Visas humanitaires: une enquête dénonce le système géré par Theo Francken

Visas humanitaires: une enquête dénonce le système géré par Theo Francken

Dans la foulée de Maggie De Block (Open VLD), qui a exprimé tout le mal qu’elle pensait des pratiques de son prédécesseur, Charles Michel s’est dit jeudi « choqué » par les conclusions de l’enquête administrative menée par l’Office des étrangers. L’administration a épluché les dossiers des 1.502 visas humanitaires délivrés par l’ancien secrétaire d’Etat Theo Francken (N-VA) via des intermédiaires parmi lesquels Melikan Kucam, suspecté d’avoir monnayé les documents. D’après l’enquête interne, 121 personnes auraient disparu dans la nature tandis que 10 se sont vu refuser l’asile. Parmi elle, une personne relevant « des critères d’exclusion », a précisé Maggie De Block. Selon Het Latste Nieuws, l’homme en question serait soupçonné de crime de guerre pour le compte du régime syrien.

« Les faits présentés hier en commission sont sérieux, a commenté Charles Michel devant les députés jeudi. C’était peut-être une forme de chance pour un secrétaire d’Etat, qui, avec ces faits et sans un gouvernement en affaires courantes, aurait visiblement dû démissionner. » Le Premier ministre a assuré que le gouvernement n’était pas au courant de ces procédures collectives que l’ex-cabinet Francken gérait seul.

Plus tôt, interpellé par Georges Dallemagne (CDH), le ministre de l’Intérieur annonçait qu’il demanderait que les noms d’un millier de détenteurs de visas soient communiqués à la police fédérale pour opérer un screening à partir des données policières. « A commencer par les 121 qui ont disparu, a affirmé Pieter De Crem (CD&V). Ni l’Office des étrangers, ni le cabinet n’ont sollicité police. Il est évident que la base de données de la police est plus exhaustive que celle de la Sûreté. » Le ministre n’exclut pas par ailleurs que des noms liés à Melkian Kucam apparaissent dans les dossiers de la police en raison de contrôles postérieurs à leur arrivée.

Theo Francken a-t-il fait preuve de légèreté en matière de contrôle de sécurité lors de ces « opérations de sauvetage » ? Si les noms sont systématiquement soumis à la base de données de l’Ocam, il n’est pas courant de faire appel à celle de la police fédérale pour des demandes de visas. « Il s’agit généralement de personnes qui n’ont jamais mis les pieds sur le territoire, précise le porte-parole de l’Office des étrangers Geert Devulder. Et nous n’y avons pas accès. » Cela dit, s’il était passé par la procédure normale d’octroi de visa humanitaire – et non par les listes du cabinet –, le dossier d’un potentiel criminel de guerre n’aurait probablement jamais abouti à un octroi de visa. « Pour une demande normale, le candidat doit fournir un dossier avec le motif de la demande qui est analysé par l’Office des étrangers. Dans ce cas, l’avis du Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides aurait été sollicité et leurs équipes, qui connaissent très bien la situation en Syrie, auraient identifié le problème. »

Poursuivez votre lecture sur ce(s) sujet(s) :Enquête|Police|Syrie|Pieter De Crem|Open VLD|Office des étrangers
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 
 
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. Bruxelles-les-Bains a vécu. La faute aux travaux programmés. Et à une volonté de décentralisation.

    Bruxelles-les-Bains, c’est fini: place à Hello Summer

  2. @News

    Antwerp - Standard: Laszlo Bölöni, entre crainte et respect

  3. L’ail des ours fait partie des plantes sauvages dont la consommation est encouragée par l’ASBL Cuisine sauvage.

    Plantes sauvages: un garde-manger gratuit et accessible

Chroniques
  • Vie privée et numérique: grimacez! Vous êtes filmé

    Début avril, le New York Times a lancé une série spéciale, intitulée le Privacy Project, qui sonne le tocsin contre tous ceux qui nous espionnent, nous filment, nous fichent, nous taggent, nous ciblent. « Les pays occidentaux sont en train de construire un Etat de surveillance aussi totalitaire que celui actuellement mis en œuvre par le gouvernement chinois », s’inquiétait le chroniqueur Farhad Manjoo.

    Exagération ? On a peine à s’imaginer que le système de surveillance chinois, en particulier son recours massif à la reconnaissance faciale pour traquer les citoyens déviants, puisse être adopté par des démocraties libérales. Et pourtant. « Nous avons abandonné trop de contrôle sur notre vie numérique, écrivait sa collègue Kara Swisher. Nous ne pouvons plus le tolérer ».

    Elle n’est pas seule...

    Lire la suite

  • Macron: le prix à payer pour une politique «plus humaine»

    L’intervention d’Emmanuel Macron ce jeudi soir était censée ranimer son quinquennat. Un mandat toujours englué, après deux ans de pouvoir, dans une crise sociale sans fin et une impopularité record. Pas sûr que le but ait été atteint.

    Certes, le moment était grave. Il a su trouver le ton juste pour regretter ses erreurs et retracer un...

    Lire la suite