Mon beau multiple

Pour la première fois un dimanche, la maison anversoise Campo & Campo organise une vente publique d’estampes à destination d’un public de jeunes collectionneurs et de curieux, amateurs d’œuvres d’art à petit prix, avant la grande vente annuelle d’art moderne et contemporain qui aura lieu les 25 et 26 avril prochains. Auparavant, cette vente de multiples avait lieu le 3e jour de la grande vente d’avril, mais la maison a choisi de l’organiser à part du reste.

« Nos ventes d’estampes sont des petites ventes qu’on a commencé à organiser pour attirer les jeunes ou les amateurs d’art avec moins de budget , explique Guy Campo, directeur de la maison : Nous exposons tout artiste qui fait des gravures, des lithographies – bref, des multiples. C’est pour qu’un plus grand public puisse les acquérir à moindre prix par rapport à des œuvres originales. Beaucoup de collectionneurs commencent comme ça avant d’aller vers la peinture et la sculpture. Je veux attirer un public de jeunes et de collectionneurs qui viennent spécialement pour cela. Au lieu d’acheter un poster, on peut acheter une œuvre originale signée par un artiste pour la mettre au mur. »

Le marché des estampes comporte en outre certaines singularités, parmi lesquelles la question des épreuves d’artistes, hors commerce, parfois pas signées. « Récemment nous avons eu deux œuvres de Panamarenko qui n’étaient pas bonnes : je les ai fait retirer de la vente, et confisquer. Il faut faire attention au premier tirage, prendre le temps de tout vérifier, de se renseigner – c’est notre partie du métier. Les copies auront plutôt tendance à se trouver chez les artistes modernes. »

Pierre Soulages, Lithographie en couleurs nº 18, «
Rivière 20
», illustration de Michel Ragon, «
La peau des choses
», Ed. Jean-Robert Arnaud, Paris, vers 1968, sans cadre. ex. 104/114, estimation 4.000 à 6.000 euros. Lot 339.
Pierre Soulages, Lithographie en couleurs nº 18, « Rivière 20 », illustration de Michel Ragon, « La peau des choses », Ed. Jean-Robert Arnaud, Paris, vers 1968, sans cadre. ex. 104/114, estimation 4.000 à 6.000 euros. Lot 339. - DR

Riche panel à faible coût

Cette vente offre tous types de multiples – lithographies, eaux-fortes, sérigraphies, affiches, ainsi qu’une collection de livres d’art provenant de la bibliothèque d’un collectionneur privé. Toute une série de lots partiront à de très petits prix, entre 20 et 100 euros, mais certains possèdent une estimation de départ plus élevée, comme cette lithographie de Pierre Soulages, «  Rivière 20 », estimée entre 4.000 et 6.000 euros (lot 339) : « C’est l’œuvre d’un artiste qui a du succès, comme Bram Bogart ou Pierre Alechinsky, d’où l’estimation haute. » De Zao Wou-ki, une eau-forte et aquatinte (en trois couleurs) estimée de 1500 à 2000 euros (lot 340). Ces deux œuvres font partie de la farde 341, «  La peau des choses », avec d’autres estampes de Victor Vasarely et Hans Hartung. De James Ensor, mentionnons une eau-forte, «  La bataille des éperons d’or », estimée de 800 à 1.000 euros (lot 162) et une série de lithographies, «  Scènes de la vie du Christ ».

Egalement au programme, de nombreux multiples du prolifique Salvador Dali, ainsi qu’une très grande collection de Corneille et de Bram Bogart, deux artistes recherchés. De ce dernier, une série de « carborundum » (lots 29 à 33) pour 1.000 à 1.500 euros par lot. Guy Campo précise : « Si on organise une vente spécifique pour les œuvres graphiques, alors on fait tout ce qui est graphique, y compris les livres à 10 ou 20 euros. Par contre, si on possède une gravure de James Ensor rehaussée, elle ira dans la vente d’art moderne car elle possède quelque chose d’original. »

ZAO WOU-KI (1921-2013), eau-forte et aquatinte en 3 couleurs, Agerup 187, illustration de Michel Ragon, La peau des choses, Ed. Jean-Robert Arnaud, Paris, vers 1968, sans cadre, ex. 104/114, estimation 1.500 à 2.000 euros. Lot 340
ZAO WOU-KI (1921-2013), eau-forte et aquatinte en 3 couleurs, Agerup 187, illustration de Michel Ragon, La peau des choses, Ed. Jean-Robert Arnaud, Paris, vers 1968, sans cadre, ex. 104/114, estimation 1.500 à 2.000 euros. Lot 340 - DR

Depuis cette année, Campo & Campo permet aussi d’enchérir en ligne, mais l’ancienne manière subsiste : « Beaucoup de clients viennent assister à la vente en salle parce que c’est agréable à vivre, c’est un événement. Le catalogue en ligne permet aussi de fidéliser un autre public qui ne vient pas et se base sur nos informations. On vend en l’état, il n’y a pas de réclamations possibles, les défauts doivent être vus. C’est pour ça qu’on expose les œuvres pendant 3 jours. Pour des œuvres plus importantes, les clients envoient évidemment quelqu’un vérifier sur place l’état des pièces et les conditions de la vente. »

Vente d’estampes, Campo & Campo, exposition publique les 28, 29 et 30 mars de 10 à 18 heures, vente le dimanche 31 mars à 11h, Grote Steenweg 19-21, 2600 Anvers – Berchem, 03.218.47.77, www.campocampo.be

 
 
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