Climat: des centaines de militants bloquent la rue de la Loi à Bruxelles (photos)

Au milieu de la rue de la Loi, les activistes se sont enchaînés les uns aux autres avec la fermer intention d’y rester le plus longtemps possible.
Au milieu de la rue de la Loi, les activistes se sont enchaînés les uns aux autres avec la fermer intention d’y rester le plus longtemps possible. - D.R.

Les militants pour le climat haussent le ton. Selon eux, les manifestations, les marches, les grèves et les pétitions – avec ou sans des chefs d’entreprise – qu’ils déroulent depuis six mois n’ont toujours débouché sur rien.

Plus de la moitié des Belges veulent une loi climat

A l’avant-veille d’une reprise de la discussion sur la révision de la Constitution, environ 300 manifestants ont décidé ce dimanche vers 18h de s’installer dans la zone neutre devant le parlement fédéral, bloquant la rue de la Loi à Bruxelles, interdite à toute manifestation.

Face à un important déploiement policier, les manifestants ne pourront vraisemblablement pas y rester. Ils ont toutefois installé des tentes dans le Parc Royal et prévoient d’y passer la nuit.

Anuna De Wever au «Soir»: «J’ai 17 ans et c’est la peur du changement climatique qui me guide»

Une action de désobéissance civile

Cette action de désobéissance civile non-violente réunit les mouvements citoyens coutumiers de ce genre de mobilisation, mais aussi toutes les organisations de la Coalition climat, le mouvement Youth for climate, la campagne Tam Tam, des mutuelles, des syndicats… Robert Verteneuil, Thierry Bodson pour la FGTB, Felipe Van Keirsbilck (CNE), Christine Mahy (Réseau wallon de lutte contre la pauvreté), Jean-Pascal Labille (Solidaris) se sont joints aux manifestants. Le mouvement est aussi rejoint par des personnalités des mondes culturels et académiques : Bouli Lanners, Jerôme Colin et Félicien Bogaerts. Les deux côtés de la frontière linguistique sont engagés côte à côte. Mais davantage de francophones et peu de « bekende » flamands, hormis Anuna De Wever.

« Énervé mais ouverts », disent-ils. « Le but n’est pas de tout bloquer, dit Nicolas Van Nuffel, président de la coalition climat, mais d’appeler solennellement à ce qu’on cesse les jeux politiciens, pour avoir une vraie discussion sur la loi climat et sur la révision de l’article 7bis de la Constitution. Le débat se fait actuellement à coup de slogans et d’arguments qui ne tiennent absolument pas la route. La proposition de loi spéciale climat a fait l’objet d’un avis du Conseil d’Etat. Des juristes y ont répondu. Il y a une proposition sur la table pour modifier la Constitution. Elle a le soutien d’un très large spectre d’acteurs. Et tout ce que le politique en retient, c’est que des militants veulent prendre les élections en otage ! »

On se sent insulté

« Insulte », « agressivité », « pensée binaire », « posture politicienne appartenant au passé »… Dire que la sortie de Charles Michel dans Le Soir qui a accusé « la société civile militante » de vouloir « confisquer les prochaines élections » a plu aux activistes du climat serait quelque peu travestir la vérité… « Comment peut-on encore croire que les gens vont marcher en entendant de tels slogans ?, dit un responsable d’ONG. On nous dépeint comme des poules sans neurones. C’est ignorer ce qui se passe dans notre démocratie depuis des mois. Un moment de mobilisation diversifié socialement et culturellement, qui dure aussi longtemps, qui évolue dans la durée en mettant en contact des franges de la société qui se rencontraient peu auparavant. Et qui prend de l’ampleur… »

La déception est notable. « Sur tous les points-clés que nous mettons en avant depuis plus de trois mois, on est à zéro », poursuit Van Nuffel. Pas de révision de la constitution, pas d’ambition, pas de perspective de rehausser l’ambition du plan national énergie-climat, mutisme de la Belgique lors du récent débat des Chefs d’Etat européen sur les ambitions climatiques de l’Union, pas de conférence sur la transition juste… « A un moment nous prenons nos responsabilités en haussant le ton. Il est encore possible que cela bouge. Mais nous cherchons des politiques capables de se hisser au-dessus de la mêlée. On nous parle d’ambition, d’alternative à la révision de la constitution, mais où sont les amendements, où sont les propositions ? C’est très bien de s’autoproclamer ambitieux, mais il faut le démontrer ».

La loi climat a un pied dans la tombe

Lactivistes avaient l’intention de rester sur place le plus longtemps possible. Vu le lieu de leur action, il est probable qu’ils seront délogés de la zone sensible assez rapidement.

À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 
 
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. 13 - Groekie - PXL Tech

    Notre assiette est promise à un avenir végétarien

  2. Abdelkader et Meriem ne sont pas trop de deux pour nourrir quotidiennement près de 500 migrants et sans-abri.

    Dans les pas de «Notre-Dame de la gare du Nord»

  3. Le lancement de l’appareil était attendu vendredi.

    En voulant se battre sur tous les fronts, Samsung joue un jeu très risqué

Chroniques
  • Brexit: l’heure est à la glorification du passé britannique

    Par Marc Roche

    On allume la radio ou la télé ou on ouvre son journal. Et les petits matins d’un printemps ensoleillé deviennent blêmes. Après la trêve pascale, le grand-guignolesque feuilleton du Brexit a repris.

    Depuis la décision du Conseil européen, la Première ministre Theresa May y compris, d’étendre la date butoir du divorce au 31 octobre, une sorte de « drôle de guerre » prévaut au Royaume-Uni. A part quelques escarmouches par médias interposés, il ne se passe rien.

    En effet, la cheffe du gouvernement peut garder son poste jusqu’en décembre si elle le souhaite. Les négociations entre le gouvernement et l’opposition travailliste sont dans l’impasse. De nouveaux votes indicatifs doivent avoir lieu au Parlement, plus divisé que jamais. Les partis se préparent aux vraies-fausses élections...

    Lire la suite

  • L’école bilingue, une idée à tester

    Au Royaume des trois langues nationales, le multilinguisme devrait être un atout cultivé dès la maternelle… Et pourtant, pas une école bilingue (pour ne pas dire trilingue) dans l’enseignement subventionné, pas même à Bruxelles. La faute au contexte communautaire qui a conduit, des lois linguistiques de 1963 à la communautarisation de l’enseignement en 1988, au cloisonnement hermétique de mondes unilingues francophone et néerlandophone, y compris dans la capitale.

    ...

    Lire la suite