La Tefaf Maastricht se réinvente

Quelques jours avant la date officielle du début du printemps, la Tefaf (The European Fine Art Fair) de Maastricht nous revient comme chaque année. Dès ce samedi 16 mars, et jusqu’au dimanche 24, cette foire d’intérêt mondial va attirer des dizaines de milliers de visiteurs. Et pour cause, 279 marchands y participent et viennent avec leurs œuvres d’art les plus prestigieuses pour essayer de séduire les collectionneurs et amateurs d’art, principalement européens. En effet, pour les Américains, la Tefaf a créé deux salons à New York, l’un en octobre dédié plutôt à l’art du passé, l’autre en mai, principalement consacré à l’art des XXe et XXIe siècle.

Concurrence oblige, la Tefaf se doit de s’améliorer chaque année et de recruter les marchands qui correspondent au mieux aux attentes de la clientèle. Cette année, le grand ménage a été fait au niveau de l’art du XXe siècle et de l’art contemporain. Lorsque l’on sait que tout candidat participant à la foire est placé sur liste d’attente pendant des années, l’on mesure le coup de balai qui fait entrer d’un coup 40 nouveaux exposants, tout en en congédiant autant. Dura lex, sed lex ! Mais l’organisation ne prend pas beaucoup de risques en accueillant des poids lourds de l’art contemporain en lieu et place de galeries néerlandaises de seconde zone.

Cela étant, même en admettant des galeries qui ont leurs entrées à ArtBasel chaque année, il reste encore des stands indignes d’un tel rendez-vous. Encore que ceux-ci sont de plus en plus dilués parmi les grands marchands qui font l’effort d’amener à Maastricht des œuvres de qualité et qui contribuent à faire de cette petite ville le centre du marché de l’art pendant une dizaine de jours.

Cette « Colombe blanche » peinte en 1925 par Max Ernst est proposée par la Galerie de la Béraudière.
Cette « Colombe blanche » peinte en 1925 par Max Ernst est proposée par la Galerie de la Béraudière. - DR

Diversité

La Tefaf Maastricht est célèbre pour son importante section d’art ancien, inégalée au niveau mondial. Une particularité qui, malheureusement, intéresse moins d’acheteurs que lors de sa création en 1988. Elle offre néanmoins un spectre de spécialités à un niveau de qualité avec lequel seules Frieze Masters ou encore, dans une moindre mesure, Masterpiece, toutes deux à Londres, peuvent tenter de rivaliser.

Autre nouveauté cette année, les sections Tefaf Design et Tefaf Tribal fusionnent pour prendre plus d’ampleur. Le salon propose également de l’orfèvrerie, des céramiques anciennes (mais également contemporaines), de la joaillerie, des estampes, du mobilier, des verreries, des tableaux de maîtres modernes, des dessins de toutes les époques, des œuvres d’art des civilisations antiques, des armes anciennes, des sculptures du Moyen Âge à nos jours, bref tout ce que l’on peut imaginer en termes d’objets d’art de collection.

« Le Christ moqué » par Lucas Cranach l’Ancien, à voir sur le stand de la Galerie De Jonckheere.
« Le Christ moqué » par Lucas Cranach l’Ancien, à voir sur le stand de la Galerie De Jonckheere. - DR

Haut de gamme

Les prix sont bien entendu au minimum à la hauteur de la qualité des biens proposés, et parfois très excessifs (mais il n’est pas interdit de négocier !), tout comme le ticket d’entrée individuel, qui est de 40 euros par adulte (non négociable, mais il existe des réductions !). Quoi qu’il en soit, le prix en vaut la chandelle, tant il est exceptionnel d’accéder à un jet de pierre de nos frontières à autant de pièces rares. Quant aux visiteurs les plus gâtés, ils pourront faire leurs emplettes les deux jours précédant l’ouverture.

Pour rassurer tout le monde, la foire est précédée d’un « vetting », soit un examen de chaque pièce proposée par un comité d’experts ad hoc. Nouveauté cette année, les experts marchands en sont exclus pour éviter tout conflit d’intérêts. Une décision qui a surpris parce que l’organisation se passe ainsi de l’expérience des professionnels de terrain, ce qui a valu à certains conservateurs de musées de refuser d’y participer, jugeant que la connaissance empirique est complémentaire de la connaissance scientifique. Bref, la Tefaf Maastricht se réinvente en espérant rester la première foire généraliste d’art au monde.

Renseignements : www.tefaf.com

 
 
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