Agent immobilier, profession idéale pour une reconversion

Frédéric Alexis fait partie de ces nopmbreuses personnes qui sont devenues agent immobilier sur le tard. Autour du cou, le signe de We Invest pour lequel il travaille.
Frédéric Alexis fait partie de ces nopmbreuses personnes qui sont devenues agent immobilier sur le tard. Autour du cou, le signe de We Invest pour lequel il travaille. - D.R.

La profession d’agent immobilier est devenue ces dernières années fort convoitée, à tel point que beaucoup n’hésitent plus à reprendre des études pour décrocher le fameux sésame de l’Institut professionnel des agents immobiliers (IPI). On peut dès lors se demander si elle ne constitue pas un refuge pour ceux qui échouent dans la voie qu’ils s’étaient tracée dans une autre vie. Et puisqu’on ne parle bien que de ce que l’on connaît, nous allons aborder cette épineuse question à travers le prisme du témoignage de Frédéric Alexis, devenu agent immobilier sur le tard.

L’IPI ne dispose pas de chiffres précis quant à ces transfuges mais bien quant aux études faites par les agents immobiliers qui y sont inscrits. En 2017, ils sont 28 % à avoir une formation de chef d’entreprise et le même pourcentage à avoir un bachelier (7 % construction, 18 % gestion, 29 % immobilier et 46 % autres).

Facilité d’accès

S’ils sont si nombreux, cela s’explique notamment par une certaine facilité dans l’accès à la profession. « Les opportunités existent mais avec un statut d’indépendant à la clé, ce qui peut faire peur à pas mal de gens. C’est pour moi le plus gros frein à la reconversion. Mais du jour au lendemain si vous avez un BAC+3, vous pouvez devenir stagiaire à l’IPI », explique Frédéric Alexis

Difficile par contre de trouver un maître de stage si l’on ne dispose d’aucune expérience dans l’immobilier. A savoir que la procédure pour être agent immobilier est accessible à partir des documents suivants : « Un diplôme de l’enseignement supérieur d’un niveau minimal de bachelier (3 ans, soit de niveau 6 minimum dans le Cadre européen des Certifications, l’EQF), un certificat équivalent délivré par un jury d’État ou de communauté, un diplôme de formation de chef d’entreprise correspondant à la profession d’agent immobilier ou un titre de formation provenant d’un autre État membre donnant accès dans ce pays à la profession d’agent immobilier ou permettant d’y exercer cette activité. »

Après s’être lancé dans une formation d’ingénieur agronome, Frédéric Alexis s’est tourné vers un poste de délégué médical pendant une petite dizaine d’années. À la suite de quoi il a travaillé en tant que responsable du développement dans une agence de communication à Luxembourg où il était responsable du portefeuille de clients pour ce qui était de la prospection, de la vente et des rendez-vous clients. Un licenciement économique plus tard, il se retrouve au chômage.

C’est alors que s’offre à lui l’occasion de dépanner un de ses amis à la tête d’une agence immobilière où il débutera en tant qu’assistant administratif et commercial. A 34 ans, il découvre alors un milieu qui lui était jusque-là inconnu et dans lequel il n’avait alors jamais envisagé de travailler.

Quelque temps plus tard, il se retrouve à la tête d’une antenne de l’agence ouverte par celui qui l’avait invité à faire ses premiers pas dans l’immobilier. Voulant s’installer dans cette nouvelle fonction, Frédéric Alexis décide alors de se former.

Son diplôme n’étant pas reconnu par l’IPI pour prétendre directement au stage, il prend l’initiative de suivre des cours du soir à raison de 4 heures, deux fois par semaine et ce pendant trois ans. « J’ai fini mon stage IPI fin de l’année passée, explique-t-il. L’évolution au sein de l’agence où j’étais, l’organisation et la manière de travailler ne me convenaient plus. J’ai doucement commencé à réfléchir à la suite. J’aurais pu aller dans une autre agence classique mais je me suis dit que quitte à changer, autant le faire pour autre chose et pousser la reconversion le plus loin possible. C’est-à-dire se lancer quasi seul, à mon compte. Même s’il faut bien reconnaître qu’à l’heure actuelle, se lancer seul en partant de zéro, c’est un peu de la folie… »

C’est alors que We Invest s’impose à lui comme une solution. « Le modèle que We Invest pouvait proposer correspondait à ce que je pouvais mettre en place pour me lancer et être quasi à mon compte. Avec un réseau, des outils et l’appartenance à un groupe, à un modèle. Je ne travaille pas pour l’agence We Invest, je travaille avec eux. C’est davantage eux qui travaillent pour moi que moi qui travaille pour eux. J’y suis maintenant depuis trois mois. Leur vision correspond à celle que j’ai de l’agent immobilier aujourd’hui. »

Dans sa nouvelle activité, ses expériences professionnelles passées sont loin d’avoir été vaines. « J’ai eu des dizaines de formations de vente, donc tout ce qui est technique de vente, prospection, gestion de territoire, autonomie, je l’avais déjà acquis, dit-il. Quelque part, ce qui a changé, c’est la taille des boîtes que je vendais (rires). Après je pense que les trois ans de cours servent à avoir un bagage de base. Je ne regrette pas du tout d’être passé par ces trois années de formation, c’est un investissement. »

Bien qu’il ne regrette pas cette reconversion professionnelle, Frédéric Alexis insiste sur les sacrifices nécessaires à ce type de projet lorsque l’on est installé. « Il y a des sacrifices et des risques que l’on est prêt à prendre, conclut-il. En plus du sacrifice de temps, la rentrée financière n’est pas énorme au début. Quelque part, c’est surtout là que réside la difficulté de la reconversion pour des gens qui sont déjà installés, qui ont une famille. Si vous n’avez pas les reins solides ou un partenaire qui peut en tout cas dans un premier temps absorber le manque à gagner, c’est très compliqué. On sait ce qu’on perd, on ne sait pas forcément ce qu’on gagne. Mais après six ans dans cette nouvelle voie, je ne regrette pas le changement. »

 
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