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Le contrôle technique immobilier est né

Une start-up wallonne propose d’objectiver davantage les ventes immobilières. Elle examine ainsi l’état technique des maisons et appartements sur 80 points. L’ImmoPass s’adresse aux acheteurs, aux vendeurs et aux copropriétés.

Temps de lecture: 4 min

Les idées naissent parfois des mauvaises expériences. Il y a quelque temps, un jeune trentenaire, Pierre-Louis Firre, cherche un bien à acheter. Il tombe sur un appartement à aménager au sein d’une ferme. La précaution est prise de vérifier l’affectation à la commune. Et là, surprise : « Du logement n’était pas accepté à cet endroit, se souvient-il. Or, le propriétaire et l’agence ne m’avaient rien dit ! J’ai failli être trompé. Et pourtant, je suis ingénieur civil des constructions. Des candidats avec moins de connaissances que moi pouvaient risquer bien davantage. C’est pour les aider que j’ai décidé de créer l’ImmoPass… »

ImmoPass ? Il s’agit d’une sorte de contrôle technique global des bâtiments. Cette inspection peut s’appliquer à une maison, un appartement ou à un immeuble. « On achète bien une voiture d’occasion avec un CarPass, argumente l’entrepreneur. Alors pourquoi ne pas systématiser la vente d’une bien immobilier avec un document de contrôle et d’identification similaire ? Quelque chose qui puisse apporter de la rationalité dans la transaction. Quelque chose qui soit plus sérieux qu’une simple visite en compagnie d’un ami ou d’un parent. Vu les sommes en jeu, cela semble logique. »

En octobre 2018, il monte donc une société en compagnie d’un cadre venu du secteur bancaire, Marc Guilmot. Ils s’installent sur le zoning de Gosselies. Une méthode d’analyse des bâtiments est arrêtée. Un site internet est mis en ligne. En janvier, les opérations commencent vraiment. La Wallonie et Bruxelles sont visés dans un premier temps.

Comment ça marche ?

Concrètement, les inspections sont réalisées soit par le cofondateur, soit par des architectes indépendants. Ceux-ci doivent avoir passé au préalable un « examen de compétences » afin de s’assurer qu’ils travaillent aux normes du label. L’examen sur place dure entre 1 h 30 pour un appartement à 3 heures pour une demeure.

Pas moins de 80 points sont passées en revue : enveloppe externe (murs, toits, châssis, etc.), pièces intérieures, pathologies éventuelles (humidité, mérule, amiante, etc.), abords, équipements techniques (chauffage, égouts, etc.). Les certifications obligatoires (PEB, électricité, cuve à mazout, etc.) sont également recherchées de même que les prescriptions urbanistiques.

Les résultats sont présentés dans un rapport qui, dans le cas d’une vente, peut être rédigé dans les 24 heures. Celui-ci prend la forme d’un listing de tous éléments analysés. A chaque fois, il est indiqué s’ils satisfont ou s’ils constituent un problème mineur, ou s’ils posent un problème grave. L’ensemble fait une vingtaine de pages avec photos, certificats et données d’urbanisme.

Trois usages différents

L’ImmoPass s’adresse d’abord aux acheteurs. « Aujourd’hui, nous les ciblons davantage, poursuit Pierre-Louis Firre. Pour eux, le bénéfice est d’être rassurés avant un achat. Pour nous, cela réclame d’agir le plus vite possible car lors d’une vente, le temps manque souvent. Surtout si plusieurs candidats sont en lice. A défaut, ce que nous conseillons, c’est de remettre une offre avec une clause suspensive comparable à celle de l’obtention d’un crédit. On peut par exemple la rédiger comme suit : “ sous réserve d’une certification ImmoPass positive”. »

La démarche est aussi valable pour les vendeurs même si la réponse de ce côté du marché est actuellement moindre qu’espérée. « Pour un vendeur, un ImmoPass permet de conclure plus rapidement la vente et/ou d’obtenir un meilleur prix. C’est en effet un gage de qualité qui est donné aux candidats acquéreurs. Si l’ImmoPass identifie des problèmes à la maison, c’est également intéressant : le propriétaire peut procéder aux réparations avant la mise en vente. Et s’éviter ainsi des contestations par la suite. »

Une inspection est encore proposée aux copropriétés qui, par exemple, souhaitent réaliser un audit et connaître les travaux à entreprendre dans les prochaines années. Ici, l’intervention se fait en dehors de tout processus de vente. L’intérêt du marché semble assez prometteur à ce niveau.

Au bout du compte, l’ambition de la start-up est d’imposer son ImmoPass comme un standard. Pour ce faire, elle tente actuellement de se faire connaître par un maximum de professionnels de l’immobilier : agences, architectes, notaires et même banquiers. L’enjeu ? « Si une reconnaissance arrive, cela pourra pousser le nombre de demandes à la hausse et avoir un effet d’entraînement. »

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