La tour FGTB marque le coup d’envoi du Left Side Business Park

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Le Left Side Business Park va changer le visage de Charleroi.
Le Left Side Business Park va changer le visage de Charleroi. - D.R.

A Charleroi, l’ouverture du chantier de construction du futur siège de la fédération régionale de la FGTB marque le coup d’envoi d’un ambitieux projet de requalification urbaine : l’aménagement du Left Side Business Park, un quartier mixte de bureaux et de logements dans un périmètre de 6 hectares où un programme immobilier de 100.000 m2 a été défini. Il doit se réaliser en phases successives, jusqu’en 2025. L’intercommunale Igretec a été chargée d’en assurer la coordination générale et la promotion.

A l’emplacement de l’ancien parking des Rivages dans le quartier de l’Ouest, le terrassement de la première des tours du périmètre a commencé le mois dernier : la FGTB, dont le bâtiment n’est plus aux normes, y transférera les activités de son interprofessionnelle et de quatre de ses six centrales à l’exception du Setca (employés et cadres) et de la CGSP (Services publics). « Le building que nous occupons depuis 1976 sur le boulevard Devreux ne répond plus aux normes d’efficacité énergétique, d’acoustique, de modularité ni de confort de travail et d’accueil, explique le secrétaire fédéral Vincent Pestieau. Une étude a été lancée pour identifier le site le mieux adapté à nos exigences d’accessibilité, de mobilité et de visibilité. »

Le Left Side Business Park – proche de la gare du Sud, des lignes de bus et du métro – s’est imposé comme la solution optimale.

Esthétique contemporaine

Le syndicat a désigné l’entreprise Bemat pour réaliser son projet, dont le coût devrait s’élever à 10 millions d’euros : son élaboration a été confiée au bureau d’études d’Igretec avec les ingénieurs en stabilité et techniques spéciales du bureau Pirnay et Druart. Proche des normes du passif, cette tour construite en rez +10 avec un étage technique offrira 5.600 m2 d’espaces de travail et de réception, soit le double de la superficie actuelle, et un parking sur trois niveaux. « Nous avons pris le parti de la sobriété dans une esthétique contemporaine », explique l’architecte responsable, Boris Mabille.

Habillée de panneaux en béton blanc, la façade est percée de fenêtres étroites disposées en quinconce à chaque niveau, ce qui crée un effet de dentelle. « Pour marquer l’identité du bâtiment, nous avons pris le parti de peindre en rouge les plafonds extérieurs, à commencer par celui du rez-de-chaussée. »

Un rez que les architectes ont voulu ouvert sur l’espace public. Ils l’ont donc entièrement équipé de baies vitrées qui le rendent translucide, presque transparent : pour accentuer ce sentiment d’effacement, ils ont utilisé pour le sol les mêmes matériaux que pour le revêtement des abords. Ensuite, la façade du rez est légèrement en retrait de l’empreinte de la tour. Le rez accueillera la réception, le service chômage et la cellule juridique avec une infrastructure horeca.

A l’arrière, le parking visible depuis le ring a été obturé par un jeu de résilles verticales noires en légère transparence pour ouvrir des perspectives sur les espaces en contrebas. Il s’imbrique légèrement dans le bâtiment d’allure massive, et dont les volumes emboîtés créent un sentiment protecteur. Le noyau central de la tour sera peint également en rouge.

Au sud, une première terrasse scindera la construction à hauteur du troisième étage, hébergeant un réfectoire avec vue plongeante sur la ville et ses nouveaux espaces verts. Une seconde terrasse panoramique orientée sur la future marina fluviale du Left Side marquera le dixième étage. Juste en dessous, un espace modulable offrira une capacité de 200 places pouvant accueillir soit des salles de réunion, soit un grand auditoire. Comme l’explique l’architecte, « les performances énergétiques sont encore à l’étude, mais cette première tour qui servira de modèle devrait présenter un coefficient proche du passif ».

Durée de l’exécution : deux ans. Le transfert des activités syndicales est prévu durant le premier semestre 2021.

Profession: aménageur public: un nouveau métier en Wallonie

Par Didier Albin

Six tours de bureaux et de logements en bordure du petit ring : bienvenue au Left Side Business Park, dont l’aménagement doit s’étaler jusqu’en 2025. Si des lots ont été attribués, certaines parcelles cherchent encore acquéreur. Le programme de construction a été défini dans le périmètre de remembrement octroyé par la Région wallonne.

La filiale Benelux d’Eiffage Development en assurera à elle seule près de la moitié, soit 48.000 mètres carrés articulés autour de deux projets. D’une part, au sud, deux tours comptant des appartements pour seniors et des surfaces de bureaux, sur 15 à 20 étages. D’autre part, un îlot résidentiel composé de deux immeubles de forme triangulaire, intégrant des innovations durables comme un jardin collectif, des toitures vertes, une e-conciergerie participative, des espaces de vie modulables, un parking mutualisé, une crèche. Sans oublier du commerce et des services…

L’atout de ce projet, c’est sa situation face à la future halte nautique de la Sambre. Cette marina fluviale pouvant accueillir jusqu’à 22 plaisanciers prendra place en rive gauche, à hauteur de l’actuel building des finances promis à la démolition.

Cette concentration d’opérations immobilières réclamait l’intervention d’un coordinateur : c’est l’intercommunale Igretec qui remplira ce rôle, en qualité d’aménageur urbain, un métier inspiré de ce qui existe dans d’autres régions du pays et en France, notamment à Nantes Saint-Nazaire.

Dans ce cadre, Igretec coordonnera l’ensemble des procédures et exécutions. Elle s’est chargée d’approcher les nombreux propriétaires du site : l’Etat fédéral y détient des parcelles, comme la SNCB, le TEC, le Service public de Wallonie, la Ville. La complexité cadastrale du quartier imposait la présence d’un ensemblier. « Igretec s’appuiera sur son expertise dans des métiers aussi diversifiés que le développement et la gestion immobilière, l’aménagement du territoire, l’environnement, l’urbanisme, l’architecture, le droit public, explique son directeur général Renaud Moens. La fonction d’aménageur urbain est à la croisée de ces matières. A partir de l’expérience du Left Side Business Park, notre ambition est d’évoluer vers une véritable structure multisectorielle multiservices pour répondre aux demandes de nos associés et partenaires. »

Poursuivez votre lecture sur ce(s) sujet(s) :Matériaux de construction|Bemat
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