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BNPP Fortis: à quoi ça sert que la Belgique se décarcasse?

L’éditorial de Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef.

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Editorialiste en chef Temps de lecture: 3 min

On a, comment dire ?, le sentiment de remuer le couteau dans une plaie « Fortis » qui n’est toujours pas refermée.

Le sentiment d’avoir payé il y a plus de 10 ans pour la chute de cette banque fleuron de l’économie belge et européenne, en perte sur le cours de Bourse, en perte d’emplois, en perte de prise de décision et en perte d’impôts utilisés pour financer l’opération de sauvetage.

Et de repayer aujourd’hui une nouvelle addition en voyant le fruit de l’activité de BNP Paribas Fortis (1,9 milliard de bénéfices en 2018) partir nourrir la maison mère à Paris sous forme de dividendes alors que l’on coupe dans le personnel et dans les agences, et que le consommateur paye plus de frais pour un service humain réduit au minimum.

On entendra les remarques outrées de ceux qui vont nous dire qu’on mélange tout.

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14 Commentaires

  • Posté par Petitjean Charles, dimanche 17 mars 2019, 11:49

    Au-delà des jérémiades belgicaines de l'éditorialiste et des commentaires outragés des actionnaires baisés par un système de privilèges de classes, ce qui m'intéresse, moi petit citoyen belge, ce sont les conséquences de la privatisation et de la digitalisation de l'économie. La politique néo-libérale qui veut réduire les moyens de la collectivité au profit des intérêts privés impose aux Macron, aux Michel, aux Reynders, aux Di Rupo et à tous nos dirigeants européens de vendre "les bijoux de famille" des Etats pour les mettre entre les mains des puissances d'argent qui viseront en priorité la rentabilité et le profit au détriment du bien commun. C'est dans ce contexte que l'informatisation est vue comme une aubaine par la finance, qui n'a pas de frontières comme l'a voulu l'union européenne, n'en déplaise à Madame Delvaux, pour réduire les coûts des entreprises en sabrant dans les dépenses du personnel. Dès lors, la question qui me paraît plus fondamentale que jérémiades de la dame : que penser de cette informatisation ... bancaire, par exemple, pour revenir à Fortis ? Individuellement comme citoyen-client les avantages sont réels. Et nous ne nous privons pas de bénéficier de la technologie qui a été imposée à l'origine par "la banque". Regret souvent, par contre, de devoir dialoguer avec une machine plutôt que de m'adresser à un visage expressif, accueillant et serviable. Intérêt pour l'usage mécanique et regret pour la déshumanisation des services. Mais sociétalement, c'est une tout autre histoire : des milliers de travailleurs perdent leur emploi et sont remplacés par "la machine". Heureuse évolution lorsque la machine évite à l'homme des tâches lourdes, répétitives et abrutissantes. Mais les employés de Fortis ne relèvent pas de cette catégorie. En réalité, la politique d'informatisation vise en priorité à diminuer les coûts de production pour augmenter les bénéfices, comme toujours dans les entreprises capitalistes. Une autre politique est possible, qui répondrait aux devoirs civiques des entreprises pour abroger les dégâts sociétaux de l'informatisation. Les bénéfices que l'informatisation permet aux entreprises, dont Fortis, doivent être investis, via la collectivité, dans les services aux personnes et le non marchand dont les besoins de personnel sont immenses. Il y a là des milliers d'emplois à créer pour les jeunes, les personnes âgées, les malades, les prisonniers ... Les emplois supprimés par l'informatisation doivent "se retrouver" dans la société pour le bien-être de tous. Les bénéfices de l'informatisation doivent se retrouver, non pas dans la poche des actionnaires, mais dans les services aux citoyens. C'est effectivement une autre politique qui renverse les priorités : l'économie et l'argent au service de l'homme et non plus l'homme au service de l'économie et de l'argent. Le combat est politique, comme toujours.

  • Posté par Debrabander Jean, dimanche 17 mars 2019, 3:39

    La Belgique devrait donc annoncer haut et fort que lors de la prochaine crise, elle ne renflouera pas la BNP Paribas Fortis

  • Posté par Petre Eric, samedi 16 mars 2019, 11:04

    Madame vous mélangez en effet plusieurs choses. Y avait-il une autre solution pour sauver Fortis de la faillite en 2008? Honnêtement je n'en sais rien. L'état devait-il vendre ses participations? C'est un choix politique démocratique et c'est toujours facile de dire après coup "on n'aurait pas du" Par contre que la majorité des agences ferment à l'heure de l'E-Banking est aussi inévitable que la disparition des disquaires à l'heure du streaming. Ça s'appelle l'évolution technologique.

  • Posté par NOBEN Karl, dimanche 17 mars 2019, 13:44

    Eric Petre, il y a eu des choix différents en Islande, et aujourd'hui, il semble que c'étaient de meilleurs choix. On marche un peu sur la tête en Belgique. Il y a un vrai débat à avoir sur la fracture numérique, et les pouvoirs publics prennent beaucoup de risques en laissant le privé agir à sa guise à ce niveau... Car par ailleurs, on met les consommateurs dans le flou au sujet de b-post banque et Belfius en évoquant régulièrement le désengagement de l'état dans ces institutions, on a poussé de grands cris devant le cynisme de l'ancien patron d'ING Belgique (mais depuis lors, cette banque continue l'évolution annoncée en ayant juste enrobé sa communication), et on fait toutes les difficultés à New.B (une banque en devenir, contrôlée par ses clients) pour obtenir une licence bancaire.

  • Posté par De Bilde Jacques, samedi 16 mars 2019, 10:04

    Bravo pour votre édito Madame Delvaux. Il conviendrait d'ajouter que l'ancien Président de BNP, Maurice Lippens, et le top de Fortis ont échappé au procès alors qu'ils avaient été inculpés pour "avoir délivré des informations erronées et trompeuses dans le cadre de l’augmentation de capital initiée en 2007 pour mettre la main sur ABN Amro". Ce qui me paraît inacceptable, dans le cadre de la crise financière de 2008, est que les gouvernements ont "consacré l’essentiel de leur capacité d’action à sauver les banques et surtout à empêcher la mise en cause des dirigeants". Par contre, L'Islande est le seul pays a avoir attaqué la responsabilité personnelle des dirigeants de ses banques. Ils ont été condamnés à des peines de prison et leurs biens personnels ont été confisqués. En outre, les banques constituent le principal intermédiaire mobilisé par les individus et les entreprises pour dissimuler des revenus ou du patrimoine... Et on s'étonne de l'émergence de mouvements sociaux inédits tels que les gilets jaunes.

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