Hervé Hasquin attaque encore la présidence MR d’Olivier Chastel: «Je ne lui pardonne pas»

Hervé Hasquin ©Bruno D’Alimonte/Le Soir
Hervé Hasquin ©Bruno D’Alimonte/Le Soir

Qui est le penseur le plus brillant du paysage politique actuel ? Selon son livre, il n’a pas l’air libéral. « Il l’a parfois été », rit Hervé Hasquin. « En Belgique, Bart De Wever est au-dessus de la mêlée », juge-t-il. « Côté francophone, c’est Paul Magnette (PS). Il a été mon étudiant, brillant. Il est carolorégien, comme je le suis ». Carolo et Flamand, oui. Mais libéraux, aucun des deux ne l’est. Etonnant ? « Les libéraux brillants sont peut-être en coulisses en ce moment, d’où la nécessité de renouvellement sur les listes électorales ».

Un autre point fort du livre d’Hervé Hasquin est le thème de la multiculturalité. Là aussi, il n’est pas tendre avec le MR, parti auquel il est pourtant affilié. « Le MR manque d’ouverture. Il a pris le virage de la multiculturalité à un moment. Aujourd’hui, il l’a perdu. Il faut le rattraper ». Pour l’ancien recteur de l’ULB, c’est une question de survie pour le parti. « Qu’on le veuille ou non, pour être élu libéral à Bruxelles, il faudra compter uniquement sur les voix des ‘bleus blancs belges’ un peu réac’ou conservateurs ? Ce n’est pas sérieux ! Pourtant c’est vers là que le parti semble aller à moins d’un sérieux coup de barre ».

Dur envers son parti, il tient cependant à saluer le mandat du Premier ministre libéral : « Charles Michel a été un excellent Premier ministre, il a conduit une embarcation extrêmement périlleuse et si la N-VA a perdu terrain aux élections communales et provinciales, c’est grâce au fait que le MR était au gouvernement et l’a empêché d’arriver à ses fins ». Il déplore cependant une présidence faible. « Bart De Wever (président de la N-VA ndlr.) n’avait pas de miroir côté francophone. A-t-on vu Jan Jambon se brouiller avec le gouvernement en cas de problème ? Non. C’est Bart De Wever qui montait aux créneaux. Cela peut être avantageux pour un Premier ministre que son président de parti ne lui fasse pas d’ombre, mais en cas de conflit, c’est problématique. On a besoin de voix qui portent dans ces moments-là ».

Il a dit

A propos de l’actuel ministre président de la région wallonne : « Willy Borsus est sans doute bien perçu dans les campagnes et régions rurales, mais il ne correspond pas à son poste. Il ne connaît pas la réalité des milieux urbains »

Pourquoi torpille-t-il autant son parti ? « Ce n’est pas ce que je fais, je le mets en garde. Vu les échéances, ça va être le moment de changer de cap et de personnes pour les élections de 2024. 2019, il n’y a qu’à regarder les sondages ».

Quelles perspectives pour le MR ? « La chance du MR, c’est que le PS a pris une dégelée mémorable aux dernières élections, et je ne pense pas que ça va s’améliorer ».

Olivier Chastel en prend pour son grade : « Il a donné une image pénible du travail de président de parti. Je ne lui pardonne pas. Il aurait pu partir sur la pointe des pieds après avoir rendu la place à Charles Michel. Il était sincère. Ça aggrave son cas. Il laisse penser que le pouvoir au MR était un homme de paille »

Concernant les personnalités académiques marchant aux côtés des jeunes pour le climat : « Signer des pétitions ne suffit pas, il faut mettre les mains dans le cambouis. Ce n’est pas en étant spectateur que l’on change les choses ».

Comment considère-t-il Theresa May ? « Je lui voue du respect. Elle fait preuve d’une ténacité hors du commun. C’est d’autant plus étonnant qu’elle était contre le Brexit. Elle met un point d’honneur à défendre le vote de ses concitoyens ».

► Hervé Hasquin au Soir: «Olivier Chastel n’a pas été un président de parti à la hauteur»

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