La viande cultivée est un «danger pour notre agriculture durable», s’insurge la Fédération des agriculteurs

La viande cultivée est un «danger pour notre agriculture durable», s’insurge la Fédération des agriculteurs

L a viande cultivée, invention technologique de l’industrie agro-alimentaire, constitue un véritable danger pour l’agriculture durable et le système alimentaire que nous défendons», estime jeudi la Fédération unie de groupements d’éleveurs et d’agriculteurs (Fugea) en réaction à une étude publiée la veille. Celle-ci révélait que les Belges voient plutôt d’un bon oeil l’arrivée dans leurs assiettes de viande cultivée en laboratoire.

Commandé par l’association de défense des animaux Gaia, un sondage a montré que les Belges sont plutôt favorables à la commercialisation de «viande cultivée», c’est-à-dire de la viande obtenue via des cellules souches et qui ne provient donc pas d’un animal abattu.

«Annoncée comme un aliment miracle, bon pour la santé et issu d’une production sans impacts négatifs», la viande cultivée n’est au contraire pas neutre d’un point de vue environnemental et sa qualité nutritionnelle est douteuse, relève la Fugea jeudi.

Elevage durable et autonome

Pour cette organisation, il ne s’agit donc que d’une énième campagne de communication anti-viande, qui favorise l’agro-industrie au détriment des éleveurs indépendants. «C’est un oligopole alimentaire qui se prépare sous nos yeux. Pourtant, c’est précisément un système alimentaire de plus en plus financiarisé, industrialisé et concentré qui est la cause des constats d’échecs de notre système alimentaire», pointe la fédération.

«La substitution des éleveurs par l’industrie et ses solutions technologiques ne permettront pas de répondre aux défis alimentaires, environnementaux et sociaux auxquels nous sommes confrontés. Au-delà d’un débat strictement lié à l’alimentation, c’est la sauvegarde de notre économie rurale et de notre souveraineté alimentaire qui est en jeu», poursuit-elle.

La Fugea rappelle qu’elle défend un mode d’élevage durable et autonome: l’élevage herbager wallon, qui est «une production agricole adaptée à nos territoires, préservant l’environnement et respectueuse du bien-être animal».

 
 
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