Grève tournante «surprise» des contrôleurs aériens

Grève tournante «surprise» des contrôleurs aériens

Surprise, incompréhension et écœurement ! La grève « surprise » sera tournante, par phase de deux heures par aéroport durant la nuit de mardi à mercredi. Selon nos informations, elle devait toucher Bruxelles de 22 h à minuit, Ostende de minuit à 2 h, Liège de 2 h à 4 h (activité cargo) et Charleroi de 6 h à 8 h (nombreux départs). Le ciel belge sera totalement fermé, pour les survols, de 4 h à 6 h du matin.

Ces mesures décidées par les contrôleurs aériens de Skeyes (ex-Belgocontrol) mettent Luc Partoune, le patron de l’aéroport de Liège en colère : « On est les otages d’actions sauvages de la part des contrôleurs aériens et ce n’est pas la première fois. J’en ai marre de ces mouvements qui détruisent la réputation de ce qu’on a construit pendant des années par des gens qui nous donnent un coup de poignard dans le dos sans oser venir nous l’expliquer en face et sans nous avertir ni nous expliquer leur décision. Les victimes ne sont pas ceux contre qui leur action est dirigée mais des compagnies étrangères qui ont fait confiance à ce qu’on leur proposait en Belgique et des passagers qui n’y sont pour rien. Ils usent et abusent de leur monopole. »

L’action est couverte par un préavis de grève déposé il y a un mois par la CSC-Transcom et un autre déposé lundi par le syndicat libéral, selon Belga. Les syndicats entendent souligner que la charge de travail imposée aux contrôleurs est trop importante pour garantir la sécurité du trafic aérien. Ils regrettent notamment des problèmes de gestion pour les interruptions de carrière et ils s’interrogent sur l’objectif du nouveau centre de formation ouvert à Bruxelles depuis quelques mois. Des revendications qui ne sont pas neuves. La direction de Skeyes souligne son « incompréhension complète alors que des négociations sont en cours. Une réunion a eu lieu lundi, une autre est programmée lundi prochain. Nous y examinons un cahier de revendications en 25 points. De plus, une commission paritaire, dans laquelle on prévoit des recrutements supplémentaires et directs pour les services de survol, la gestion des horaires des contrôleurs et la mise en place d’un service minimum sur le même principe que celui de la SNCB, est programmée le vendredi 22 mars ».

C’est justement à la sortie de la réunion de lundi que les syndicats ont décidé de passer à l’action, déçus de la manière dont leurs 25 revendications avaient été abordées. Les syndicats estiment manquer de respect. Mais on peut également supposer que la mise en place d’un service minimum fait partie de leurs points d’achoppement fondamentaux. « A l’inverse, réplique-t-on chez Skeyes, c’est ce type d’actions qui illustre parfaitement sa nécessité. »

Selon Belga, après l’action, le personnel de Skeyes donnera une semaine à la direction de l’entreprise publique autonome chargée du contrôle aérien jusqu’à la prochaine réunion prévue lundi prochain. « Si cela ne donne rien, alors d’autres actions suivront. »

Poursuivez votre lecture sur ce(s) sujet(s) :Grève|Transport aérien|Bruxelles (Bruxelles-Capitale)|Belgique
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