Soupçon de fraude électorale à Neufchâteau: Dimitri Fourny renonce à être candidat pour le CDH

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Soupçon de fraude électorale à Neufchâteau: Dimitri Fourny renonce à être candidat pour le CDH

La pression était trop forte : le député wallon CDH Dimitri Fourny a annoncé ce dimanche à midi qu’il ne serait pas candidat aux prochaines élections régionales et fédérales.

« Je viens d’informer Maxime Prévot, Président du cdH que je mettrai un terme à mon activité parlementaire au lendemain du 26 mai prochain »,a-t-il déclaré.

Dans une très courte déclaration face à la presse, l’élu humaniste a aussi annoncé qu’il remettait dans les mains de son parti son titre de chef de groupe au parlement de Wallonie. Par contre, il achèvera bien son mandat. Sans ajouter le moindre commentaire, il a encore déclaré qu’il continuerait à s’investir de toutes ses forces en faveur des habitants de sa commune de Neufchâteau. « En outre, je ne serai pas candidat tant aux élections régionales que fédérales. Je continuerai à investir toutes mes forces et tout mon temps pour les habitants de ma commune, ma passion, Neufchâteau. »

Dimitri Fourny prend ainsi les devants dans une affaire qui devait connaître de nouveaux développements dans quelques heures. Le député était en effet invité à s’expliquer devant la commission de déontologie de son parti avant que les instances de son parti ne prennent officiellement position sur sa situation, ce qui était prévu en tout début de semaine.

Prévot a réagi

Avec d’autres, l’actuel bourgmestre de Neufchâteau est inculpé dans un dossier de falsification de procurations lors des élections communales du 18 octobre dernier. Comme en 2012, le scrutin à Neufchâteau s’était avéré très serré. Un siège aurait pu basculer à quelques voix près en faveur de la liste du libéral Yves Evrard. Selon l’enquête menée par la justice, une petite vingtaine de procurations aurait « été » manipulée dans une maison de repos de l’entité. Dimitri Fourny réfute toutes les accusations.

La réaction de Maxime Prévot, le président du CDH, est tombée immédiatement : « Dans le contexte pré-électoral que nous connaissons et au vu des accusations dont il fait l’objet depuis trois jours, je comprends et respecte amplement cette décision qui l’honore, bien que je la regrette vivement. Car si au terme de la procédure judiciaire Dimitri Fourny devait être blanchi comme il en a la conviction, cela signifierait qu’un nouvel épisode de gâchis humain et politique sera à déplorer. »

Le président du parti ne retire pas son soutien à son ex-candidat dans le Luxembourg : « Le CDH tient à préciser qu’il continue à lui accorder son entière confiance et lui souhaite à présent de trouver satisfaction et sérénité dans son engagement communal passionné », explique-t-il encore.

> Maxime Prévot sur l’inculpation de Dimitri Fourny : « Un coup dur dont le CDH se serait bien passé »

Bourgmestre d’un conseil communal bancal

Par Eric Deffet et E. D.

Jusqu’à nouvel ordre, Dimitri Fourny reste donc bourgmestre de Neufchâteau. Mais sa position à l’hôtel de ville se complique encore davantage, si c’est possible.

En octobre dernier, les soupçons de l’opposition locale à l’égard du scrutin ont provoqué l’entrée en scène de la justice qui s’est saisie de l’ensemble des documents électoraux utiles. Avec une conséquence non négligeable : privé du matériel qui doit lui permettre de remplir sa mission, le gouverneur de la province de Luxembourg n’a pas été en mesure de valider (ou même d’invalider) l’élection du 18 octobre.

Du coup, le nouveau conseil communal n’a pas pu être installé le 3 décembre, comme partout ailleurs en Wallonie. Pour Dimitri Fourny, cela ne changeait pas grand-chose à l’époque : il était bourgmestre avant les élections et il a gagné le scrutin. Depuis lors, il continue à gérer la commune comme si de rien n’était. « C’est un cas de force majeure, nous expliquait-il à l’époque.Si nous avions installé le nouveau conseil, nous risquions un recours puisque l’élection n’a pas été formellement validée. »

Pas faux, mais embarrassant malgré tout. Depuis près de quatre mois désormais, Neufchâteau est administrée par des élus qui ne le sont plus tandis que les personnalités désignées par le corps électoral n’ont pas la possibilité d’exercer le mandat confié par la population. Une situation que n’en finit pas de dénoncer Yves Evrard, le chef de file de l’opposition.

Et maintenant ? La justice a procédé à des inculpations. Le gouverneur devrait être en mesure de récupérer les pièces de la procédure électorale. Il lui reviendra alors de procéder à la validation ou l’invalidation du scrutin. Avec les charges qui pèsent sur les inculpés, difficile d’imaginer que Olivier Schmitz donne son feu vert à l’installation du nouveau conseil. On filerait alors tout droit vers une nouvelle élection.

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