France: un château à 57 millions d'euros va être détruit (photos)

Cette affaire d'urbanisme sort du commun par l'ampleur des constructions illégales, la transformation d'une modeste bastide de 200 m2 en une propriété de quelque 3 000 m2 d'une valeur estimée par le fisc à 57 millions d'euros, relate La Voix du Nord avec l’AFP.

Un délai de 18 mois pour détruire le palais

Les magistrats ont confirmé en appel une partie du jugement de première instance, ordonnant notamment «la remise en état des lieux par la démolition de l'ensemble des ouvrages» construits depuis 2005 par leur propriétaire Patrick Diter, selon le délibéré.

Elle devra intervenir «dans un délai de 18 mois», et passé ce délai «sous astreinte de 500 euros par jour de retard», ajoutent-ils, prononçant par ailleurs un total de 450 000 euros d'amende. Patrick Diter échappe toutefois à la peine de 3 mois de prison avec sursis prononcée en première instance à Grasse.

«Un projet pharaonique»

Lors de l'audience en janvier, l'avocat général Pierre-Jean Gaury avait dénoncé «un projet pharaonique, délirant, totalement illicite et construit de façon illégale», réalisé «au mépris des règles d'urbanisme de sécurité et d'environnement» par un propriétaire dont «la seule préoccupation est l'argent». Patrick Diter s'était dit prêt à démolir des bâtiments construits en dehors de tout permis, et avait reconnu avoir fait «des erreurs». Sur une surface totale de 3 000 m2, M. Diter avait fait construire notamment une piscine, un héliport et une route de 600 m2 tracée, tout aussi illégalement, dans un espace boisé classé.

Ce sont des voisins de l'homme d'affaires, aujourd'hui sexagénaire, qui avaient déposé les premières plaintes, après l'organisation dans le «château Diter» de tournages de grosses productions de films ou de séries télé et de nombreux mariages, à au moins 50 000 euros la soirée. «Au début c'était la maison familiale (...), j'ai été trop loin» s'était défendu M. Diter à l'audience, concédant l'organisation de 5 mariages par an «des Russes, des Indiens» mais beaucoup plus selon ses voisins. Ceux-ci se sont vu accorder un total de 45 000 euros de dommages et intérêts. La commune de Grasse a obtenu un euro symbolique pour son préjudice.

 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. Face au vote des députés, Boris Johnson a renvoyé la patate chaude aux Européens.

    Brexit: suite au prochain épisode…

  2. Pour l’heure, entre syndicats et patrons du secteur, la confiance est au plus bas. En attendant le personnel continue de trinquer.

    Pourquoi les blouses blanches arrêtent le travail ce jeudi

  3. Vladimi Poutine accueillant son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, mardi à Sotchi
: «
La situation dans la région est très grave
» a rappelé le président russe.

    Poutine et Erdogan s’accordent pour renforcer la présence russe en Syrie

La chronique
  • CD&V: Blanche-Neige et les Sept Nains

    Le CD&V est en grand désarroi. La preuve : pour succéder à Wouter Beke, l’ancien président des démocrates-chrétiens flamands, déjà sept candidats se sont présentés. La plupart d’entre eux sont bourgmestres.

    Ce n’est pas par hasard si le CD&V est toujours le plus grand parti au niveau local, avec plus de 120 bourgmestres sur 300 communes flamandes. Quelques candidats se singularisent : il y a par exemple le président des jeunes démocrates-chrétiens, Sammy Mahdi, toujours accompagné de son chien Pamuk. Ou il y a l’unique femme parmi eux, Katrien Partyka, la bourgmestre de Tirlemont, où le CD&V est devenu en 2014, pour la première fois dans l’histoire de la ville, le plus grand parti. Ou encore, il y a l’acteur bien connu parmi les sept : Walter De Donder, bourgmestre d’Affligem, qui gagne sa vie en jouant le rôle du lutin Plop dans la série pour enfants Le Lutin Plop. Et puis, il y avait les deux candidatures annoncées, celle de Pieter De Crem et celle d’Hendrik Bogaert, bien connus et plutôt à droite, mais qui in fine se sont abstenus....

    Lire la suite

  • Patients et soignants méritent mieux que cela

    Pour les uns – les patrons – il n’y a là rien d’autre qu’une espèce de paranoïa syndicale. Pour les autres – les syndicats – l’accord du non-marchand de 2017 a valeur exclusive d’avancée sociale à l’avantage du personnel. Entre les deux camps, la ministre en affaires courantes de la Santé publique compte les coups. Elle penche même, une fois n’est pas coutume, en faveur des travailleurs, assurant qu’infirmiers, sages-femmes, kinés, logopèdes, diététiciens – « tout le personnel soignant » en fait – doivent « recevoir la...

    Lire la suite