Enquête sur un trafic de visas humanitaires: Francken n’a pas signé l’instruction pour délivrer les visas

© Pierre-Yves Thienpont
© Pierre-Yves Thienpont

L’ex-secrétaire d’Etat à l’Asile et aux Migrations Theo Francken (N-VA) n’a pas signé les listes de visas humanitaires octroyés à des chrétiens de Syrie avec le concours Melikan Kucam, soupçonné d’avoir facilité la délivrance de visas humanitaires moyennant d’importantes sommes d’argent. L’instruction pour octroyer un visa a été délivrée par le cabinet au consulat à Beyrouth, a indiqué mercredi en commission de l’Intérieur de la Chambre la ministre de l’Asile et des Migrations Maggie De Block.

«  L’instruction pour octroyer un visa a été délivrée par le cabinet et contrairement aux instructions dans le cadre de la réinstallation, ces listes n’ont pas été signées par le secrétaire d’Etat », a indiqué Mme De Block.

Pour les députés Servais Verherstraeten (CD&V) et Georges Dallemagne (CDH), ce n’est pas légal. « Ces listes n’ont pas non plus été fournies par enveloppes fermées mais envoyées à partir d’une boîte mail d’un collaborateur du cabinet », a ajouté Mme De Block. «  La voie hiérarchique parcourue par ces listes ne peut être déduite des courriels à l’Office des étrangers », a-t-elle précisé.

La ministre De Block a également informé mercredi la commission qu’à leur arrivée en Belgique, les chrétiens de Syrie ayant obtenu un visa avec le concours de M. Kucam, n’ont pas été enregistrés. «  Les personnes étaient libres à leur arrivée en Belgique de demander une protection internationale et une grande partie l’a fait ; une partie ne l’a pas (encore) », a-t-elle expliqué. «  On pense qu’une partie de ces personnes se trouve aujourd’hui à l’étranger », a-t-elle précisé. Certaines n’ont laissé aucune trace. Elles peuvent circuler dans l’espace Schengen.

Le parlement se demande sur la base de quels critères ces chrétiens de Syrie ont pu venir en Belgique alors que la politique discrétionnaire du ministre compétent, qui doit rester exceptionnelle, est censée se fonder sur des critères de vulnérabilité. «  Ce n’est pas clair contrairement aux autres procédures comme la réinstallation », a indiqué la ministre dans l’attente des conclusions de l’enquête administrative diligentée à cet effet.

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