Gilets jaunes: 39.300 manifestants et des heurts dans plusieurs régions de France (photos et vidéos)

Environ 39.300 gilets jaunes ont manifesté dans toute la France, dont 4.000 à Paris, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur fournis au terme du seizième samedi de mobilisation de ce mouvement social, marqué par quelques heurts en régions.

Pour cet acte 16, les gilets jaunes étaient moins nombreux que samedi dernier, où les autorités avaient dénombré 46.600 manifestants, dont 5.800 dans la capitale. Les chiffres officiels sont régulièrement contestés par les gilets jaunes.

Des Belges à Lille

À Paris, les manifestants ont entamé à la mi-journée dans le calme un parcours de 12 kilomètres, sous haute surveillance policière. Des gilets jaunes manifestaient aussi à Nice, Strasbourg, Lille, où quelques Belges se sont joints au cortège, ou Nantes, où des échauffourées ont éclaté peu après le départ de la manifestation et où la situation restait tendue dans l’après-midi.

Ils étaient plusieurs milliers à Bordeaux et Toulouse, deux places fortes de la contestation. Dans la première, la gare a été brièvement envahie et le rendez-vous a donné lieu à des heurts avec les forces de l’ordre dans la seconde métropole.

Échauffourées à Nantes

Des échauffourées et des dégradations à Nantes. Selon une source policière, 1.800 manifestants ont été dénombrés. Il y a eu quinze interpellations, essentiellement pour des jets de projectile et pour port d’armes, et trois ou quatre blessés légers chez les protestataires, d’après un bilan de la préfecture de Loire-Atlantique.

Dès le début de la manifestation vers 14 heures, les premières violences entre manifestants et forces de l’ordre ont éclaté.

« Il y a eu des jets de projectile contre les forces de l’ordre, preuve que ce n’est pas une manifestation qui a dégénéré mais bien le but de la manifestation », a indiqué la préfecture.

En milieu d’après-midi, la situation s’est tendue devant la préfecture, avec l’utilisation de canons à eau et de LBD (lanceurs de balles de défense), ont constaté des journalistes de l’AFP.

« Il y a eu beaucoup de dégradations, du mobilier, des abribus, une agence bancaire, une agence de voyage, un commerce », a détaillé la préfecture, qui évoque aussi le jet de cocktails Molotov. Toutefois, « les manifestants n’ont pas pu entrer comme ils le voulaient dans l’hyper-centre, le dispositif a été efficace », selon la même source.

Selon un photographe de l’AFP, des manifestants ont aussi lancé des bouteilles en plastique contenant de l’acide qui, associé à des boules d’aluminium, peut provoquer une explosion, sur des forces de l’ordre. Celles-ci ont répliqué par du gaz lacrymogène.

Depuis le début de la fronde des gilets jaunes, Nantes a souvent été le théâtre de violences et de dégradations.

Soucis à Lyon et Dijon

Ils étaient plus de 2.000 personnes à Lyon. Après de premiers échanges de projectiles entre militants radicaux et forces de l’ordre, la situation s’est tendue aux abords de la place Bellecour, en plein centre-ville, quand des manifestants ont tenté de forcer un barrage de gendarmes mobiles à l’entrée d’une artère commerçante.

Des tirs de gaz lacrymogènes ont dispersé la foule dont une partie est ensuite partie défiler sur les quais du Rhône en direction de l’autoroute A7, comme lors des dernières manifestations, alors que le parcours devait en principe s’achever à Bellecour.

De nouveaux affrontements ont eu lieu avec les forces de l’ordre dans le 7e arrondissement, où la dispersion du cortège à coups de gaz lacrymogènes touchait à sa fin vers 19 heures.

D’autres manifestations de gilets jaunes ont eu lieu dans la région, qui ont réuni notamment 800 personnes à Dijon – avec des échauffourées également et trois interpellations – et 500 à Clermont-Ferrand, selon la police.

Des heurts dans le Gard

Des heurts ont éclaté en fin de manifestation samedi après-midi dans le centre d’Alès (Gard), où les gilets jaunes avaient appelé à un défilé régional, entre des centaines de manifestants et les forces de l’ordre.

Aux jets de projectiles divers depuis les rangs des manifestants, les forces de l’ordre ont notamment répondu par des tirs de gaz lacrymogène de longue portée, qui ne faisaient pas cesser les chants hostiles à Emmanuel Macron. « En Algérie, en France comme partout, le capitalisme tue », pouvait-on lire sur une grande banderole tenue face aux forces de l’ordre.

À Montpellier, la manifestation des gilets jaunes a réuni environ 1.000 personnes selon la préfecture, au moins 2.000 selon les organisateurs, et plusieurs centaines de personnes ont également défilé dans les rues du centre de Marseille.

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous