Partout dans le monde, les jeunes interpellent leurs dirigeants sur le climat: «Agissez comme des adultes»

Une vingtaine d’actions ont été organisées aux quatre coins de la Belgique vendredi à l’occasion de la grève internationale pour le climat, « Global strike for future », initiée par les jeunes du monde entier de Youth for Climate, ayant emboîté le pas à la Suédoise Greta Thunberg.

Greta Thunberg sur le climat : « Nous sommes face à la plus grande crise existentielle de l’humanité »

La police belge a recensé 30.000 marcheurs à Bruxelles, et d’autres rassemblements se tenaient à Louvain-la-Neuve (3.300 participants) Liège, Mons (1.000), Liège (800) Namur (600) ou Tournai (400) et en Flandre.

« There is no time to waste », « Act now together », pouvait-on lire sur certaines pancartes, majoritairement en anglais, en tête de cortège.

Helsinki, Bangkok, Lausanne: le monde entier se mobilise pour le climat (photos)

Encerclée par les caméras, Anuna De Wever, la figure de proue du mouvement Youth for Climate, a qualifié d’historique cette journée de mobilisation mondiale.« Il s’agit d’un signal très fort. Des actions sont menées dans plus d’une centaine de pays. Le mouvement continue de croître », s’est-elle félicitée.

123 pays !

« Vous détruisez notre avenir » : de l’Australie à l’Europe en passant par le Kenya ou l’île Maurice, des foules de jeunes ont délaissé l’école pour demander à leurs dirigeants d’agir vraiment contre le dérèglement du climat.

« Agir maintenant ou nager », lisait-on sur une pancarte, à Wellington, la capitale néo-zélandaise, où des centaines de lycéens et étudiants ont lancé la journée. À Christchurch aussi, des jeunes gens défilaient quand la ville a été frappée par des fusillades dans deux mosquées.

« 123 pays ! » a tweeté la jeune Suédoise Greta Thunberg, icône du mouvement avec sa grève hebdomadaire de l’école.

« Nous faisons grève pour dire à nos gouvernements de faire leurs devoirs et de nous montrer des preuves ! » explique l’appel publié sur Facebook. Des preuves que le monde prend les mesures nécessaires pour limiter le réchauffement à +2ºC par rapport à l’ère pré-industrielle, comme prévu par l’Accord de Paris.

Rendez-vous était donné dans plus de 2.000 lieux, selon le site du mouvement, FridaysforFuture, avec l’Italie, la France et l’Allemagne en tête de peloton.

À Sydney, Bangkok, Hong Kong, des milliers de jeunes ont défilé, à Maurice 500, à Delhi 200. « Si vous n’agissez pas comme des adultes, nous le ferons », scandaient-ils.

Vendredi, Greta Thunberg relayait sur Twitter des images de cortèges au Japon, à Helsinki, Venise, Luxembourg, ou au Vanuatu.

À Varsovie, c’est au ministère de l’Énergie qu’a fini la marche d’environ 2.000 jeunes. À Bratislava, ils étaient un millier.

Il y avait 10.000 personnes à Berlin, 8.000 à Munich, 5.000 à Brême ou Francfort. Le mouvement citoyen Campact avance le chiffre de « 300.000 jeunes » en 200 lieux, pour « la plus grande manifestation pour le climat de l’histoire de l’Allemagne », bilan difficile à vérifier.

À Londres, ils étaient plusieurs milliers massés devant le palais de Buckingham après un passage par Downing street.

À Paris 29.000 à 40.000 manifestants (selon les sources), étudiants, collégiens, voire des bien plus jeunes venus avec leurs parents, ont aussi marché dans le calme. Les organisateurs ont revendiqué 168.000 manifestants en France.

En Suisse, ils étaient près de 30.000 dans cinq villes, selon l’agence ATS.

En Italie, ils étaient aussi des milliers un peu partout dans le pays, soutenus par des messages de plusieurs responsables politiques.

« Nous ne cherchons pas des coupables, nous cherchons des responsables », disaient les jeunes Madrilènes (4.500 selon la police).

« Les températures ont grimpé, impossible de se concentrer en classe », dit Warlda Mirembe, 16 ans, venue avec son père, fermier et commerçant pour manifester à Kampala en Ouganda. «  Ma prise de conscience date de l’inondation de l’école après des pluies diluviennes. J’aime mon pays, on l’appelle la perle de l’Afrique, mais on est en train de le détruire ».

« Les leaders d’aujourd’hui vont vieillir et mourir, et laisser derrière eux un monde en ruines », dénonce Sadrach Mirere, qui coordonne les Fridays For Future Uganda.

 
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