Préaccord salarial: l’Open VLD et la N-VA affichent leurs réticences sur les fins de carrière

Peeter De Roover (N-VA) © Belga
Peeter De Roover (N-VA) © Belga

Les partenaires sociaux sont attendus à 14h00 au Lambermont, résidence de fonction du Premier ministre Charles Michel, a-t-on appris mardi à la suite du projet d’accord auquel ont abouti les patrons et les syndicats. Au sein de la coalition gouvernementale, les avis sont partagés, particulièrement en ce qui concerne le chômage avec complément d’entreprise (RCC, ex-prépension).

Les trois syndicats se prononceront le 26 mars prochain sur leur position quant au projet d’accord interprofessionnel. D’ici là, ces organisations consulteront leurs instances et leur base respective. La CSC et la FGTB vont leur «présenter» l’accord, tandis que la CGSLB le «défendra».

«Une grande valeur sociale »

Le ministre de l’Emploi Kris Peeters (CD&V) a salué mardi l’accord conclu et indique espérer que le gouvernement pourra l’honorer.

«  Salaires, salaire minimum, pensions et allocations de chômage augmentent grâce au projet d’accord. Cela honore les partenaires sociaux qu’ils aient pris leurs responsabilités au cours de la concertation. J’espère que la base va maintenant l’approuver », a dit M. Peeters sur Twitter.

« Un accord conclu par les partenaires sociaux a une grande valeur sociale et économique parce que la paix sociale y est liée », a-t-il ajouté sur les ondes de la VRT. « On doit examiner un tel accord avec la prudence nécessaire. Un tel accord repose sur des équilibres. Perturber ces équilibres peut mener à ce que l’accord ne soit pas approuvé ».

Ce qui pourrait coincer : les RCC

Les éléments du projet d’accord relatifs aux RCC (le chômage avec complément d’entreprise) et aux fins de carrière s’écartent de ce que le gouvernement Michel avait conclu cet été, quand la N-VA était toujours à bord du navire.

L’Open VLD a affiché ses réticences. S’il voit d’un bon œil les points relatifs aux salaires et au pouvoir d’achat, il ne cache pas le mal qu’il pense de ce qui concerne les RCC. Les libéraux flamands ne veulent pas d’un assouplissement par rapport au « jobsdeal ». « Ce n’était pas l’accord. Ce n’est pas avec un marché de l’emploi aussi tendu que l’on se passe des gens à 58 ans », a tweeté la présidente du parti, Gwendolyn Rutten.

La N-VA, ex-partenaire de la majorité suédoise, s’en prend aussi à l’accord sur les RCC qui va, selon elle, à l’encontre de la politique menée par le gouvernement Michel I.

« Je pars du principe que le démissionnaire Michel II va s’y opposer et ne va pas revenir en arrière sans majorité au parlement », a dit pour sa part le chef de groupe, Peter De Roover.

L’accord gouvernemental de l’été prévoyait de restreindre l’accès aux RCC. La condition de carrière pour RCC individuel devait passer à 41 ans au 1er janvier. L’âge d’entrée devait être relevé à 59 ans et 60 ans en 2020 pour les RCC en cas de restructuration. Les conditions de disponibilité devaient également être adaptées.

Pour ce qui était des fins de carrière, l’âge d’accès au crédit-temps devait passer de 55 ans à 60 ans.

--> Le gouvernement fédéral est parvenu à un accord sur le budget 2019 et le deal pour l’emploi

Le projet d’accord des partenaires sociaux revoit ces conditions. Pour les carrières longues et les métiers pénibles, il sera toujours possible pendant deux ans et demi de prendre un RCC à 59 ans. Pour les entreprises en difficultés et en restructuration, l’âge du RCC passe de 56 ans actuellement à 58 ans en 2019, 59 ans en 2020 et 60 ans à la fin 2020.

Pour ce qui est du régime d’aménagement des fins de carrière, il reste possible sous certaines conditions à 55 ans ou 57 ans.

Côté syndical, la FGTB a prévu de rencontrer ses membres à 10h00 ce mardi et la CSC indique qu’un bureau sera organisé dans la matinée.

 
 
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