L’habitat écologique et énergétiquement performant

Dans cet article
Adelin Leclef et Vincent Mestdagh croient dur comme fer en leur Wald-Cube qui vise, à terme, l’autonomie énergétique.
Adelin Leclef et Vincent Mestdagh croient dur comme fer en leur Wald-Cube qui vise, à terme, l’autonomie énergétique. - D.R.

Il fait moins un degré et demi dehors et un léger manteau blanc recouvre encore la campagne hesbignonne. C’est là, dans le petit village de Cras-Avernas, dans la commune de Hannut, que se situe l’Abarolodge. Un gîte de 44 m² dont l’aspect extérieur n’a rien à envier à l’architecture des maisons modernes.

Adelin Leclef et Vincent Mestdagh.
Adelin Leclef et Vincent Mestdagh. - D.R.

Le volume, composé de trois modules, est résolument contemporain avec son bardage de bois, sa toiture plate, ses châssis noirs et, surtout, sa grande baie vitrée donnant sur une terrasse de 25 m² orientée plein sud. « L’ouverture vers le soleil a son importance, explique Adelin Leclef, l’architecte qui a dessiné cet habitat d’un nouveau genre. Elle amène non seulement la lumière, mais aussi la chaleur. »

Un point essentiel puisque le Wald-Cube vise à terme l’autonomie. « Nous n’y sommes pas encore, reconnaît notre hôte. Mais nous sommes proches des valeurs passives en termes de consommation de chauffage puisque l’on se situe en dessous des 15 kwh/m² par an. »

Et pour comprendre comment ces indices sont rendus possibles, il faut examiner de plus près l’intérieur des murs composant ce nouveau concept de construction. « Il repose sur la paroi Altar que j’ai mise au point il y a dix ans, explique Adelin Leclef. C’est une ossature en bois provenant des Ardennes remplie de paille produite par une dizaine d’agriculteurs de la région. »

Une dimension locale loin d’être anodine puisque c’est l’essence même de la coopérative « Nous privilégions les circuits courts pour nos matériaux et nous assurons de l’emploi non délocalisable à huit personnes, dont trois notamment grâce à notre atelier situé à Geer où les préfabriqués sont réalisés, précise Vincent Mestdagh, cofondateur d’EcoLodge. Nous souhaitons remettre l’humain au cœur du projet et démocratiser l’accès au logement écologique et, attention, pas juste d’un point de vue financier. »

L’atout de ce logement durable est qu’il est personnalisable à souhait. « On achète une boîte et on en fait ce qu’on veut », explique à ce propos Adelin Leclef. Le gros œuvre est livré fini et isolé, ce qui le rend directement opérationnel. « Il nous faut six semaines pour le construire en atelier, puis une journée ou deux pour l’installer, précise Vincent Mestdagh. La finition intérieure standard est en OSB poncé sans formaldéhyde ajouté. Après, les gens font ce qu’ils veulent. Soit ils l’aménagent eux-mêmes, soit on leur propose les services de nos partenaires locaux. »

Comprenez donc que les techniques (électricité, sanitaires, chauffage, ventilation) et mobiliers sont en supplément. Autre avantage, il peut s’implanter sur n’importe quel terrain. « On possède vraiment une flexibilité par rapport aux méthodes traditionnelles car notre cube est posé sur des pieux », explique Vincent Mestdagh. « Ce n’est pas rien, renchérit Adelin Leclef, car cela nous permet de pouvoir le placer que le sol soit gelé ou humide. Avec ce système, on peut aussi, par exemple, construire en zone inondable car les pieux peuvent être relevés. Idem sur un terrain pentu ou même accidenté, on apprivoise la nature. »

Depuis sa commercialisation en 2018, la démarche séduit car le public visé par les Wald-Cube est varié. Ils peuvent ainsi être destinés aux personnes célibataires, jeunes couples, familles monoparentales, seniors mais également servir de logements sociaux, logements d’urgence, logements pour réfugiés et hébergements touristiques à l’image de l’Abarolodge. « La demande est là, se réjouissent les concepteurs. Nous avons déposé des permis pour vingt-deux unités à la frontière française pour du logement seconde résidence, deux permis pour six logements en habitat groupé à Andenne et à Hannut. Une école technique à Ciney nous a également demandé un atelier pratique. »

On soulignera toutefois qu’avant de se lancer dans l’aventure, il faut impérativement posséder un terrain, surtout si on est un particulier. « On a eu de nombreux appels mais, sans cette donnée, il nous est difficile de réaliser quoi que ce soit, explique Vincent Mestdagh. C’est pourquoi j’en profite pour lancer un appel aux promoteurs immobiliers en développement d’éco-quartiers. Nous sommes conscients des défis que traverse notre société et on veut être une réponse face aux urgences environnementales, démographiques et économiques. »

Un message entendu par la ministre wallonne du Logement, Valérie De Bue, qui s’est montrée séduite par le concept lors de sa visite le 19 janvier dernier. « Son passage nous a surtout permis de sensibiliser les services d’urbanisme à ce type de logement qui peut être différent car certaines communes ne sont pas encore prêtes à s’engager dans des projets plus écologiques ou ne le comprennent pas très bien. Ce pourquoi on doit les faire connaître », conclut Adelin Leclef.

Intéressé(e) par l’acquisition d’un Wald-Cube ? Il vous en coûtera entre 800 et 950 euros brut du m².

Au cœur de la nature

Par Audrey Degrange

Lumineux, confortable et cosy, c’est la sensation ressentie dès que le pas de la baie vitrée est franchi. L’Abarolodge est un gîte 4 saisons entièrement équipé, d’une capacité maximale de 6 personnes. Au rez-de-chaussée, on trouvera le salon, une cuisine moderne ainsi qu’une douche et un WC design. A l’étage, deux chambres : une avec un lit double et l’autre avec deux lits superposés. Les rangements sont nombreux, toujours utiles lorsqu’on est accompagné d’enfants. Le plus ? Assurément les grandes fenêtres donnant vers la campagne qui donnent cette sensation de dormir dans une cabane et de retrouver des souvenirs de l’enfance.

Ce Wald-Cube tout confort est à la location pour une nuit, un week-end ou plus selon vos affinités. Enfin, pour les plus curieux, sachez que les habitants de Cras-Avernas s’appellent les « Abaronnais ». Et la boucle est bouclée…

Tiny house: le petit qui ne demande qu’à devenir grand

Par Paolo Leonardi

Tiny house: le petit qui ne demande qu’à devenir grand
c.marion.

Entreprise spécialisée dans la menuiserie générale, puis l’ossature bois, BatiSomme s’est lancée en 2012 dans la construction de Tiny Houses (traduit littéralement par « maisons minuscules »). Des modules entièrement préfabriqués en usine de maximum 2,50 mètres de largeur sur 4,5 mètres de longueur et 3 mètres de hauteur, qui peuvent être combinés entre eux pour donner naissance à des habitats légers en annexes d’une maison ou en pavillons indépendants. « Au départ, notre produit était destiné à édifier de petites cités lacustres, explique à ce sujet Kevin Lockman, dessinateur chez BatiSomme spécialisé dans tout ce qui touche à l’ossature bois. Nous avons exposé une de nos Tiny Houses à l’occasion du salon Passion Robinson au Domaine provincial de Chevetogne, mais nous n’avons pas reçu l’autorisation de la laisser sur place par la suite. »

C’est que si la demande de ce genre d’habitats petits, légers, respectueux de l’environnement et déplaçables semble être au rendez-vous, le produit ne bénéficie pas (encore ?) d’une réglementation claire en Wallonie. « L’année dernière, le CODT (NDLR : Code de développement territorial) a fait un peu avancer les choses, mais l’habitat léger se résume à un paragraphe avec une formulation très vague sujette à beaucoup d’interprétations. Du coup, nous sommes soumis au bon vouloir des services de l’urbanisme pour recevoir, ou non, un permis… »

Ceci ne favorise évidemment pas l’éclosion de ces types de logements qui sont pourtant dans l’air du temps. Ceci dit, BatiSomme a déjà produit jusqu’ici une dizaine de Tiny Houses. « Aujourd’hui, nous en concevons deux par an, poursuit Kevin Lockman. Le frein réglementaire est regrettable car notre produit est désormais complètement abouti et peut être directement opérationnel. Il n’est plus considéré comme marginal par la clientèle. J’en veux pour preuve la grande concurrence à laquelle nous faisons face de nos jours. »

Chambres d’hôte

Pour l’heure, BatiSomme et son patron Dany Burette ont surtout aménagé des chambres d’hôte ou des gîtes posés en fond de jardin d’une habitation existante. Mais à l’avenir, l’entreprise ne désespère pas de commercialiser à plus grande échelle ses Tiny Houses entièrement équipées, avec cuisine, salle de bain et tout le confort nécessaire, comme s’il s’agissait d’une maison autonome, si ce n’est qu’elle s’étendrait sur une surface limitée (entre 60 et 70 m2).

Ces maisons d’un autre genre peuvent être posées sur pilotis, au sol ou même dans les airs. « Elles se composent de deux portiques en lamellé-collé, le plancher, la toiture et les murs sont tous en ossature bois et isolés en fibres de bois », insiste-t-on chez BatiSomme, entreprise basée à Somme Leuze près de Durbuy, qui emploie une trentaine de personnes et dont l’activité principale reste la menuiserie générale avec notamment la production de meubles et de châssis, ainsi que les maisons en ossature bois. « Pour fixer les Tiny Houses dans le sol, on travaille avec des longerons métalliques et des plots en béton qui s’enfoncent jusqu’à 80 centimètres. Mais ce ne sont pas de grands travaux, l’impact au sol reste très faible. »

La typologie du terrain, l’essence du bois choisi, notamment pour les finitions et le bardage de façade, ainsi que le transport peuvent faire varier le prix « du simple au double ». Voilà pourquoi chez BatiSomme, on travaille immanquablement à partir d’un devis. « Il faut quand même compter aux environs de 2.000 euros/m2 hors TVA, mais nous restons sur des petites surfaces, finit tout de même par concéder Kevin Lockman. Avant de venir nous voir, nous conseillons toujours au client d’aller se renseigner auprès de sa commune pour voir ce qu’il peut faire. »

 
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