L’Euro Space Center fera peau neuve totale dès septembre, pour un an

Ce n’est pas un scoop, car pareil dossier se prépare depuis des mois, mais c’est cette fois officiel. L’Euro Space fonctionnera encore tambour battant jusqu’à septembre, puis fermera complètement ses portes pour un an, pour cause de refonte complète de ses installations, tant dans le fond que dans la forme.

L’air de rien, l’Euro Space est une attraction majeure en Wallonie, tant touristiquement que pédagogiquement, et elle est une vitrine du secteur spatial au niveau mondial. Avec ces rénovations, son directeur Jean-Marcel Thomas entend bien « en faire le numéro un mondial du spatial ».

L’Euro Space Center de Transinne, une infrastructure que personne ne peut rater dans la traversée de l’Ardenne sur l’autoroute E411, est reconnu comme attraction touristique 5 soleils. Après presque 30 ans d’exploitation sur le parc d’activités Galaxia, une remise à niveau de ses installations et une modernisation de ses activités étaient indispensables pour booster sa fréquentation et diversifier l’offre. « Son développement s’inscrit dans le cadre du déploiement international du pôle spatial Redu-Transinne qui comprend le parc Galaxia et le centre ESA-ESEC à Redu », dit-on à l’intercommunale Idélux Projets Publics qui porte ce dossier.

Presque un an de fermeture

Les travaux initialement prévus pour fin 2018 débuteront finalement le 1er septembre pour se terminer fin juin 2020. Une mise en conformité du bâtiment de 6.000 m2 au sol et une amélioration des installations sur le plan énergétique sont nécessaires, ainsi qu’une rénovation globale de la toiture, de l’isolation, des bardages, de la ventilation, du chauffage, des alarmes, une rénovation de la cuisine et des chambres. Il n’y en aura pas plus que les 24 actuelles, soit 235 lits, mais un lifting complet s’impose. L’actuelle cafétéria des stagiaires sera transformée en espace polyvalent pour du coworking et d’autres événements. Un bâtiment nouveau s’ajoutera pour accueillir la « centrifugeuse », un rotor pour 20 personnes censé faire vivre diverses expériences aux visiteurs (force centripète, centrifuge, etc.). L’actuelle boutique sera transformée en « hub » pour que les visiteurs testent leurs aptitudes à devenir candidats astronautes (épreuve d’agilité, d’habilité, de capacité d’analyser les choses). Ce test a notamment été mis au point par la Nasa, l’ESA et d’autres institutions spatiales.

Adieu navette spatiale, bonjour village martien

L’actuel « shuttle », copie grandeur nature d’une navette spatiale, disparaîtra complètement au profit d’un village martien abordant les thématiques du décollage, de l’atterrissage, de la vie de cette planète et son exploration.

Si l’actuel parcours spectacle restera plus ou moins tel quel, d’autres nouveautés égaieront également le parcours de visite des touristes ou de travail des milliers de stagiaires (simulateurs pour découvrir Mars, toboggan de chute libre, chute avec freinage par électro-aimant, etc.).

Etre un parc à thème éducatif

Initialement considéré comme un musée du spatial, l’Euro Space a évolué pour devenir un centre d’interprétation dynamique, avec de l’interactivité, comme le Moon Walk ou Mars Walk, mais demain, il se positionnera non pas comme un parc d’attractions, mais comme un parc à thème éducatif avec encore plus d’interactivité. « En Belgique, il n’existe que des parcs d’attractions. Aujourd’hui, explique Jean-Marcel Thomas, on vend du rêve, une ambiance, une atmosphère et demain, on proposera une aventure. Il y aura de nouveaux simulateurs éducatifs et pédagogiques qui vont permettre de comprendre des lois physiques et mathématiques, ce que vivent les astronautes en mission. Il faut être une vitrine du spatial tout en étant un catalyseur qui invite les jeunes vers les sciences. »

35.000 stagiaires, 53.000 visiteurs d’un jour

Par ailleurs, Jean-Marcel Thomas veut que son Euro Space soit encore plus un moteur économique pour la région. « Si certains de nos stagiaires (35.000 jours de stage en 2018 et 53.000 visiteurs d’un jour) restent 3, 4, 5 jours ici, on peut aussi les diriger s’ils le souhaitent vers le château de Bouillon, les grottes de Han, Durbuy Aventure ou même à Bruxelles. Avec l’Awex, on se vend pour qu’il y ait des stages de 4 jours mais que les stagiaires restent 5-6 jours dans la région. »

Le directeur de l’ESC veut placer son infrastructure sur la carte mondiale du tourisme pédagogique spatial. « Nous n’avons pas beaucoup de concurrents. Certains ont investi dans cette thématique, en Chine et en Turquie, mais se sont cassé les dents. Il reste un gros Space Camp en Alabama mais je remarque que des Chinois, des Taïwanais, des Indiens ou des Australiens viennent désormais chez nous en stage pour apprendre les sciences spatiales, et parfois font le voyage rien que pour cela, car notre centre est plus flexible, plus humain, plus adaptable à leurs desiderata. Et moins cher. Mais demain, il faudra être plus performant dans l’accueil, si l’on veut attirer cette manne étrangère. »

Un projet d’hôtel sur le site

C’est pour cela que des négociations sont en cours avec divers investisseurs pour construire un complexe hôtelier d’environ 60 chambres sur le site, pour une clientèle qui veut un niveau d’accueil plus élevé que les chambres des stagiaires. On le voit, l’Euro Space veut peaufiner sa nouvelle galaxie !

12 millions de travaux

Le budget des travaux est estimé à 12,2 millions d’euros, dont 5,6 millions de subsides du Commissariat général au tourisme, de 1,1 million de la commune de Libin, de 1,2 million d’Idélux, de 1,2 million de l’Euro Space, et d’un complément de la Loterie nationale et de la DGO6.

 
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