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C’est vous qui le dites sur l’arrêt des soins pour les plus de 85 ans: «C’est tout bonnement scandaleux»

Selon une étude, seuls 35 % des Belges s’opposent à ce qu’on arrête les soins vitaux pour les plus âgés.

Temps de lecture: 3 min

Les faits

C’est une nouvelle stupéfiante : selon plusieurs études, menées au Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE), à la Fondation Roi Baudouin et au cœur de l’Inami (dans un rapport secret), 40 % des Belges (et davantage de Flamands que de Wallons) songent sérieusement à conserver l’équilibre de la Sécu « en n’administrant plus de traitements coûteux qui prolongent la vie des plus de 85 ans ». On devine la suite : on aurait rapidement une médecine à deux vitesses, entre les patients qui doivent se contenter de la Sécu et ceux qui ont les moyens de se payer les médicaments non remboursés ou les opérations auxquelles ils n’auraient plus accès. Aux Pays-Bas, on ne place déjà plus de stimulateur cardiaque aux plus de 75 ans… l’appareil dépassant de loin le patient en espérance de fonctionnement.

C’est vous qui le dites

L’information a largement fait réagir les internautes. Marc H. dénonce des aides qui vont à des « personnes qui se goinfrent comme des porcs, fument comme des cheminées, boivent des litrons chaque jour et se vautrent dans leur divan en regardant la télé. Les mêmes refusent ce droit à des plus de 85 ans qui ont pour la plupart eu une bonne hygiène de vie (sinon ils ne seraient pas arrivés à cet âge). »

Roger T. rappelle qu’à 81 ans et 44 ans de cotisations, il a « aidé à construire l’Inami ». « Sans moi et les autres « vieux », ces 40 % n’auraient rien ! ». Un avis partagé par Yves D. « Je suis totalement opposé à l’acharnement thérapeutique mais refuser des soins de santé à des personnes âgées pour faire des économies est tout bonnement scandaleux. Comme dit ci-avant, pour atteindre cet âge, ils ont certainement eu une bonne hygiène de vie et n’ont donc pas coûté grand-chose à l’Inami… mais pendant toute leur vie, ils ont cotisé notamment pour des plus jeunes qui boivent, fument voire se droguent… sans parler du financement du chômage et du CPAS… Comme toujours, ce sondage est le reflet d’une société où chacun pense à ses propres intérêts et est prêt à sacrifier ceux des autres pour satisfaire sa petite personne… on en arrive maintenant à envisager d’euthanasier les autres qui coûtent… »

Un argument pondéré par Romain S. « Pourquoi opposer les vieux aux chômeurs et à ceux qui boivent ? »

« Et après, ce seront les malades et les handicapés ? », s’interroge Francis K. Gérard M. va plus loin : « Bientôt, ce ne seront pas que nos « vieux » que l’« on » souhaitera exclure des soins de santé, mais tous les « inutiles » tels que les handicapés, les malades mentaux… et pourquoi pas les « chômeurs professionnels » (c’est-à-dire, pour la plupart, des personnes pour qui la Société n’est pas capable de procurer un emploi) ? ». Annie Z. refuse, elle, de laisser souffrir qui que ce soit.« Des humains dignes de ce nom ne laissent pas des semblables souffrir si on peut les aider, quelle que soit la raison de leur souffrance, sans exception. ».

Enfin, Suzanne C. craint une médecine à deux vitesses, entre les riches qui auraient les moyens de payer leurs soins, et les autres. « Les plus riches pourront quand même se payer les soins qu’ils veulent. Pour moi, tout dépend des soins. pas d’acharnement, mais les soins courants, oui. C’est à chacun de voir. »

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34 Commentaires

  • Posté par VERDOODT-COLART Jean-Marie, mardi 19 mars 2019, 20:06

    Et on devrait certainement soigner la plupart de ces sondeurs à tout va.

  • Posté par Binet Jean-Claude, mardi 19 mars 2019, 18:10

    Et si on arrêtait les soins de santé pour nos ministres...

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