Batibouw 2019: aux Arts et Métiers, on a le goût du travail bien fait

Elèves et professeurs sont à Batibouw pour démontrer leurs compétences et déjouer la mauvaise presse qui accable trop souvent l’Institut des arts et métiers.
Elèves et professeurs sont à Batibouw pour démontrer leurs compétences et déjouer la mauvaise presse qui accable trop souvent l’Institut des arts et métiers. - Bruno Dalimonte.

Dès que l’entretien avec Tatiana Vander Stock, responsable du stand Skills Demo, débute, son désir de nous montrer le travail accompli par son équipe nous frappe. La directrice de l’école des cours industriels située sur le campus des Arts et Métiers, à Bruxelles, est fière et ne s’en cache pas.

Installé à l’une des extrémités du salon, ledit stand ne profite pas de la meilleure visibilité, mais il est là et sa situation ne l’empêche pas d’attirer les curieux. Invitée par Batibouw, l’équipe a monté la structure de son emplacement seule. La collaboration a mené à des modules construits par les élèves, étudiants et professeurs. « On a essayé de trouver une forme d’unité, les modules ont presque tous la même structure. On a essayé de trouver des modules sur lesquels les jeunes comme les étudiants pouvaient travailler. Ensuite des professeurs ont fait la structure et ce sont les électriciens qui ont tout câblé. Tout a été réalisé par nous, sauf les plantes : on n’est pas horticulteurs (rires)  », nous précise-t-elle.

Enthousiasme et volontariat

Le choix des participants à l’événement s’est fait au sein des écoles en lien avec la construction sur la base de propositions de projets, d’enthousiasme et de volontariat. En les écoutant nous parler de leurs projets avec fierté, on croit en ces critères de sélection. S’ils sont là, élèves comme enseignants, c’est principalement pour démontrer leurs compétences professionnelles et déjouer la mauvaise presse qui accable trop souvent l’Institut des arts et métiers.

L’un des enseignants présents se confie sur ses méthodes de travail. « Professeurs et élèves partagent leurs connaissances, dit-il. On écoute beaucoup les élèves et leurs idées, on essaye d’avancer et de leur donner ce dont ils auront exactement besoin sur le terrain et ne pas être en déphasage par rapport à ce qu’ils y trouveront. Les professeurs sont des gens de terrain. On essaye toujours d’orienter nos formations et nos cours par rapport à la réalité. »

Pour être concret, c’est concret, notamment par la démonstration d’une installation complète en sanitaire et chauffage. Le professeur chargé d’encadrer cet atelier présente le processus. « Les étudiants sous la tutelle des professeurs ont réalisé l’installation, explique-t-il. Ici, on veut montrer le savoir-faire des étudiants. Ce savoir-faire est transmis par les professeurs, mais on essaye de rendre les choses réelles. On ne transforme pas l’étudiant en simple exécutant, on lui donne des instructions générales et on essaye de lui faire développer des savoir-faire face à une situation réelle. »

Il se pourrait d’ailleurs qu’un des projets présentés sur le salon en inspire d’autres. En effet, des étudiants et professeurs ont élaboré un mécanisme capable de simuler des pannes. Plusieurs sociétés se sont montrées intéressées par la machine pour son côté novateur et son degré de finition. « Le technique et le qualifiant ne sont pas des seconds choix, on fait du beau boulot, avance un professeur. Ce projet nous a demandé beaucoup d’énergie mais les élèves en voient la finalité car ils peuvent le montrer au public. En atelier, c’est différent, même s’ils travaillent très bien aussi… »

A quelques pas de là, alors que ses étudiants réalisent des tuiles de cuivre, l’enseignant en couverture nous parle de ce qui peut être un premier choix. « Il ne faut pas seulement se demander quel métier on veut faire, mais dans quel milieu on a envie de vivre sa vie, expose-t-il ainsi. Parce que quand on se lève le matin, on ne va pas travailler mais on va vivre son métier… »

 
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