Pensions des collaborateurs: le gouvernement invité à prendre langue avec les Allemands

Olivier Maingain a demandé au gouvernement de requérir la liste des bénéficiaires d’une pension allemande séjournant sur le territoire belge, condamnés pour collaboration avec le régime nazi. © Le Soir/Dominique Duchesnes
Olivier Maingain a demandé au gouvernement de requérir la liste des bénéficiaires d’une pension allemande séjournant sur le territoire belge, condamnés pour collaboration avec le régime nazi. © Le Soir/Dominique Duchesnes

La commission des Affaires étrangères de la Chambre a adopté mardi une proposition de résolution d’Olivier Maingain (Défi) demandant au gouvernement belge de requérir la liste des bénéficiaires d’une pension allemande séjournant sur le territoire belge, condamnés pour collaboration avec le régime nazi. L’objectif est de mettre un terme à l’octroi de ces pensions.

Faisant valoir des éléments légaux de protection de la vie privée, les autorités allemandes ont toujours refusé de communiquer cette liste à leurs homologues belges. Amendée, la résolution vise, à défaut, à tenter la mise sur pied d’une commission scientifique belgo-allemande, qui permettrait de contourner l’écueil officiel. Initié par le député Tim Vandeput (Open VLD), et enrichi par plusieurs parlementaires, cet amendement suggère également à la Belgique de transmettre la liste des collaborateurs condamnés, le croisement de listes pouvant mener à une solution. En cas de refus persistant de l’Allemagne, la nouvelle Chambre issue des élections du 26 mai devrait se réapproprier le dossier.

Selon les derniers chiffres vingt-deux personnes séjournant en Belgique, condamnées pour collaboration, perçoivent encore aujourd’hui une pension versée par les autorités allemandes.

Après la guerre, environ 80.000 citoyens belges ont été jugés coupables de collaboration avec l’ennemi et crimes de guerre par les tribunaux belges. Un certain nombre d’entre eux a bénéficié de dispositions du régime nazi leur octroyant la nationalité allemande, notamment des membres de la Wafen-SS faits allemands par un décret de 1941 signé par Adolf Hitler. De ce fait, ils ont touché une pension de l’État allemand, le décret de 1941 en question n’ayant jamais été abrogé.

Le groupe « Mémoire-Herrinering », qui rassemble des rescapés des camps de concentration nazis et des citoyens engagés en faveur du devoir de mémoire, a mis ce fait en lumière en mai 2016 à l’occasion de la comémoration des 71 ans de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il apparaît en outre que ces revenus échappent au fisc belge.

 
 
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