Trump loue la campagne de Bolsonaro: «Le Brésil et les États-Unis n’ont jamais été aussi proches»

Le président américain Donald Trump a chaleureusement accueilli mardi à la Maison Blanche son homologue brésilien Jair Bolsonaro, l’un de ses plus fervents admirateurs, louant la proximité sans précédent entre les deux pays.

« Le Brésil et les États-Unis n’ont jamais été aussi proches », a lancé M. Trump depuis le Bureau ovale, saluant la campagne électorale menée par M. Bolsonaro, élu comme lui --à la surprise générale-- sur un message de rupture.

« Nous avons de nombreuses valeurs communes, j’admire le président Trump », a de son côté déclaré le nouvel homme fort du Brésil.

Devant les journalistes, les deux hommes ont échangé des maillots des équipes de football de leur pays : « Je me souviens encore de Pelé », a lancé M. Trump, louant les qualités de la Seleçao.

A l’issue d’un déjeuner de travail, les deux hommes devaient s’exprimer lors d’une conférence de presse commune dans les jardins de la Maison Blanche.

Au-delà d’une passion commune pour les tweets et d’un goût revendiqué pour la provocation, l’ancien magnat de l’immobilier et l’ex-parachutiste sont à l’unisson sur nombre de sujets : virulentes critiques du multilatéralisme, posture combative face à Pékin ou encore dénonciation de l’accord de Paris sur le climat.

M. Bolsonaro, qui s’est vu décerner nombre de surnoms, dont celui de « Trump des tropiques », a lui-même alimenté pendant la campagne le parallèle avec l’occupant de la Maison Blanche.

Le Venezuela à l’agenda

Depuis son arrivée au pouvoir le 1er janvier, il a affiché un pro-américanisme très marqué qui tranche avec la tradition de la diplomatie brésilienne qui s’efforçait de se tenir à égale distance des grandes puissances.

Les deux dirigeants, qui dénoncent inlassablement les dangers du socialisme sous toutes ses formes, devraient profiter de cette tribune pour accroître encore la pression sur le président vénézuélien Nicolas Maduro dont ils réclament avec force le départ depuis qu’ils ont reconnu l’opposant Juan Guaido comme président par intérim.

« Toutes les options sont sur la table », a une nouvelle fois affirmé M. Trump depuis le Bureau ovale, sans autres précisions. « Ce qui se passe au Venezuela est honteux ».

En le recevant fin février à Brasilia, Jair Bolsonaro avait salué Juan Guaido comme son « frère », le qualifiant de symbole « d’espérance ».

Pour M. Trump, la visite pourrait être l’occasion de tourner la page d’une séquence difficile entre l’échec du sommet de Hanoï avec le leader nord-coréen Kim Jong Un et le camouflet du Congrès sur son projet de mur à la frontière avec le Mexique.

Dans un entretien à la chaine Fox News diffusé lundi soir, M. Bolsonaro a loué la pugnacité du président des États-Unis sur la question du mur en prenant comme contre-exemple la France où, a-t-il affirmé contre toute évidence, « les frontières sont ouvertes aux réfugiés sans le moindre filtre ».

« L’immense majorité des immigrants potentiels n’ont pas de bonnes intentions », a-t-il affirmé. « Ils ne souhaitent pas du bien aux Américains ».

« Sans complexe »

Le président des États-Unis et celui de la première puissance d’Amérique latine devraient insister sur une coopération économique renforcée.

Dans une décision chargée en symboles, le Brésil a annoncé lundi qu’il autoriserait les États-Unis à lancer des satellites depuis le centre spatial d’Alcantara, dans l’Etat septentrional de Maranhao.

Alcantara est idéalement situé en raison de sa proximité avec l’équateur, qui permet des économies de combustible de l’ordre de 30 % pour les lancements ou la mise en orbite de charges plus lourdes.

MM. Trump et Bolsonaro, aux parcours radicalement différents, trouveront-ils une forme d’« alchimie », mot cher au milliardaire américain ?

Seule certitude à ce stade : les prises de position de l’ancien capitaine de l’armée brésilienne en campagne ont été très appréciées au 1600 Pennsylvania Avenue.

« Il a brisé tous les tabous historiques », s’est félicité un responsable américain sous couvert d’anonymat lors d’une présentation de la visite, se réjouissant qu’il ait opté pour « une position pro-américaine sans complexe ».

A l’approche de la rencontre, le président brésilien avait une nouvelle fois revendiqué haut et fort sa proximité avec l’ancien magnat de l’immobilier.

« Nous avons beaucoup de choses en commun », a-t-il déclaré sur Fox News.« Je l’ai toujours admiré. J’ai été beaucoup critiqué pour cela mais je ne vais pas cacher ce que je pense. Je ne suis pas un caméléon ».

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