Enzo Scifo: «Sans Fellaini, les Diables ne seront jamais champions d’Europe»

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Il a beau évoluer dans une discrétion désirée, Enzo Scifo n’en reste pas moins un observateur éclairé des Diables rouges dont il a, jadis, transcendé les couleurs.

Après le fiasco suisse de l’automne dernier, beaucoup se demandent si finalement, cette génération dorée ne va pas s’éteindre sans jamais avoir rien gagné. Partagez-vous ce sentiment ?

Il faut regarder les choses en face : cette équipe a pris de l’âge et vient peut-être de basculer tout juste sur l’autre versant. Ce qui ne signifie pas qu’elle dégringole, entendons-nous bien ! À l’Euro 2016, on s’est tous dit que les Diables allaient peut-être nous valoir une bonne surprise. Au Mondial 2018, c’était le moment, c’était l’instant. Le podium a mis du baume au cœur de la déception face à la France, mais au fond de nous, on pense tous que la Belgique était peut-être passé à côté de quelque chose de colossal. Concernant l’Euro 2020, que vous dire ? Qu’on a vu des générations très matures – pour ne pas dire un peu vieillissantes – réussir de grandes choses. Je l’espère sincèrement, en tout cas.

On vous sait extrêmement dubitatif par rapport à la retraite de Marouane Fellaini : irremplaçable selon vous ?

Martinez le dit, même si j’ignore s’il le pense à 100 %. Je me doute quand même qu’au fond de lui, le coach fédéral sait déjà que Marouane doit revenir. Pour franchir la dernière marche, celle qui mène vers les titres, un entraîneur doit disposer de joueurs qui peuvent faire la différence par leur créativité et leur personnalité. Lukaku, Hazard ou De Bruyne correspondent à ce profil. Mais derrière ceux qui sont dans la lumière, il doit y avoir des profils. Ces petits profils trompeusement modestes qui, comme un grand gardien à l’instar de Courtois, un arrière central au top de son rayonnement ou un joueur inclassable comme Fellaini, font d’une très bonne équipe, une grande équipe.

Plus que celle de Nainggolan, la perte de Fellaini est-elle préjudiciable pour l’entrejeu belge ?

Sans Fellaini, on ne sera jamais champion d’Europe. Et là, je me mouille ! Je ne suis ni l’ami ni l’agent de Marouane, mais si je me place du côté de Martinez, je suis cet été en Chine pour aller lui parler et amorcer son retour en fin de campagne éliminatoire pour préparer l’Euro.

> Entre Wilmots, Hazard, le Japon, et, vous l’aurez compris, Fellaini, Enzo Scifo n’élude aucun sujet. Découvrez dès à présent ce long entretien sur nos éditions digitales.

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