Quitter Bruxelles: partir quand flambe le prix du logement

© Bruno D’Alimonte | Le Soir
© Bruno D’Alimonte | Le Soir

Depuis plus d’une décennie, le mouvement est immuable. Bon an mal an, le « solde migratoire interne » à Bruxelles affiche un déficit d’environ 15.000 habitants. En clair : si l’on ne considère que les flux internes à la Belgique, la capitale perd plus d’habitants qu’elle n’en gagne. Si sa population augmente, c’est grâce au dynamisme démographique et surtout à l’immigration internationale. Ces mouvements de flux et de reflux sont naturels. Une ville, ça respire. C’est ce qui fait sa richesse : le renouvellement, la diversité, la rencontre des cultures, des âges, des profils…

Si ceux qui quittent Bruxelles évoquent de nombreux motifs, notre enquête montre que la disponibilité d’un logement abordable est la plupart du temps à la base de leur décision. C’est pareil dans d’autres villes du pays : Liège, Anvers, Gand, Louvain… Plus le prix de l’immobilier est élevé, plus important est l’exode urbain. Cela concerne particulièrement les classes moyennes, les jeunes familles avec enfants notamment, dont les logements de prédilection ne cessent de renchérir. Une personne qui quitte Bruxelles sur deux appartient à la classe moyenne. Un sur trois aux classes les moins favorisées. Or, si la diversité est vitale à toute ville, les ménages à revenus moyens y occupent une place centrale. Ils contribuent fortement à la vie sociale, économique, commerciale et culturelle. Leur nombre en fait par ailleurs une précieuse « base taxable ». L’effritement progressif de celle-ci est un défi de taille pour les finances régionales et communales, même s’il reste difficile à chiffrer.

L’exode urbain n’est pas qu’un enjeu bruxellois. L’installation d’un nombre croissant de nouveaux habitants dans la périphérie de la capitale et au-delà pose d’autres problèmes. L’urbanisation de ce qui reste de la campagne se poursuit. Profitant parfois d’une voiture de société, de nombreux ménages exilés continuent à venir travailler à Bruxelles en voiture, contribuant à la congestion et à la pollution.

Logement, qualité de vie en ville, finances, maîtrise de l’étalement urbain, autant de défis pour les partis qui, prochainement, dirigeront les nouveaux gouvernements de notre pays.

Ce samedi, dans votre journal «Le Soir» papier ou en version numérique, découvrez notre supplément sur l’exode urbain, réalisé en partenariat avec l’Ihecs. On y évoque les raisons qui poussent les gens à déserter la capitale, les conséquences sur les finances communales, les difficultés d’intégration dans les communes de la périphérie bruxelloise, l’eldorado louviérois, les communes du Brabant wallon qui arrivent à saturation et les maisons quatre façades, qui restent un «must» pour beaucoup de Belges.

Poursuivez votre lecture sur ce(s) sujet(s) :Démographie|Bruxelles (Bruxelles-Capitale)
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