Batibouw 2019: de nouvelles tendances pour l’habitat belge

Dans cet article
Récompensé d’un Belgian Building Award à Batibouw, le projet De Schilders à Gand est l’un des premiers à aménager l’habitat collectif verticalement.
Récompensé d’un Belgian Building Award à Batibouw, le projet De Schilders à Gand est l’un des premiers à aménager l’habitat collectif verticalement. - Filip Dujardin

Prix de l’immobilier et de l’énergie, éclatement des ménages, accroissement et vieillissement démographique, problèmes de mobilité… De nombreux éléments dans la société poussent aujourd’hui l’habitat belge à s’adapter et à prendre de nouvelles formes. Le cadre légal va aussi dans ce sens puisque la Flandre et la Wallonie ont décidé d’appliquer respectivement d’ici 2040 et 2050 un « Stop au béton » qui limitera drastiquement dans les prochaines années l’étalement urbain et la transformation d’espaces naturels en zones bâtissables. Les constructeurs devront donc se concentrer sur les terrains existants, réhabiliter d’anciens sites industriels ou encore démolir de vieux bâtiments pour les remplacer par de nouveaux plus hauts et avec des logements plus denses.

Ces évolutions sont déjà en marche chez plusieurs promoteurs même si la villa quatre façades reste encore le rêve de beaucoup de Belges. A Batibouw, les allées du Palais 8 réservé aux entreprises de construction et de rénovation restent en effet très imprégnées par les maisons classiques, même si quelques changements sont palpables dans l’offre proposée. Le Salon entend en effet s’intéresser au « New way of Living » (nouveau mode de vie), qu’il a sélectionné parmi ses thèmes cette année. Focus sur trois grandes tendances qui touchent aujourd’hui l’habitat.

1 Retour en ville Aujourd’hui, de plus en plus de citoyens souhaitent habiter à proximité de facilités, transports et autres services. Plutôt que de s’isoler à la campagne, ils préfèrent se tourner vers les villes ou leur périphérie, ou encore vers des communes plus petites mais qui peuvent offrir ce genre d’avantages. A Bruxelles, on observe par exemple que le centre-ville connaît un regain d’intérêt et un accroissement de population qu’il n’avait plus connu depuis plusieurs décennies.

Dans plusieurs communes, ce retour en ville est encouragé par des projets de réhabilitation de zones industrielles et friches qui transforment des endroits délaissés en nouveaux quartiers attractifs. On remarque aussi que les seniors font partie des acteurs de ce retour en ville : après le départ de leurs enfants, beaucoup d’entre eux quittent en effet leurs maisons de campagne devenues trop grandes pour se tourner vers des appartements à proximité de toutes les facilités.

2 Des surfaces réduites Aujourd’hui, les appartements ont de plus en plus de succès – y compris à la campagne – alors que les villas quatre façades ont laissé place aux maisons qui n’en comptent que deux ou trois. « Nous n’avons pas le choix que de présenter des biens 2 et 3 façades car nous devons respecter de nombreuses législations, des normes énergétiques et des restrictions en termes de densité de population qui nous sont imposées au niveau régional », explique Virginie Maury, manager ventes au sein de Thomas & Piron. L’aspect financier incite aussi à cette évolution, ainsi qu’à la réduction des superficies des biens. En Belgique, la taille moyenne des logements a ainsi diminué de près de 20 % entre 2001 et 2016, passant de 118 m2 à 97 m2. « Les nouvelles normes énergétiques sont de plus en plus poussées, elles coûtent cher et impactent inévitablement le portefeuille des clients. Mais aujourd’hui, on est conscient que le gaspillage énergétique a également un coût…  », complète Jean-Marc Bergamini, manager ventes chez le même promoteur. Cette réduction des superficies permet donc, dans une certaine mesure, de maintenir le logement abordable financièrement. Elle implique par contre de repenser plusieurs éléments de l’habitation comme la présence d’un garage, l’organisation des espaces ou encore la taille des chambres.

3 Un aspect communautaire Pour des raisons financières mais aussi pour ne pas être seules, de plus en plus de personnes optent pour un mode de vie communautaire. Alors que celui-ci était jusqu’à présent essentiellement adopté par les étudiants, il s’étend désormais à une population de plus en plus large comme les jeunes actifs ou les personnes âgées en quête d’une alternative aux maisons de repos. L’habitat communautaire prend aussi des formes de plus en plus variées comme le coliving qui mêle colocation et coworking, ou encore les habitations kangourou qui réunissent plusieurs générations sous un même toit. On observe aussi que de plus en plus de projets d’immeubles ou de quartiers intègrent des salles collectives (espace de jeu et de fête, etc.) ou mutualisent des zones plus fonctionnelles comme par exemple un jardin, une buanderie, un atelier…

Primé à Batibouw

Par Marie-Eve Rebts

Habitat groupé vertical

Dans leurs prix d’architecture « Belgian Building Awards », Batibouw et ses partenaires réservaient cette année une catégorie aux projets incarnant le « New way of Living ». La récompense a été attribuée au Couhousing De Schilders à Gand, qui a été conçu par le bureau Havana. Ce projet est l’un des premiers exemples d’habitat groupé vertical en Flandre : il intègre en effet huit habitations individuelles organisées en hauteur comme dans un immeuble classique. En plus de leur logement privé, les habitants partagent un jardin, une buanderie, une cuisine commune et plusieurs espaces de rangement et de vie rassemblés au rez-de-chaussée. Le projet se distingue aussi par sa qualité architecturale ou encore ses façades qui ont été réalisées à l’aide de briques de récupération.

Sur le même sujet
BatibouwPopulationBelgique
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. ©News

    Anderlecht: lettre aux aveugles selon l’évangile de Saint-Vincent

  2. d-20181122-3PU9H0 2018-11-22 20:26:06

    Benoît Lutgen: «Les commémorations, ça rappelle ce qui s’est passé dans les années 30, et ce qui se passe aujourd’hui»

  3. Les arrestations ne sont pas indicatrices du nombre de migrants en transit
: certains migrants ont pu être interpellés dix fois sur l’année, d’autres jamais.

    Le nombre d’arrestation de migrants en transit en hausse de 37% en 2018

La chronique
  • Champagne ou Kidibul?

    Chez Elio D., on se frotte les mains. Le fils prodige a jeté l’éponge. C’est pas demain la veille qu’on effacera des tablettes le joli nom du dernier premier ministre socialiste wallon. Le dernier et peut-être l’ultime comme le lui a promis Père Noël – dont les promesses n’engagent que ceux qui y croient.

    Chez Paul M., on débouche aussi le Kidibul. Pendant un mois de mission royale, le fiston a prouvé, à défaut de mettre sur pied un gouvernement, qu’il était désormais le seul chef rouge et même qu’il occupait tout l’espace francophone.

    Rue de Naples, avec l’arrivée du fils prodigue, on se prépare à tuer le veau gras. Grâce à lui, les Bleus ont retrouvé leurs couleurs. Président, informateur, tout s’emballe. Dans la foulée, il a déjà promis au roi de glisser sous son sapin, un gouvernement pesé, emballé (cadeau) et ficelé. Georges L.B. en sera à la fois le Premier, comme son papa Charles M., et le vice-Premier et ministre des Affaires étrangères, comme son oncle Didier....

    Lire la suite

  • Allez, allez, une seule issue à la crise fédérale: oser le schwung!

    On ne peut pas dire que les planètes sont bien alignées pour la petite Belgique. Cela fait un an que nous sommes sans gouvernement, six mois qu’on a voté, avec deux nouveaux informateurs qui tentent de trouver une sortie de crise – le Graal, on n’y croit plus – et le sondage que nous publiions ce week-end donnait pour la première fois de notre histoire une domination des partis nationalistes séparatistes dans le groupe linguistique néerlandophone qui pèse désormais près du tiers du Parlement fédéral.

    ...

    Lire la suite