Sotheby’s disperse la collection de deux anciens galeristes

Lot 208. « Red light », un triptyque de Mariko Mori estimé entre 12.000 et 18.000 euros et à vendre sans prix de réserve.
Lot 208. « Red light », un triptyque de Mariko Mori estimé entre 12.000 et 18.000 euros et à vendre sans prix de réserve. - DR

Outre les expositions en galerie d’artistes issus des mouvements du Nouveau Réalisme et de la Figuration narrative, le couple Nahon est resté célèbre pour un inénarrable reportage diffusé sur Arte en 1996 intitulé « Un marchand, des artistes et des collectionneurs ». L’attitude peu respectueuse des galeristes par rapport à certains de leurs artistes et l’appât du gain manifesté à cette occasion avaient choqué, scandalisé et surtout ridiculisé les protagonistes. Le couple était présenté sous un très vilain jour, à un moment où le marché de l’art contemporain n’était pas encore revenu à la fête. Une caricature jouissive pour tout qui soupçonnait ces gens d’être des marchands de tapis !

Plus de vingt ans se sont écoulés et ce n’est pas Sotheby’s qui va bouder son plaisir de pouvoir disperser nombre d’œuvres de la collection Nahon. L’antenne parisienne de la maison de ventes a d’ailleurs prévu une vente en deux temps : une vacation en soirée et une autre en journée, sans oublier une vente « online » comme cela devient l’habitude pour les pièces moins rentables…

Lot 3. Cette Opel Kadett compressée par César en 1978 est proposée à la vente entre 250.000 et 350.000 euros.
Lot 3. Cette Opel Kadett compressée par César en 1978 est proposée à la vente entre 250.000 et 350.000 euros. - D.R.

En soirée

Trente-sept lots seront proposés le 19 mars prochain à partir de 19 heures à la Galerie Charpentier, le siège parisien de Sotheby’s. La soirée commencera par la mise en vente (estimation de 300.000 à 500.000 euros) d’un triptyque exécuté par Robert Rauschenberg en 1988, une œuvre acquise de la galerie Knoedler de New York.

Également achetée à une galerie new-yorkaise, en l’occurrence la galerie Sonnabend, un grand miroir en forme de tête de Donkey par Jeff Koons est quant à lui prisé entre 250.000 et 300.000 euros. Même estimation pour une voiture, une Opel Kadett, compressée par César en 1978. Le sculpteur français est d’ailleurs bien représenté au catalogue de la vente par plusieurs créations.

Lot 10. « Melibée » par Francis Picabia est l’œuvre la plus chèrement estimée de la vente, soit entre 2,5 et 3,5 millions d’euros.
Lot 10. « Melibée » par Francis Picabia est l’œuvre la plus chèrement estimée de la vente, soit entre 2,5 et 3,5 millions d’euros. - D.R.

Comme ces quelques exemples le montrent, les goûts des Nahon vont un peu dans tous les sens. Si l’on fait abstraction des années 1980 qui furent leurs années de gloire, ce sont les années 1960 qui sont les mieux représentées. Outre les œuvres d’artistes moins recherchés comme le Français Alain Jacquet, dont deux belles pièces sont proposées, l’on retiendra l’un des dix exemplaires existant du Portrait relief de Claude Pascal (PR 3) par Yves Klein, dont Sotheby’s espère entre 300.000 et 500.000 euros, ainsi que ces Studies of Jackie, une acrylique sur papier marouflée sur toile d’Andy Warhol attendue entre 1 et 1,5 million d’euros.

Le clou de la soirée devrait cependant être la vente de Melibée, une grande toile exécutée par Francis Picabia vers 1931 et valorisée entre 2,5 et 3,5 millions d’euros.

Lot 5. « Studies of Jackie
» par Andy Warhol est attendue entre 1 et 1,5 million d’euros.
Lot 5. « Studies of Jackie » par Andy Warhol est attendue entre 1 et 1,5 million d’euros. - D.R.

En journée

Pas moins de 155 lots sont au programme de la journée du 20 mars ! Le pire côtoie le meilleur et le kitsch est plus d’une fois au rendez-vous… Du mobilier très commun voisine avec des « collections » de livres en passant par des tapis. Bref, tout cela ferait un peu « vide-greniers » s’il n’y avait pas quelques œuvres pour relever le niveau.

Mais il faut être de bon compte : si les estimations paraissent souvent forcées, de très nombreuses œuvres sont mises à prix sans réserve. Ainsi Red light, un triptyque de Mariko Mori, éphémère artiste des années 1990, mais présentée à l’époque comme une gloire en puissance, est estimé entre 12.000 et 18.000 euros. Les Nahon l’avaient payé l’équivalent de 97.390 euros chez Phillips de Pury & Company à New York en 2004 ! Cela étant, en fouillant bien, il est certainement possible de trouver quelque chose à se mettre sous la dent…

 
 
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