Le président de la Fef démissionne

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Maxime Michiels
Maxime Michiels

La journée est riche en actualité… », souffle Maxime Michiels, actuel président de la Fédération des étudiants francophones (Fef). En poste depuis avril dernier, sa démission a fuité sur le site de la RTBF ce matin. En parallèle de la fin d’existence de l’Unécof, deuxième syndicat étudiant, cette annonce bouscule le monde de l’enseignement supérieur.« Je n’avais pas prévu d’annoncer cette décision aujourd’hui, contextualise-t-il. Elle a été prise il y a plus d’une semaine au terme d’un processus entamé en janvier et de longues discussions. »

Les raisons du départ

Outre le coordinateur qui preste son préavis, le président et le secrétaire général vont se retirer. Une série de tensions au sein de l’organisation ont motivé cette décision. « Vu la taille de notre Fédération, il est normal que des tensions existent, poursuit Maxime Michiels. Mais ici, elles se sont cristallisées au point de rendre le travail de moins en moins évident. »

L’équipe aurait reproché à son président son manque de proximité avec ses membres : « Il est clair que je me suis plus consacré aux relations avec la presse et le monde politique, explique-t-il. Mais je me suis engagé à faire un mandat pour maintenir un bon travail de manière soutenue. Lorsque les tensions subsistent, entre personnes qui doivent travailler ensemble pour avancer… »

Une transformation « nécessaire »

Le bientôt ex-président insiste : « Cette décision a été prise dans l’intérêt de la Fef. La situation actuelle de la Fef n’est pas mauvaise : nous ne sommes ni en crise, ni à l’arrêt. Nous continuons d’avancer, mais pour le faire de manière plus optimale, il fallait un changement dans nos conditions de travail. Un changement qui passe par l’organisation d’un nouveau bureau, plus pacifié. »

À ce stade, il n’y a pas encore de remplaçant désigné pour ces postes. Une concertation interne est en cours et le processus démocratique est enclenché : l’élection d’un nouveau bureau aura lieu dans deux semaines, le week-end du 23 mars.

L’Unécof met fin à ses activités de syndicat étudiant et laisse la Fef seule

Par Marie Thieffry

L’Unécof met fin à ses activités de syndicat étudiant et laisse la Fef seule

Après vingt-deux ans d’existence et plusieurs mois de remise en question, la décision a été prise ce matin : l’Union des étudiants de la Communauté française (Unécof) met fin à ses activités de syndicat. L’ASBL reconnue par la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) portée d’une double casquette, désormais trop lourde à porter pour elle : celle d’Organisation représentative des étudiants (ORC) ainsi que celle d’organisation de jeunesse (OJ).

« On a dû se rendre à l’évidence : le système actuel ne permet plus à notre organisation d’exister en tant qu’ORC, explique Morgane Justens, actuelle présidente de l’Unécof. Face à la Fédération des étudiants francophone (Fef), c’est intenable. »

Médiatiquement moins présente

L’existence de l’ORC repose sur le décret participation de la FWB. Un décret qui prévoit qu’un conseil étudiant doit avoir lieu annuellement au sein de chacun des 41 établissements d’études supérieurs francophones. Pour valider son existence, l’organisation doit réunir 20 % du vote au premier tour ou 15 % au second.

Mais depuis le printemps 2018, l’Unécof ne répond plus aux critères lui permettant d’être reconnue et financée telle quelle. C’est la Fef qui tient désormais le haut du pavé des assemblées « contradictoires », ces réunions permettant aux établissements supérieurs d’élire les syndicats qui les représenteront. Cette année, aucune université et trop peu d’écoles supérieures des arts ont choisi l’Unécof.

Explication : « Nous sommes médiatiquement moins présents que la Fef, mais surtout, nous ne sommes désormais plus que trois personnes au sein du conseil d’administration. À côté d’une organisation de l’ampleur de la Fef, nous sommes devenus trop petits. » L’Unécof terminera l’année avec les conseils étudiants qu’il représente. Mais à partir du mois de juin, elle cessera d’exister comme ORC. « Une décision difficile à prendre, mais nécessaire », ajoute Morgane Justens.

Pour une démocratie plus représentative

L’organisation veut, d’ici la fin de l’année universitaire, lancer le débat sur l’état de la représentativité étudiante en FWB. Loin de vouloir répondre à la Fef qui lui propose de se greffer à elle depuis plusieurs mois, l’Unécof a préféré lancer un appel auprès des organisations de jeunesse : Union syndicale étudiante, Etudiants démocrates humanistes et Fédération des étudiants libéraux (FEL). L’idée : réviser le décret relatif à la participation et à la représentation étudiante dans l’enseignement supérieur. La FEL a déjà apporté son soutien à l’organisation en affirmant « partager le constat de l’Unécof sur les limites actuelles du décret et la nécessité d’assurer une représentation estudiantine plus démocratique, plus légitime et plus saine. Si un nouveau décret voit le jour, il est primordial qu’il permette la reconnaissance d’un pluralisme d’ORC, et non d’ORC pluralistes – comme le texte le prévoit actuellement. »

« La situation actuelle était inévitable, ajoute Olivier Coppens, ancien président de l’Unécof. La représentation syndicale étudiante était devenue un exercice extrêmement fatigant La pression pour obtenir le quorum, convaincre les gens sur un temps très court… Il m’est arrivé de faire face à des conseils étudiants composés de quatre personnes représentatives de plusieurs milliers d’étudiants : c’est un système archaïque qui doit être repensé pour mieux défendre encore les droits des étudiants. »

Par la suite, l’Unécof continuera à exister comme organisation de jeunesse. Mais d’abord, elle souhaite encourage des acteurs telles que les autres organisations ou même l’Ares à entamer un véritable travail de réflexion pour mieux représenter les étudiants.

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