Ryanair va reconnaître tout son personnel en Belgique

Tout le personnel volant au départ d’une base en Belgique dépendra d’un contrat Ryanair. Et ce contrat appliquera les lois sociales belges, à commencer par le salaire minimum.
Tout le personnel volant au départ d’une base en Belgique dépendra d’un contrat Ryanair. Et ce contrat appliquera les lois sociales belges, à commencer par le salaire minimum. - Hollandse Hoogte / Sabine Joosten.

C’est une étape importante dans la saga Ryanair. À partir du 1er  avril, Ryanair va reconnaître directement les 350 personnes qui travaillent en cabine pour le compte de leurs sous-traitants, Crewlink (très large majorité) et Workforce. Tout le personnel volant au départ d’une base en Belgique dépendra donc d’un contrat Ryanair. Et ce contrat appliquera les lois sociales belges, à commencer par le salaire minimum. C’était une des principales revendications des syndicats, l’année dernière, lors de la coordination des grèves à travers plusieurs pays d’Europe. Après l’accord signé avec l’association des pilotes belges, le 15 février dernier, et l’élaboration d’une convention collective de travail, c’est un pas important dans la normalisation du traitement du personnel de la compagnie low cost en Belgique. Mais il reste de nombreuses choses à négocier.

Concrètement, à partir du 1er  avril, les 350 personnes qui travaillent actuellement sous des contrats Crewlink auront signé un contrat de salarié avec Ryanair. Avec des nuances : ceux qui travaillent pour Crewlink depuis quatre ans ou plus recevront une proposition de contrat à durée indéterminée, ceux qui travaillent depuis moins de 12 mois recevront une proposition de contrat de deux ans, tous les autres recevront une proposition de contrat avec Ryanair jusqu’en 2020, date à laquelle ils devraient recevoir un CDI. « Crewlink travaille avec des contrats encore plus désastreux que Ryanair, explique Yves Lambot (CNE). Par exemple, une partie du personnel de Crewlink à Charleroi s’est vu imposer un contrat de zéro heure. Cela signifie que ces employés ne disposaient pas d’un nombre minimum d’heures de travail garanties et n’avaient donc aucune sécurité financière minimale. Lors des négociations, on leur a démontré que la législation belge ne permettait pas ce qui se passe aujourd’hui en Belgique. Au final, Ryanair a admis qu’elle devait reconnaître tout le monde par des contrats directs et a décidé de le faire. » Crewlink et/ou Workforce pourraient encore intervenir au début, au moment des formations initiales.

Un millier de personnes

Ça, c’est le cadre global. Dès avril, donc, en théorie, le millier de personnes (environ 700 personnels de cabine et environ 250 pilotes) qui travaillent aujourd’hui, directement ou indirectement, pour Ryanair seront liées à la compagnie irlandaise. Un contrat de travail répondant aux lois sociales belges (salaire minimum, nombre et condition des heures prestées…) mais relevant toujours du système fiscal irlandais.

Les négociations ne sont pas terminées, loin de là. Il faut encore déterminer comment appliquer concrètement le droit social belge. Le salaire de base sera donc le salaire minimum. Avec ou sans les primes auxquelles le personnel est habitué (vente à bord…) ? Restera-t-il un lien entre le nombre d’heures effectivement prestées et le salaire ? Où sont les limites des temps partiels ? Les primes seront-elles mutualisées et redistribuées via un système à l’ensemble du personnel ? Comment organiser les salaires face aux sérieuses augmentations de rythme durant la saison estivale ?…

Les négociations avec Ryanair reprennent dès la semaine prochaine.

 
 
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