Visas humanitaires: De Crem demande que les dossiers soient transmis à la police pour un contrôle

Visas humanitaires: De Crem demande que les dossiers soient transmis à la police pour un contrôle

Le millier de bénéficiaires d’un visa humanitaire obtenu dans le cadre de la procédure collective initiée par le cabinet de l’ex-secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration Theo Francken sur la base de listes fournies par au moins treize intermédiaires particuliers fera l’objet d’un screening policier, a indiqué jeudi à la Chambre le ministre de l’Intérieur Pieter De Crem. Celui-ci demandera leurs noms à sa collègue Maggie De Block qui a succédé à M. Francken à la tête du département.

M. De Crem était interrogé jeudi à ce propos par le député Georges Dallemagne (cdH).

Le screening commencera par les 121 personnes qui ont obtenu un visa et qui ont ensuite disparu dans la nature sans avoir demandé l’asile et sans s’être enregistrées. Il sera également demandé à l’Office des étrangers de communiquer le nom d’une personne soupçonnée d’avoir été impliquée dans des crimes commis par le régime de Bachar el-Assad, et qui a obtenu un visa alors qu’elle représente un risque en raison de problèmes avec la sécurité nationale ou de son implication dans le conflit syrien. L’absence de filtre préventif approprié a permis qu’un visa lui soit octroyé.

Le ministre de l’Intérieur a confirmé que les bénéficiaires d’un visa humanitaire via une procédure collective n’ont pas fait l’objet de contrôles par la police fédérale, qui n’a pas été sollicitée par l’Office des étrangers ou le cabinet de l’ancien secrétaire d’Etat.

Un lien avec un clan mafieux  ?

Un screening a été effectué par la Sûreté de l’Etat mais celui-ci n’est pas exhaustif, a-t-il précisé. Selon M. De Crem, cette situation peut poser un «éventuel problème de sécurité» en Belgique et dans la zone Schengen.

Au coeur de l’affaire des visas humanitaires se trouve notamment un des intermédiaires de l’ex-cabinet Francken, le conseiller communal malinois Melikan Kucam (N-VA) mis sous mandat d’arrêt pour trafic d’êtres humains, organisation criminelle, corruption passive et extorsion.

Le beau-frère de M. Kucam a lui été arrêté dans un dossier criminel lié à un clan mafieux anversois et selon le ministre De Crem, un lien entre les deux affaires n’est «pas à exclure».

Répondant au député Hendrik Vuye, le Premier ministre Charles Michel a pour sa part assuré que le gouvernement n’était pas au courant de ces procédures collectives de visas humanitaires que l’ex-cabinet Francken gérait seul, avec des intermédiaires particuliers.

Le gouvernement avait préalablement contrôlé deux opérations collectives d’octroi de visas humanitaires gérées par l’organisation catholique Sant’Egidio.

M. Michel a jugé les faits «particulièrement sérieux». Il s’est dit «choqué» par les informations mises au jour par une enquête administrative commandée par le gouvernement en affaires courantes, soulignant que si elles avaient été rendues publiques alors que M. Francken était encore membre du gouvernement de plein exercice, il «aurait probablement dû en démissionner».

À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 
 
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. 13 - Groekie - PXL Tech

    Notre assiette est promise à un avenir végétarien

  2. Abdelkader et Meriem ne sont pas trop de deux pour nourrir quotidiennement près de 500 migrants et sans-abri.

    Dans les pas de «Notre-Dame de la gare du Nord»

  3. Le lancement de l’appareil était attendu vendredi.

    En voulant se battre sur tous les fronts, Samsung joue un jeu très risqué

Chroniques
  • Brexit: l’heure est à la glorification du passé britannique

    Par Marc Roche

    On allume la radio ou la télé ou on ouvre son journal. Et les petits matins d’un printemps ensoleillé deviennent blêmes. Après la trêve pascale, le grand-guignolesque feuilleton du Brexit a repris.

    Depuis la décision du Conseil européen, la Première ministre Theresa May y compris, d’étendre la date butoir du divorce au 31 octobre, une sorte de « drôle de guerre » prévaut au Royaume-Uni. A part quelques escarmouches par médias interposés, il ne se passe rien.

    En effet, la cheffe du gouvernement peut garder son poste jusqu’en décembre si elle le souhaite. Les négociations entre le gouvernement et l’opposition travailliste sont dans l’impasse. De nouveaux votes indicatifs doivent avoir lieu au Parlement, plus divisé que jamais. Les partis se préparent aux vraies-fausses élections...

    Lire la suite

  • L’école bilingue, une idée à tester

    Au Royaume des trois langues nationales, le multilinguisme devrait être un atout cultivé dès la maternelle… Et pourtant, pas une école bilingue (pour ne pas dire trilingue) dans l’enseignement subventionné, pas même à Bruxelles. La faute au contexte communautaire qui a conduit, des lois linguistiques de 1963 à la communautarisation de l’enseignement en 1988, au cloisonnement hermétique de mondes unilingues francophone et néerlandophone, y compris dans la capitale.

    ...

    Lire la suite