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Gilets jaunes: le «mais» qui tue

A force de lâcheté, d’opportunisme ou de démagogie, on est en train de contribuer à engendrer un monstre aux ailes d’extrême gauche, aux pattes d’extrême droite, au bec fascisto-identitaire et au poil anarcho-libertaire…

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Chroniqueur Temps de lecture: 4 min

Il faut lire le texte théorique dingue laissé par l’auteur du massacre de Christchurch en Nouvelle-Zélande. Il y résume son parcours : tenté par le communisme, le gauchisme, l’anarchisme avant de glisser, irrésistiblement, vers un fascisme affiché et radical, vers le racisme assumé, il se réclame du créateur du parti fasciste anglais des années 40 : Oswald Mosley. Or, Mosley, précisément, venait de l’extrême gauche du Parti Travailliste. Comme l’hitlérien français Jacques Doriot, ex-star du Parti Communiste. Comme Mussolini, leader de l’extrême gauche du Parti Socialiste italien. Comme Henri Rochefort qui passa de l’extrême gauche blanquiste à l’extrême droite antisémite.

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6 Commentaires

  • Posté par Debrabander Jean, mardi 19 mars 2019, 14:30

    Tout à fait d'accord avec M. Deckers : sans MAIS, on fonce tout droit vers la pensée unique.

  • Posté par Deckers Björn, mardi 19 mars 2019, 9:51

    Je suis souvent en accord et parfois en vif désaccord avec Jean-François Kahn. Je vois très bien l'axe qu'il dessine et je suis entièrement d'accord avec lui pour percevoir et cela est glaçant combien la révolte jaune française est loin d'être un moment de la gauche émancipatrice. S'y mêlent en effet futur ex-gauchistes et pseudo-anars prêt à basculer dans les troupes sinistres bleu marine très foncés. Néanmoins peut-on revendiquer le débat intellectuel et exclure la nuance? Ici, Jean-François Kahn attaque bille en tête le "MAIS" qui justifierait tout. Cela me rappelle Manuel Valls refusant de choisir entre justifier et expliquer le terrorisme dans une posture certes morale mais d'une pauvreté confondante et coupable. Ici, c'est un peu pareil. Rien ne saurait justifier ni la violence ni le dévoiement du mouvement gilets jaunes. Mais faire comme si le débat était enfermé entre démocrates et fascistes de gauche et de droite (ces deux derniers réunis en fin de compte dans une version renouvelée en effet du national-socialisme) n'est pas à la hauteur d'un homme qui en créant l'hebdomadaire Marianne décrivait déjà en 1997 les dévoiements dangereux de la démocratie vers la ploutocratie, l'oligarchie. Et le danger réelle pour une démocratie libérale en voix de reféodalisation. Si les violences et les dévoiements des gilets jaunes sont indiscutablement inqualifiables, il est en revanche moins une pour étudier les raisons de cette colère afin de transformer celles-ci en énergies positives.

  • Posté par De Kezel Raoul, lundi 18 mars 2019, 22:18

    S’il faut lire le texte théorique de Brenton Tarrant, ne faudrait pas rajouter à l’article un lien vers ledit texte ? Ce serait utile...

  • Posté par Vynckier Albert, lundi 18 mars 2019, 16:27

    je ne comprends pas bien les images à la télé. je vois un anarchiste avec un drapeau belge sur les épaules. c'est pas bizarre ça? les anarchistes sont nationalistes maintenant?

  • Posté par ONCKELINX DANIEL, lundi 18 mars 2019, 19:04

    Si les anarchistes, ou ceux qui revendiquent ce qualificatif, devraient relire Proudhon. Fort justement ce penseur du socialisme libertaire pensait que la conquête du pouvoir par la violence était contre-indiquée car elle engendrait un pouvoir violent. Même si la majorité des gilets jaunes ne sont pas à assimiler à leurs meneurs ceux ci prouvent que Proudhon avait raison puisqu'ils agressent ceux qui veulent entrer en dialogue,avec le pouvoir

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