Le Venezuela ordonne la fermeture de sa frontière avec la Colombie

Le président du Chili Sebastian Pinera avec Juan Guaido © Reuters
Le président du Chili Sebastian Pinera avec Juan Guaido © Reuters

Le gouvernement du Venezuela a ordonné vendredi la fermeture de la frontière avec la Colombie dans l’Etat de Tachira, voisin de la ville colombienne de Cucuta depuis laquelle l’opposant Juan Guaido entend diriger samedi les livraisons d’aide humanitaire. L’ONU exhorte le Venezuela à ne pas recourir à la force contre les manifestants.

«En raison des menaces sérieuses et illégales proférées par le gouvernement de Colombie contre la paix et la souveraineté du Venezuela, le gouvernement a pris la décision d’une fermeture totale temporaire» de tous les ponts qui relient les deux pays dans l’Etat de Tachira, a tweeté la vice-présidente vénézuélienne Delcy Rodriguez.

«La normalité aux frontières sera rétablie quand les actes grossiers de violence contre notre peuple et notre territoire seront sous contrôle», a-t-elle ajouté.

Des ponts reliant la Colombie au Venezuela

Trois ponts enjambant le fleuve Tachira, qui sépare le Venezuela de la Colombie, sont actuellement ouverts à la circulation dans l’Etat du même nom, parmi lesquels le pont Simon Bolivar, dans la ville de San Antonio, une voie de passage très fréquentée par les piétons. Un quatrième, le pont de Tienditas qui relie le Venezuela à Cucuta, est bloqué depuis début février par l’armée vénézuélienne.

Juan Guaido, reconnu par une cinquantaine de pays comme président par intérim du Venezuela, est arrivé à Cucuta vendredi malgré un ordre judiciaire lui interdisant de quitter son pays, et a assisté à un concert de soutien à l’opposition. Le «Venezuela Aid Live», festivité de plus de sept heures, a été organisé à Cucuta par le milliardaire britannique Richard Branson.

M. Guaido a fixé à samedi le Jour J pour l’entrée de l’aide humanitaire envoyée des Etats-Unis qui s’accumule depuis le 7 février dans des entrepôts de la ville.

Des morts et des blessés

Par ailleurs, deux personnes ont été tuées et quinze autres blessées vendredi dans des heurts avec l’armée dans le sud-est du Venezuela, à la frontière avec le Brésil, alors qu’elles tentaient d’empêcher des militaires de bloquer une route pour faire barrage à l’entrée de l’aide humanitaire. Les liaisons avec l’île néerlandaise de Curaçao, autre point de stockage de l’aide à 60 km des côtes, sont aussi suspendues.

Suite à ces incidents, Washington a dénoncé vendredi «l’usage de la force» par l’armée au Venezuela contre des civils. «Les Etats-Unis appellent l’armée vénézuélienne à respecter son devoir constitutionnel, qui est de protéger les citoyens du Venezuela. L’armée vénézuélienne doit permettre à l’aide humanitaire d’entrer dans le pays de manière pacifique», a commenté la Maison Blanche dans un communiqué.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a aussi exhorté vendredi le Venezuela «à ne pas recourir à la force létale contre les manifestants», alors que des violences sont craintes samedi lors de l’acheminement d’aide humanitaire américaine dans ce pays.

«L’ONU continuera à agir en accord avec les principes humanitaires d’humanité, de neutralité, d’impartialité et d’indépendance, en travaillant avec les institutions vénézuéliennes pour aider la population dans le besoin», a-t-il ajouté dans un communiqué publié après une rencontre avec le chef de la diplomatie vénézuélienne, Jorge Arreaza.

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