Pour Hendrik Bogaert, le «régime francophone» tente «d’exterminer» la culture flamande en Belgique

Pour Hendrik Bogaert, le «régime francophone» tente «d’exterminer» la culture flamande en Belgique

La question du « génocide » commis au Congo par « le régime belge francophone » a un prolongement : la tentative « d’ethnocide » commis par le même régime contre la culture flamande en Belgique, a indiqué mardi le député Hendrik Bogaert (CD&V) en commission de la Chambre. Comme pour le Congo, il pose la question de l’opportunité de présenter là aussi des excuses.

Avec sa collègue Vlaams Belang Barbara Pas, le député interrogeait mardi le Premier ministre Charles Michel au sujet de l’évolution de travaux de recherche portant sur la question des soldats « fusillés pour l’exemple » durant la guerre de 14, pour désertion ou insubordination. Faisant débat dans d’autres pays comme la France ou le Canada, cette question prend en Belgique une tournure communautaire alors que des défenseurs de la cause flamande ont régulièrement, à travers l’histoire, évoqué les récits de soldats flamands persécutés par des officiers francophones, une narration qui a d’ailleurs participé au mythe fondateur du Mouvement flamand.

Dans un autre dossier, celui des affres de la colonisation, pour lequel un comité d’experts de l’ONU requiert des excuses de la Belgique, la droite flamande s’est elle limitée à en circonscrire la responsabilité au régime du roi Leopold II, au XIXe siècle.

« Tentative d’extermination d’une culture »

Pour Hendrik Bogaert, les faits qu’il dénonce en 14 et ce qui s’est produit au Congo au XIXe siècle, ont la même origine : le « régime belge francophone » auteur d’un « génocide » au Congo, puis d’une tentative « d’ethnocide » anti-flamand en Belgique.

« Nous sommes en train d’examiner ce que nous devons faire, si nous devons, oui ou non, présenter des excuses pour le génocide commis au XIXe siècle au Congo par le régime belge francophone. Je dis que cette question a un prolongement, à savoir l’ethnocide que ce même régime belge a tenté de perpétrer à l’égard de la culture flamande néerlandophone en Belgique », a indiqué le député chrétien.

« Un génocide n’est évidemment pas un ethnocide, mais il s’agit bien ici clairement de la tentative systématique d’extermination d’une culture, de la langue d’une autre communauté », a-t-il précisé. « Nous ne sommes plus alors au XIXe siècle mais, dans le prolongement, au XXe, lorsque des soldats furent condamnés, alors qu’ils n’avaient pas pu s’exprimer dans leur propre langue », a-t-il conclu. Avant de demander en vain au Premier ministre si là aussi des excuses seront présentées par la Belgique pour des faits qui à l’entendre ont toujours « une signification aujourd’hui ».

 
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