Gilets jaunes: l’armée peut ouvrir le feu, selon un général français

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La mise à contribution de l’armée lors des manifestations de gilets jaunes samedi continuait à susciter l’indignation après des déclarations du gouverneur militaire de Paris évoquant la possibilité pour les soldats d’« ouvrir le feu ».

►Gilets jaunes: les manifestations interdites sur les Champs-Elysées à Paris

L’annonce mercredi par le gouvernement de la mobilisation des militaires de l’opération antiterroriste Sentinelle dans le cadre des manifestations de gilets jaunes avait déjà déclenché une polémique, l’opposition dénonçant un mélange des genres.

Le gouvernement a tenté depuis d’expliquer que les soldats ne seraient pas appelés à faire du maintien de l’ordre et ne seraient en aucun cas au contact des manifestants. Mais des propos du gouverneur militaire de Paris, le général Bruno Leray, ont à nouveau déchaîné les critiques.

«Les consignes sont extrêmement précises. Ils ont différents moyens d’action pour faire face à toute menace. Ça peut aller jusqu’à l’ouverture du feu», a déclaré vendredi le général sur France Info, soulignant que les militaires intervenaient «très régulièrement sur tout type d’incident, de nature terroriste ou pas». «Les soldats donnent des sommations. Ils sont à même d’apprécier la nature de la menace et d’y répondre de manière proportionnée», a-t-il poursuivi.

«En 2017 Emmanuel Macron promettait d’apaiser la France, en 2019 il mobilise la force Sentinelle, sans en avertir le chef d’état-major des Armées, et laisse entendre que les militaires pourraient tirer sur les manifestants. Le macronisme fracture et abîme la France», a réagi le député LR Eric Ciotti sur Twitter.

Avant même l’interview du gouverneur militaire, le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon avait demandé «solennellement» vendredi au Premier ministre Edouard Philippe de venir s’expliquer devant l’Assemblée nationale.

Il «n’est dans l’idée de personne de mettre les militaires en face des manifestants», a répété dans un entretien au Parisien vendredi la ministre des Armées, Florence Parly. La participation des soldats de Sentinelle permet simplement «d’alléger les policiers et les gendarmes d’un certain nombre de tâches qu’il accomplissent communément dans la lutte contre le terrorisme», a-t-elle ajouté.

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