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Climat: des centaines de militants bloquent la rue de la Loi à Bruxelles (photos)

Lassées de ne pas être entendues, les diverses tendances du mouvement pour le climat ont décidé de s’unir dans une action de désobéissance civile ce dimanche.

Journaliste au service Société Temps de lecture: 4 min

Les militants pour le climat haussent le ton. Selon eux, les manifestations, les marches, les grèves et les pétitions – avec ou sans des chefs d’entreprise – qu’ils déroulent depuis six mois n’ont toujours débouché sur rien.

Plus de la moitié des Belges veulent une loi climat

A l’avant-veille d’une reprise de la discussion sur la révision de la Constitution, environ 300 manifestants ont décidé ce dimanche vers 18h de s’installer dans la zone neutre devant le parlement fédéral, bloquant la rue de la Loi à Bruxelles, interdite à toute manifestation.

Face à un important déploiement policier, les manifestants ne pourront vraisemblablement pas y rester. Ils ont toutefois installé des tentes dans le Parc Royal et prévoient d’y passer la nuit.

Anuna De Wever au «Soir»: «J’ai 17 ans et c’est la peur du changement climatique qui me guide»

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Une action de désobéissance civile

Cette action de désobéissance civile non-violente réunit les mouvements citoyens coutumiers de ce genre de mobilisation, mais aussi toutes les organisations de la Coalition climat, le mouvement Youth for climate, la campagne Tam Tam, des mutuelles, des syndicats… Robert Verteneuil, Thierry Bodson pour la FGTB, Felipe Van Keirsbilck (CNE), Christine Mahy (Réseau wallon de lutte contre la pauvreté), Jean-Pascal Labille (Solidaris) se sont joints aux manifestants. Le mouvement est aussi rejoint par des personnalités des mondes culturels et académiques : Bouli Lanners, Jerôme Colin et Félicien Bogaerts. Les deux côtés de la frontière linguistique sont engagés côte à côte. Mais davantage de francophones et peu de « bekende » flamands, hormis Anuna De Wever.

« Énervé mais ouverts », disent-ils. « Le but n’est pas de tout bloquer, dit Nicolas Van Nuffel, président de la coalition climat, mais d’appeler solennellement à ce qu’on cesse les jeux politiciens, pour avoir une vraie discussion sur la loi climat et sur la révision de l’article 7bis de la Constitution. Le débat se fait actuellement à coup de slogans et d’arguments qui ne tiennent absolument pas la route. La proposition de loi spéciale climat a fait l’objet d’un avis du Conseil d’Etat. Des juristes y ont répondu. Il y a une proposition sur la table pour modifier la Constitution. Elle a le soutien d’un très large spectre d’acteurs. Et tout ce que le politique en retient, c’est que des militants veulent prendre les élections en otage ! »

On se sent insulté

« Insulte », « agressivité », « pensée binaire », « posture politicienne appartenant au passé »… Dire que la sortie de Charles Michel dans Le Soir qui a accusé « la société civile militante » de vouloir « confisquer les prochaines élections » a plu aux activistes du climat serait quelque peu travestir la vérité… « Comment peut-on encore croire que les gens vont marcher en entendant de tels slogans ?, dit un responsable d’ONG. On nous dépeint comme des poules sans neurones. C’est ignorer ce qui se passe dans notre démocratie depuis des mois. Un moment de mobilisation diversifié socialement et culturellement, qui dure aussi longtemps, qui évolue dans la durée en mettant en contact des franges de la société qui se rencontraient peu auparavant. Et qui prend de l’ampleur… »

La déception est notable. « Sur tous les points-clés que nous mettons en avant depuis plus de trois mois, on est à zéro », poursuit Van Nuffel. Pas de révision de la constitution, pas d’ambition, pas de perspective de rehausser l’ambition du plan national énergie-climat, mutisme de la Belgique lors du récent débat des Chefs d’Etat européen sur les ambitions climatiques de l’Union, pas de conférence sur la transition juste… « A un moment nous prenons nos responsabilités en haussant le ton. Il est encore possible que cela bouge. Mais nous cherchons des politiques capables de se hisser au-dessus de la mêlée. On nous parle d’ambition, d’alternative à la révision de la constitution, mais où sont les amendements, où sont les propositions ? C’est très bien de s’autoproclamer ambitieux, mais il faut le démontrer ».

La loi climat a un pied dans la tombe

Lactivistes avaient l’intention de rester sur place le plus longtemps possible. Vu le lieu de leur action, il est probable qu’ils seront délogés de la zone sensible assez rapidement.

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37 Commentaires

  • Posté par Formisani Serge, dimanche 24 mars 2019, 21:00

    D'accord avec vous, Jean Pierre Rousseau. Jamais un avis, une étude indépendante émanant de vrais scientifiques mentionnant leurs références, leurs approches des problèmes avec mention des éléments pris en considération. Non, de l'emporte pièce ! Les "ecointégristes" professent la vérité non discutable. Je crois surtout que les vrais scientifiques n'osent pas s'afficher car ils seraient pendus haut et court. Peut-être sont-ils vraiment intelligent voire sages et ne veulent-ils pas tomber dans le panier dans le panier aux crabes des manipulés manipulés.

  • Posté par Rousseau Jean-pierre , dimanche 24 mars 2019, 20:28

    Bref, 2 pelés et 3 tondus pour une manifestation qui mériterait à peine un alinéa dans un journal sérieux. C'est oublier qu'il y a au journal Le Soir un activiste Ecolo, pas un écologiste (vu son peu de connaissances scientifiques combinées à sa malhonnêteté intellectuelle), qui milite pour son parti comme à l'époque des années '60 où Le Soir militait pour le FDF. Certains se souviendront de la grande manifestation pour le climat qui rassemblait, aux dires de tous 65.000 personnes. Dans un édito le journaliste écolo en a fait 75.000; c'est dire son objectivité. Il aime baser ses articles sur des rapports du genre WWF, Greenpeace et autres ONG. ONG, cela fait manifestement plus sérieux que des rapports scientifiques honnêtes et confère un pseudo-sérieux à ses articles. C'est dénier que ces organisations ont fait de l'Environnement et du Climat un fond de commerce très rentable. Le jour où cela ira mieux, ils perdront des sous, voire leurs emplois. Sous-jacente aux manifestants, il y a la haine des multinationales. Dites Monsanto ou glyphosate et nombreux seront ceux qui attraperont des boutons ou se croiront atteints d'un cancer dû au Roundup. Dites Greenpeace ou WWF, autres multinationales, et c'est l'orgasme. Bref un journalisme sérieux et objectif en matière d'Environnement rehausserait la crédibilité de Le Soir. J'en ai connu des journalistes, je n'en n'ai malheureusement jamais connu un(e) capable de reconnaître la moindre erreur. Sans doute que je ne suis qu'un pauvre con et eux des honnêtes gens d'un niveau supérieur Qui s'étonne que dans les sondages, la confiance de la population vis-à-vis des medias est du même bas niveau qu'à l'égard des politiciens..?

  • Posté par Philippe Pasman, dimanche 24 mars 2019, 19:28

    La vraie discussion que vous réclamez se fera le soir du 26 mai après que les citoyens se seront exprimés. Elle ne peut pas se faire avant ce ne serait pas démocratique.

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