Oxfam dénonce la probable sortie de 9 paradis fiscaux de la liste grise de l'UE

Oxfam dénonce la probable sortie de 9 paradis fiscaux de la liste grise de l'UE

Neuf paradis fiscaux notoires devraient sortir de la liste "grise" élaborée par l'Union européenne, prédit jeudi Oxfam en prélude à une réunion des ministres des Finances européens, le 12 mars prochain, à Bruxelles.

> Mercato en vue dans les listes européennes des paradis fiscaux

Les Bahamas, les Bermudes, Guernesey, Hong Kong, l'île de Man, les îles Caïman, les îles Vierges britanniques, Jersey et le Panama seraient dès lors "tirés d'affaire", déplore l'ONG dans un rapport.

La liste "noire" des paradis fiscaux, publiée en décembre 2017, comprend aujourd'hui cinq états insulaires (Guam, les Îles Vierges des États-Unis, Trinité-et-Tobago, Samoa et les Samoa américaines), tandis que la liste "grise" compte 63 autres pays et territoires.

"Ces derniers s'étaient engagés à prendre des mesures pour améliorer leurs pratiques fiscales d'ici à ce que ces listes soient révisées", la semaine prochaine en l'occurrence, souligne Oxfam. "Certains de ces paradis fiscaux notoires ont pourtant été au centre des scandales récemment mis en lumière par les affaires des Paradise Papers et des Panama Papers", s'étonne Oxfam.

> Les sociétés belges ont envoyé 129 milliards dans des paradis fiscaux en 2016

Le rapport note également que l'UE ajoutera probablement 18 pays à la liste noire la semaine prochaine, une estimation qui ressort d'une analyse de toutes les réformes qui ont été effectuées par ces pays jusqu'à présent. Ils y seraient ajoutés parce qu'ils n'ont pas pris assez de mesures pour remplir les conditions nécessaires. "Il est frappant toutefois de voir que des pays comme les États-Unis et la Suisse n'en feront pas partie", ainsi que cinq pays européens: Chypre, l'Irlande, le Luxembourg, Malte et les Pays-Bas.

Le document épingle en outre l'usage des déductions pour revenus d'innovation, en Belgique notamment. Une pratique fiscale qui avait déjà été dénoncée par la Commission européenne en mars dernier. "La Belgique reste un paradis fiscal pour certaines multinationales et fait trop peu pour lutter contre l'évasion fiscale. Par exemple, grâce au mécanisme de déduction pour revenus d'innovation, les grandes entreprises pharmaceutiques peuvent réduire considérablement les impôts qu'elles payent en Belgique, jusqu'à moins de 5% (alors que le taux habituel est de 29,58%). Nous appelons le gouvernement belge à y mettre fin", explique Johan Langerock, auteur du rapport et expert en politique fiscale chez Oxfam.

 
 
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