparence, du rejet de l’hypocrisie. Chacun à son poste, en responsabilité, pour aller convaincre.

Vous êtes candidat Premier ministre ?

Ce n’est pas le sujet du jour. J’ai montré que j’étais prêt à assumer des responsabilités, je le montre encore aujourd’hui. Mais ma priorité est d’être mobilisé pour que les idées que nous portons soient convaincantes.

Vous n’excluiez pas de vous présenter à l’Europe. Finalement, vous serez candidat dans votre fief brabançon. Pas de regret ?

Non. Avec les leaders du MR, les deux dernières semaines, nous avons beaucoup dialogué pour déterminer le déploiement optimal. Et le raisonnement qui l’a emporté est celui de la transparence, la crédibilité. Nous siégerons là où nous sommes élus. Et on ne veut pas être hypocrites : nous vivons dans un modèle de coalition, qui nécessite des débats pour former des gouvernements. Nous disons donc aussi très clairement qu’il y a un leadership pour mener la campagne et le processus de négociation ensuite.

Pourquoi avoir opté pour cette double casquette temporaire : Premier et président ?

C’est d’abord une demande d’Olivier Chastel. Chacun connaît notre amitié. Et Olivier a été convaincant, estimant que je devais assumer ce leadership, pour la campagne et dans la foulée. C’est aussi un message de solidité du MR avant une élection et après. Nous sommes en équipe, chacun dans notre rôle. On a connu des moments politiques intenses, durant quatre ans, comme seul parti gouvernemental francophone ; on a tenu bon, avec des réformes qui ont amené des investissements et emplois supplémentaires ; frappés par le terrorisme, on a amélioré nos équipements sécuritaires, mais nous voyons les défis pour demain. En termes de pouvoir d’achat, de changement climatique, de sécurité, de fonctionnement de la justice, de projet européen. Et sur tous ces sujets, nous voulons être une force de propositions. Je ne vais pas faire campagne contre quelqu’un ou contre des idées, mais pour un projet.

Ce cumul de fonctions, ce n’est pas trop ?

C’est une mission à durée déterminée, jusqu’à la formation du gouvernement. Après, le processus électoral interne aura lieu. J’entends bien l’un ou l’autre commentaire, mais je suis impatient de voir plutôt les communiqués d’Ecolo sur les propositions concrètes en matière de climat…

Pendant quatre ans, comme Premier ministre, vous vous êtes présenté comme « au-dessus de la mêlée ». Aujourd’hui, vous êtes aussi président de parti…

Je suis un et indivisible. Il y a une très grande cohérence : comme Premier ministre, j’ai été concentré sur cette tâche à 10.000 %, jusqu’aux affaires courantes. Maintenant vient le moment de la campagne électorale. Ce qui serait hypocrite, c’est de donner l’impression que je parade comme Premier ministre sans faire campagne, sans mettre les mains dans le cambouis. Par le passé, mon prédécesseur est resté président de parti en titre avec une très grande ambiguïté sur le rôle pendant et après la campagne. Dans toutes les grandes démocraties, quand le chef de gouvernement est en bonne santé, motivé, décide de se porter candidat aux élections, il assume le leadership de sa formation. C’est ce que nous faisons.

Vous ne vous êtes donc pas imposé face à Olivier Chastel ?

Chacun connaît le lien d’amitié et de fidélité entre nous. Olivier était le seul qui pouvait me convaincre d’aller dans cette démarche.

Plusieurs libéraux disent qu’il était lassé de la présidence et ne voulait plus qu’un mandat européen.

Non, pas sous cette forme-là. Mais depuis quelque temps, il considérait qu’après mai 2019, son souhait n’était plus d’exercer une fonction exécutive sur le plan national, que ce soit une fonction ministérielle ou présidentielle. C’est un message que j’avais bien reçu. C’est un choix clair, puisque candidat au Parlement européen, Olivier va y siéger. Je comprends que certains, dans d’autres formations, font un choix beaucoup plus hypocrite et moins sincère, sont candidats sans siéger…

Paul Magnette ?

C’est vous qui le citez.

Pas vous ?

Je pense qu’il y aura d’autres exemples. Nous avons privilégié la clarté. C’est un des éléments qui m’ont convaincu que le dispositif général était le plus solide pour être convaincant. Mais l’essentiel, c’est d’être sur les projets, pour l’avenir du pays, pour le rendre plus solide sur les plans économique, social, environnemental. Pour ne pas glisser comme autrefois vers les démons institutionnels. Il y a de nouveau une menace : le risque du blocage communautaire, institutionnel qui appauvrit et qui divise. Il y a d’un côté, incarné par la N-VA quand elle est séparatiste, un projet qui divise ; et de l’autre, un projet conservateur socialiste d’appauvrissement. Nous voulons incarner l’autre voie, comme de puis quatre ans.

Etes-vous déçu de ne pas vous présenter dans la circonscription bilingue de Bruxelles ?

Il y a eu beaucoup de spéculations dans la presse qui, preuve par les faits, étaient à côté de la plaque.

Vous n’y avez pas songé ?

Honnêtement, la seule question que je me suis posée dans le dialogue avec les responsables du MR, c’est comment peut-on avoir un impact plus fort. Et dans ce cadre, la décision prise est la bonne décision.

Il n’y aurait donc pas eu d’impact plus fort si vous vous étiez présenté à Bruxelles ?

Nous avons fait un choix et nous sommes convaincus que ce choix-là est le plus net en termes d’impact collectif.

Pas de désaccord avec Didier Reynders ?

Nous sommes dans un gouvernement ensemble, il est mon vice-Premier depuis quatre ans, notre vice-Premier, avec une coopération parfaite. Et c’est à l’unanimité que cette décision est prise. Il n’y a donc pas l’ombre du début d’une difficulté, au contraire.

Il y a six mois, Olivier Chastel disait que sa coalition préférée serait une suédoise bis. C’est encore le cas ?

La coalition qui a ma préférence est celle dans laquelle on pourra réaliser au mieux le programme du MR.

Avec quels partenaires cela sera-t-il possible ?

Je ne connais pas encore les programmes et d’expérience, j’ai appris qu’il est difficile de supposer quels renoncements certains partis sont prêts à faire après les élections. Si nous sommes allés avec la N-VA malgré ce que j’avais dit, c’est parce que personne ne pouvait supposer, il y a quatre ans, qu’elle mettrait totalement au frigo sa tentation séparatiste et communautaire. J’en tire la leçon. Je ne peux pas présumer les concessions que les différentes formations sont prêtes à faire pour être actrices d’un gouvernement.

Mais vos partenaires potentiels sont ceux qui veulent un stop institutionnel ?

Cela ne dépendra pas que du MR, mais la priorité du MR est économique, sociale, environnementale et sécuritaire. L’histoire a toujours montré que quand on se laisse enfermer dans la question institutionnelle et communautaire, on est bloqués très longtemps, et pendant ce temps-là, on ne peut résoudre les questions économiques et sociales qui ne nous attendent pas.

Charles Michel prend la présidence du MR, Olivier Chastel tête de liste à l’Europe (vidéo)

Par C.Bk.

Charles Michel prend la présidence du MR, Olivier Chastel tête de liste à l’Europe (vidéo)
LESOIR

Le président du MR, Olivier Chastel, a présenté ce lundi les têtes de liste pour les élections de mai prochain. Il a annoncé lors du Conseil qu’il souhaitait se consacrer pleinement à la campagne européenne et qu’il ne poursuivrait donc pas son mandat de président du MR.

Il confie cette mission au Premier ministre, Charles Michel, qui récupère donc ce poste qu’il occupait avant les dernières élections. Charles Michel poursuivra sa mission de Premier jusqu’à la fin des affaires courantes, précise Olivier Chastel.

L’ensemble du projet de programme pour les élections du 26 mai prochain sera par ailleurs consultable sur le site du MR dès ce mercredi. Il sera soumis à l’avis de tous les citoyens, membres ou non du MR, notamment à l’occasion de deux congrès régionaux à Namur le 24 février et à Bruxelles le 28 février. Ce projet sera ensuite voté le 24 mars.

Listes fédérales

Bruxelles  : Didier Reynders (2ème  : Sophie Wilmès)

Brabant wallon  : Charles Michel

Namur  : David Clarinval

Luxembourg  : Benoît Piedboeuf

Liège  : Daniel Bacquelaine

Hainaut  : Denis Ducarme (2ème  : Marie-Christine Marghem)

Listes régionales

Bruxelles  : Françoise Schepmans (2ème  : Vincent Dewolf)

Brabant wallon  : Valérie De Bue

Namur  : François Bellot (Dinant-Philipeville) et Gilles Mouyard (Namur)

Luxembourg  : Willy Borsus

Liège  : Philippe Dodrimont (Liège) – Pierre-Yves Jeholet (Verviers) – Caroline Cassart (Huy-Waremme)

Hainaut  : Jean-Luc Crucke (Tournai-Ath-Mouscron) – Jacqueline Galant (Mons) – Olivier Destrebecq (La Louvière-Soignies) – Nicolas Tzanetatos (Charleroi-Thuin)

Liste européenne

Olivier Chastel (2ème  : Frédérique Ries)

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