La Communauté germanophone se dote d’une assemblée citoyenne

La Communauté germanophone se dote d’une assemblée citoyenne

C’est le « T-Tag » pour les germanophones. Ce lundi, le parlement de la troisième Communauté du pays est entré dans l’Histoire de la démocratie belge. Eupen, en effet, s’apprête à voter un décret inédit qui donne naissance à une assemblée supplémentaire en son sein, composée de citoyens tirés au sort. Le fruit d’un long travail mené avec l’équipe du G1000. Cette chambre de réflexion nourrie par la société civile sera mise en place à l’automne, après l’installation du nouveau parlement issu des élections régionales.

« Il s’agit d’un système permanent de consultation des citoyens, basé sur le tirage au sort », résume Yves Dejaeghere, coordinateur du G1000. Le système se décline en trois axes. Il y a d’abord un conseil, composé de 24 citoyens désignés par le hasard. Ceux-ci siègent durant 18 mois, à côté du parlement. Leur mission consiste à organiser, une à trois fois par an, les débats de l’assemblée citoyenne. En amont des échanges, ils décident donc de l’agenda et des thématiques abordées ; en aval, du suivi assuré par les parlementaires. « Le greffier et l’ombudsman seront membres également de ce conseil, à titre d’observateurs, précise Yves Dejaeghere. De son côté, le parlement s’engage, si un thème recueille une certaine quantité de votes, à se saisir du sujet et, s’il ne suit pas les recommandations citoyennes, à fournir une justification motivée. »

Le rouage central de ce nouveau mécanisme démocratique, c’est l’assemblée citoyenne, la Bürgerversammlungen , qui se saisira des thèmes fixés par le conseil citoyen pour en débattre durant une courte durée et émettre des recommandations à destination du parlement. Le conseil fixera la durée des débats ainsi que le nombre de panélistes (entre 25 et 50). Car cette assemblée nouvelle s’assimile effectivement à un panel : le choix de ses membres relèvera d’un tirage au sort pondéré par des critères de genres (parité), d’âge (16 ans minimum) ou de niveau d’éducation. « Ces citoyens seront rémunérés en fonction de la durée de leur travail », ajoute le coordinateur du G1000. Un « cachet » qui devrait tourner autour de 37,50 euros par demi-journée.

Enfin, un secrétariat permanent – une personne appartenant au personnel du parlement – sera installé. Il préparera les réunions et invitera les experts tout en veillant au respect des procédures, en collaboration avec le conseil citoyen.

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