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Chez Equilis, la maison n’est pas un produit périmé

Conjoncture.

Journaliste en charge du Soir Immo Temps de lecture: 4 min

Equilis a profité du Mipim de Cannes pour faire le point sur l’importante mutation qu’il a entreprise il y a déjà plusieurs années. Né avec le retail, domaine dans lequel il est arrivé à maturité avec la construction du centre commercial Docks Bruxsel, voilà aujourd’hui le promoteur-développeur carolo spécialisé en résidentiel, secteur qui représente désormais 70 % de son chiffre d’affaires.

Un coup d’œil aux projets en cours ou à venir (et ils sont nombreux) laisse apparaître une part non négligeable de constructions de… maisons. Une attitude qui peut sembler anachronique à une période où l’appartement est devenu le roi du marché. Pas pour Olivier Weets, le codirecteur du développement. « Aujourd’hui, il n’y a plus beaucoup de différences de prix entre une maison et un appartement, justifie-t-il. En province de Liège, la maison est même devenue moins chère. Il n’est plus rare de trouver une trois chambres avec combles aménageables pour le prix d’un appartement, sauf qu’on ne paye pas de charges communes et qu’on a les commodités liées à une maison, comme un parking, pas de voisins au-dessus de sa tête, plus de place pour emménager à plusieurs avec chien et chat… »

A Bouge, sur le site d’une ancienne sablonnière, Equilis construit ainsi un quartier mixte dont la particularité est qu’il comportera deux fois plus de maisons que d’appartements (110 contre 58). A Marbehan (avec Idelux), ce sont 45 maisons qui verront le jour. On note encore 22 maisons programmées à Arlon et 62 autres à l’Orée de Seumay à Perwez.

Pour Equilis, la maison n’est donc pas un produit périmé, au contraire. « De plus en plus de projets comprennent un mixe entre maisons et appartements et sont demandés par les communes elles-mêmes car elles veulent accueillir des familles, explique Olivier Weets. Pour l’investisseur, la maison peut être un excellent produit pour le futur, tout comme l’est l’appartement aujourd’hui. Bien sûr, on parle de maisons plus petites à des prix plus bas, de deux ou trois façades maximum, qui font 130 m2 habitables et avec un jardin qui ne dépasse pas les trois ares. »

Feu la quatre façades

Ce n’est pas une nouveauté : la villa quatre façades semble avoir vécu, sauf à de rares exceptions. Le promoteur le confirme sans détour. « Plus personne n’en veut. Beaucoup d’entreprises clé sur porte en construisent encore beaucoup, mais le marché est ailleurs. Chez Equilis, on en construira peut-être quelques-unes à l’avenir, mais seulement sur des terrains très bien situés et où l’exposition est idéale, sinon ça n’en vaut plus la peine. Il s’agira toujours d’exceptions. »

Un autre concept sur lequel le promoteur réfléchit est la maison-kangourou. « Il s’agit de demeures conçues à la base pour pouvoir être transformées plus tard en deux ou plusieurs unités, si la taille de la famille se réduit. Il y a des aménagements spécifiques à prévoir comme la cage d’escaliers sur le côté et des entrées séparées. Quand les enfants partent, on scinde l’ensemble et on peut le louer en partie. »

On le voit, l’immobilier du futur devra être toujours plus flexible. « Nous avons des dessins et des endroits où construire ces maisons-kangourous mais il est encore trop tôt pour en parler », explique Olivier Weets qui signale qu’Equilis serait peut-être prêt à faire un test grandeur nature.

Bien sûr, le carburant principal qui fera tourner le moteur du vaisseau de Gosselies est, et restera toujours, l’appartement. Les 390 logements prévus aux Papeteries de Genval, où sera bientôt donné le coup d’envoi de la troisième et dernière phase (156 appartements), sans doute le projet le plus emblématique d’Equilis, en sont une preuve cinglante. Les deux premières phases ont réalisé le carton plein au niveau des ventes. La commercialisation de la troisième a déjà franchi les 60 % alors que le premier bulldozer n’a pas encore été acheminé sur les lieux.

Retail ok, résidentiel ok, il ne manquait plus que le secteur du bureau comme plume à accrocher au chapeau de Carl Mestdagh, le patron d’Equilis. Ce sera bientôt chose faite avec le Trône 100, un immeuble de bureaux récemment acheté dans le quartier européen à Bruxelles et dont la rénovation (profonde) doit démarrer en juin. « Il s’agit d’une opportunité qui s’est présentée à nous, tient toutefois à relativiser Olivier Weets qui ne rejette pas l’idée d’en saisir d’autres à l’avenir. Pour cela, on doit engager une personne qui connaît bien le marché à Bruxelles, mais elle n’est pas facile à trouver. Et puis, voyons d’abord ce que donnera le Trône 100… »

Mais puisque l’appétit vient en mangeant…

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